II PRÉFACE
souffre surtout de la haine que chacun lui porte. Camille a un grand tort; elle est Tenfant légitime. Madame Villiers, jolie, coquette et veuve avant trente ans, a pris un amant pour se consoler d'avoir épousé autrefois par nécessité un honnête homme qui Ta rendue trop heureuse. M. Bazin, une sorte de banquier, est ce consolateur en titre. Père de Victor et de Julie, il suffit au luxe de la jolie Parisienne, mais il n'ambitionne aucun droit légal dans le logis dont il est le seigneur et le maître. Madame Villiers s'en prend à Camille de la résistance de M. Bazin à cet égard.
Tout ce que l'âme d'une enfant peut contenir de douleurs sans mourir, Camille Ta ressenti. A la fin pourtant, elle est poursuivie d'un désir infini de rejoindre son père mort, elle aspire au ciel. Mais comment partir? L'idée du suicide, si rare, si exceptionnelle chez les enfants, n'est que l'idée de la fuite vers une retraite inaccessible : Camille songe à la rivière. Avant d'y courir, voulant léguer un souvenir à son petit frère et à sa petite sœur, elle dérobe dans un tiroir une pièce de cinq francs, qu'elle consacre à l'achat d'une poupée pour Julie^ d'un polichinelle pour