HÉMORRHAGIE UTÉRINE
la main un flacon de solution et un peu de ouate hydrophile. J’ai plus de 10 observations d’individus sujets à des épistaxis rebelles, désormais à l'abri des pertes de sang grâce à cet emploi immédiat de la cocaïne. |
Je n’ai guère recours que pour l’épistaxis à celte propriété vaso-constriclive de la cocaïne. Mais je suis persuadé que la gynécologie pourrait en tirer un parti important et sans doute, nombre de métrorrhagies seront arrêlées par l'introduction dans la matrice de tampons imbibés de solution faible. Ce serait à tenter même dans les hémorrhag'es puerpérales. Mais de grandes précautions devraient être prises, car la cavité est énorme et l’'absorplion par la surface saignante pourrait être rapide. Il ne faudrait pas dépasser l’introduclion d’une dizaine de grammes d’une solution à 1 °/,. Cet inconvénient serait moindre dans les métrorrhagies el les ménorrhagies indépendantes de l’accouchement,. Il est vrai, que dans ces cas, le col est étroit et ne permettrait pas l'introduction d’un tampon ; mais la sonde ulérine peut passer et c’est par elle qu'on pourrait pousser, dans la cavilé de la matrice, quelques grammes de notre solution au centième.
J'ai publié une observation où l’action hémoslatique de la cocaïne s’est manifeslée d’une façon remarquable : il s'agissait d’un ingénieur auprès duquel nous fûmes appelé par notre maître Féréol;
186 CHANCRE PHAGÉDÉNIQUE
il venait de perdre près d’un litre de sang ; l'hémorrhagie se faisait par le prépuce el avait pour origine un chancre phagédénique du gland, absolument caché par un phimosis serré ; je sectionne le prépuce d'un coup de ciseaux, el je mels à nu la perte de substance au fond de laquelle on voyait jaillir le sang; je comble les anfractuosités de l’ulcère de boulettes d'ouate hydrophile imbibées d'une solution de cocaïne : 1mmédiatement l’hémorrhagie se tarit ; la morlificalion cesse : dès le lendemain, le chancre se délerge : et, en quinze jours, était complète la cicatrisalion de celle énorme perte de substance.
Je n'insisterai pas sur ces applications spéciales; elles appartiennent plulôt à la médeeine et s’éloignent du sujet que j'ai voulu trailer dans ce livre : la cocaïne comme agent d’anesthésie locale. On a vu quel parti j'ai pu tirer de cet alcaloïde et quels services il m'a rendus. Elle est longue, la liste des opérations enlevées au chloroforme el je m'imagine qu'elle n’est pas close encore. Ceux qui auront foi à la cocaïne sauront en multiplier les emplois et iront dans celte voie plus luin que leur initiateur. Récemment Je recevais une notice du D' Arturo de Marsi, élève du professeur G. Rugyi de Bologne qu'une de nos leçons à l'hôpital de la Pilié avait conquis à la cocaïne. Je vois dans ce travail que, à côté d'opérations courantes dans mon service,