‹ La cocaïne en chirurgieChapitre 26 sur 79 · MAMELLE · texte numérisé non relu

MAMELLE

ne peut guère analgésier que la face externe de l'os. On incise le périoste, on le détache avec soin, puis on insinue le costotome de Farabeuf au niveau du point où l’on veut faire la première seclion; on coupe, on saisit l’os avec le davier, on le détache de sa gaine fibreuse; on place le costotome au point où doit s’opérer la seconde section, on coupe, et le fragment de côte est enlevé. ,

Cette opération se pratique, au cours de l’empyème, lorsqu'on veut que des fausses membranes épaisses passent facilement à travers l'ouverture de la plèvre, ou lorsqu'on cherche à éviter que les tubes soient étranglés par les côles voisines trop rapprochées l’une de l’autre. On y a recours encore lorsque l'os est atteint de carie et qu’on désire tarir la source d’un abcès ossifluent; après la résection, on détruit les fongosilés qui ont envahi le foyer, et on poursuit les {raînées tuberculeuses jusqu'en tissus sains.

L'emploi de la cocaïne est limité dans la chirurgie de la mamelle : en dehors des abcès de la lactalion, on intervient surtout pour des cancers, et l’opération se complique si nécessairement d’une investigation minultieuse de l’aisselle, ouverle au bistouri, que l’anesthésie générale est de rigueur, Aussi n'ai-je recours à Ja cocaïne, en dehors des collections purulentes dont nous

ADÉNOMES 1921

avons parlé, que pour l’extirpation des adénomes et des fibromes.

L’extirpation des adénomes et des fibromes de la mamelle rentre, en définitive, dans la catégorie déjà étudiée des tumeurs sous-cutanées. Il suffit d'une trainée analgésique de quelques centimètres pour inciser la peau sans douleur ; Ja tumeur est mise à nu, on la saisit avec une pince, on ire en donnant quelques coups de ciseaux pour sectionner les tractus fibreux et l’adénome s’énuclée de la gangue dans laquelle 1l était contenu; parfois on trouve un pédicule qui relie la tumeur à la glande mammaire; il contient des vaisseaux et des nerfs; on l’insensibilisera avant de le sectionner. | |

Mais il est des cas où l'extirpation n'est pas aussi facile : l’'adénome est adhérent à la mamelle à laquelle il est attaché par une large base. Ici l’anesthésie du plan profond s'impose, et lorsque la tumeur a été mise à nu, il faut faire une injection circonférentielle de façon à insensibiliser la glande dans tous les points où passera le bistouri. Sans cette précaution les douleurs seraient vives, ainsi que j’ai pu m’en apercevoir autrefois, lorsque je m’imaginais, avec la plupart des auteurs, que l’analgésie des plans superficiels entraînait avec elle celle des plans profonds.

Nous avons pratiqué plusieurs fois l’amputa-

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tion tatale de la mamelle pour des tumeurs bénignes dela glande, lorsque, par conséquent, il n’y avait pas à ouvrir l’aisselle pour en exlirper, éventuellement, les ganglions dégénérés. C'est surtout dans des cas de « maladie kystique » que j'ai eu recours à cette intervention. Elle est délicate; en effet, on circonserit une partie de la peau de la mamelle par deux incisions losangiques. Mais les deux traînées de cocaïne, failes pour préparer ces incisions, ne correspondent pas à la périphérie de la glande, de telle sorle que, après la section de la peau, il faut disséquer et soulever celle-ci jusqu'aux limites de la mamelle, et le bistouri se meut dans un champ non anesthésié; pour éviter la douleur, des injections sous-cutanées doivent être faites.

Mais nous n’insistons pas, car rien n'est rare comme la nécessité de cetle ampulalion totale sans ouvertures concomiltantes de l’aisselle. Nous la préconisions pour l’ablation des mamelles kysliques au temps où nous croyions à la nature épithéliale de ces (umeurs, mais depuis que les cliniciens et les histologistes se mettent d'accord pour considérer notre « maladie kystique » comme une mammite chronique et non comme un néoplasme pouvant devenir malin, nous nous abstenons d’extirper ces tumeurs,

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