AMPUTATION DE LA VERGE
coup de ciseaux et les «oreilles » tombent. Il faut avoir soin aussi d'inciser le frein presque toujours trop court; il reste, pour terminer l’opération, à suturer la peau et la muqueuse ; je faïs la juxtaposition, non au fil de soie, mais au catgut fin pour qu'il se résorbe ; il n’est plus nécessaire de découdre au bout de quelques jours, ce qui est douloureux en tissus enœdématiés. | L'amputation de la verge est une opération rare. Je l'ai pratiquée sous l’analgésie cocaïnique avec le plus grand succès. Je commence par injecter dans le camal, si le cancer le laisse encore perméable, une certaine quantité d’alcaloïde, le contenu de deux ou trois seringues. Puis j'injecte, dans Le derme, au niveau du point où je dois le sectionner, une {raînée circonférentrelle d'alcaloïde ; nouvelle traîmée sous l’enveloppe fibreuse des corps caverneux et spongieux, traînée discrète, car labsorplion dans ce Uussu vasculaire menace d'être trop rapide. On coupe cette nouvelle couche à petit coups pour ne pas trancher trop vite l’urèthre dont on conservera ün assez long bout de muqueuse afin «de pouvoir la suturer à da peau, ce qui hätera la cicatrisa- | hon et atténuera les rétractions cicatricielles. J'ai extirpé à da cocaïne des varices à la face dorsale de la verge chez un 1adividu qui attribuait à ces eclasies veineuses Ja disparition soudaïne ‘des érections. Une traînée analgésiqué
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dans la peau, au-dessus du vaisseau dilaté, permit sa mise à nu, sa ligature et la résection d’un segment qui mesurait 6 centimètres de longueur. Puis le tégument fut suturé. Pas la moindre
souffrance, cicatrisalion rapide et, au bout de quelques semaines, les érections et l’éjaculation, qui avaient disparu depuis quelques années, revinrent avec une certaine fréquence.
Pour l’uréthrolomie interne, on introduit dans le canal le conducteur de Maisonneuve. Lorsqu'il est en place, on fait glisser, dans sa cannelure, la pointe de l'aiguille de la seringue et l’on y pousse le contenu. Le liquide suit le conducteur mais le déborde dans tout le trajet, el se met au contact de la muqueuse dans toute l’étendue de l’urèthre et en particulier au niveau du rétrécissement où, par définition même, le canal est plus étroit et forme comme un barrage. Pour que l’analgésie soit suffisante, äl faut vider, dans le conducteur, le contenu de 4 à 3 seringues de solution à 1 °/, et attendre les cinq minutes traditionnelles. L’uréthrotomeest introduit dans le conducteur et coupe le rétrécissement, sans que le patient éprouvé la moindre souffrance.
L'aréthrotomie externe est du domaine de la cocaïne ; j'injecte dans le canal uréthral quelques seringues de solution qui arrivent jusqu'au niveau du rétrécissement, grâce à la pression exercée ‘en fermant le méat. Puis, sur la
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ligne médiane du périnée, je fais une traînée analgésique de huit centimètres qui suit le trajet classique ; je coupe la peau; au-dessous, toujours étroitement sur la ligne médiane, j’analgésie la couche des tissus sous-jacents. J'arrive ainsi jusqu’à l’urèthre que j'ouvre avec les précautions ordinaires et dont je fixe les deux lèvres d'incision de façon à ne pas les perdre et à trouver le rétrécissement ; je parle, bien entendu, des cas où l’on opère sans conducteur. J'ai pratiqué onze fois l’uréthrotomie externe dans ces conditions, et l’anesthésie à la cocaïne m'a été précieuse.
Je n'ai, jusqu’à ce jour, traité chirurgicalement le varicocèle que par la réseclion du scrotum, opération bénigne et efficace. J’emploie la cocaïne et la technique de l’analgésie est simple. Je saisis le scrotum, rasé et lavé, avec une -pince courbe à crémaillère ; les testicules sont refoulés en haut, vers l’orifice du trajet inguinal externe, la crémaillère serrée, et au-dessous de la pince flotte le long segment scrotal qu'il faut exciser. Alors, juste au-dessous de la pince, j'insinue l'aiguille dans l’épaisseur de la peau et je pousse une première injection traçante; je retire l'aiguille lorsqu'elle est arrivée au bout de sa course ; pendant ce cheminement la seringue a élé vidée; je recharge la seringue, je plonge l'aiguille un peu en arrière de extrémité de ma
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première injection et je pousse de nouveau; il faut environ le contenu de 4 ou 5 seringues pour analgésier la peau d’un des côtés du scrotum ; je passe à l’autre côté que j’analgésie de la même manière. Au bout de cinq minutes, je prends le bistouri et je coupe, des bourses, tout ce qui dépasse la pince; le bistouri sectionne par conséquent les téguments sur les deux trainées analgésiques. Arrivé à mi-chemin, il n’est pas rare que le malade n’éprouve quelques souffrances ; une injection médiane dans la cloison suffit pour calmer toute douleur.
L’exérèse terminée, j'ouvre la pince; Les testicules s’échappent par la vaste perte de substance et sont reçus sur un champ de compresses asepliques. On pratique l’hémostase lentement et avec une extrême minutie ; on n’oubliera pas que la cocaïne est vaso-constrictive et que des vaisseaux d’un cerlain calibre peuvent être momentanément aveuglés qui, si on ne les étreignait d’un fil, pourraient donner lieu à un écoulement aussitôt après les sutures cutanées. Une hématome se produirait et c’est la seule complication que j'aie observée à la suite de cette résection scrotale, l'opération la plus bénigne, qui soit. L’écoulement sanguin tari, on rentre les lesticules et on fait une suture soignée, à points passés, des lèvres du scrotum; un chiffon de gaze iodoformée, bien maintenu par