‹ La cocaïne en chirurgie (volume 2)Chapitre 45 sur 53 · FISSURE ANALE · texte numérisé non relu

FISSURE ANALE

Ruault et Cartaz, dans des notes manuscrites, nous disent avoir recours aux simples badigeonnages pour des opérations sur la bouche, le pharynx et le larynx. '' Pour les fosses nasales, c'est parfait ; on peut cautériser la muqueuse des cornets, enlever les polypes muqueux sans provoquer la moindre sensation douloureuse ". Il suffit de promener sur la surface de la muqueuse un pinceau imbibé dans une solution de cocaïne que, pour ma part, je trouve un peu forte.

La chirurgie de la muqueuse ano-rectale bénéficie de la cocaïne : Haward A. Kelly, Verchère et nous-même avons pu calmer les atroces souffrances de \du fissure anale. Ohi^ÛQv raconte l'histoire d'un malade qui souffrait, depuis cinq ans, de deux rhagades si douloureuses que toute exploration était impossible la défécation devenait un supplice. Une première application enlève la souffrance pendant vingtquatre heures ; cinq jours durant, on répète les badigeonnages, puis on les cesse et le ténesme ne reparaît qu'au bout d'une semaine. On se décide alors à pratiquer la dilatation, qui amène une guérison complète.

Dans une de nos observations, la cocaïne a débarrassé le patient d'une fissure anale. Il s'agissait d'un ingénieur de cinquante-quatre ans, atteint d'un tabès à ses débuts : il nous consulte

» VAGINTSME 177

pour une ulcération qui, depuis deux mois, lui rendait la vie insupportable. Nous trouvons, en arrière, vers la pointe du coccyx, aux limites supérieures du sphincter, l'ulcère calleux caractéristique; l'exploration menace d'amener une syncope ; afin de la calmer, nous appliquons sur la fissure un tampon d'ouate hydrophile imbibé d'une solution de cocaïne ; l'efi'et fut immédiat et, les jours suivants, le patient ne manqua pas d'avoir recours à cette facile médication, rendant ainsi inutile la dilatation pour laquelle nous avions pris heure. Ce même tampon, introduit dans le trajet sphinctérien, supprime les démangeaisons anales qui empoisonnent la vie de tant d'hémorroïdaires, et nous ne comptons plus les malades soulagés par ce moyen. Besnier a constaté des résultats analogues pour le prurit préputial et vuïvaire.

De même pour le vaginisme, dont les souffrances ont tant d'analogie avec celles de la fissure. Nous avons, en 1887, dilaté sans douleur l'anneau vuïvaire d'une femme et obtenu un succès remarquable. Théophile Anger, Cazin et Doléris ont publié des faits de même ordre; Dujardin-Beaumetz et Lejard citent un cas où le vaginisme, qui avait résisté à la dilatation sous le chloroforme, fut guéri par de simples badigeonnages de cocaïne. Mais il faudra recommander à la femme, de ne pas, pendant le coït,

Page 1