‹ La cocarde clancheChapitre 53 sur 53 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

A la porte de la maison habitée par madame Villiers, Sylvie fut rejointe par Ephraïm, qui lui mit la main sur le bras, au moment où elle allait franchir le seuil. Elle se retourna brusquement.

— Vous me suiviez ?

— Oui.

— Et vous prétendez m'empêcher d'entrer^

— Non; mais j'entrerai avec vous, et avant vous.

— Peureux ! cœur faible ! si je ne vous ainie pas , Ephraïm , ce sont ces gens-là qui en sont cause. Pourquoi vous intéresser à eux ?

— Ce n'est pas à eux, c'est à vous que je m'intéresse.

— A moi ! Ah ! oui, c'est vrai. Eh bien ! faitesmoi arrêter, jeter en prison ; je me casserai là tête contre les murs, ce sera fini.

— Je ne vous ferai pas arrêter, Sylvie, puisque je veux vous empêcher, au contraire...

— Ainsi , vous me suivrez partout ? Ah ! si vous étiez homme à me suivre jusqu'où je veux aller !

Ephraïm baissa les yeux sous la foudre qui traversa les yeux de Sylvie. Il était au plus fort de son héroïsme , mais il ne pouvait cependant pas promettre de se jeter éperdument dans le gouffre que cette insensée ouvrait devant elle. Il se tut. Malgré l'idée fixe qui l'obsédait, Sylvie ne put s'empêcher de remarquer son silence; elle eut un sourire de compassion autant que d'ironie, et elle lui dit avec une douceur qui parais* sait bien étrange, venant d'une pareille femme et dans un pareil moment :

— Vous avez raison... je tomberai seule. Adieu !

Mais , comme elle essayait de se dégager de la main qui la retenait, elle aperçut tout à coup devant elle sur le trottoir, à l'angle de la me de r Arcade , Pierre et Camille qui revenaient bras dessus bras dessous, la tête penchée, se parlant à voix basse. Elle fit un bond. Ephraïm la saisit avec force, et lui dit d'une voix brève qui commandait :

— Donnez-moi le couteau,

. Sylvie se mit à rire.

— Vous avez peur que je ne les égorge, ces tourtereaux?

— Le couteau, ou je vous fais arrêter !

Un sergent de ville passait non loin de là; Ephraïm pouvait être entendu.

— Tenez ! dit dédaigneusement la bohémienne eh jetant l'arme à ses pieds.

Ephraïm ramassa le couteau; mais, ne lâchant pas le bras dont il s'était emparé :

— Est-ce de mes ongles que vous avez peur, maintenant ? murmura la Chauve-Souris.

— Venez, Sylvie, venez !

Et Ephraïm, descendu du trottoir, Tattirait doucement vers le milieu de la chaussée.

Sylvie regardait et aspirait avec une sorte de reniflement sauvage la vision qui s'avançait lentement. Elle s'écarta avec docilité du trottoir, et à mesure que le groupe charmant devenait plus distinct, elle reculait au lieu d'avancer, ayantpeur de le rencontrer.

Pierre et Camille ne voyaient rien : un instinct les guidait, ou plutôt on eût dit que devant ces beaux fiancés marchaient, invisibles, quelquesuns de ces petits amours de Prudhon , qui les attiraient par leurs vêtements et qui les guidaient. C'était, le lendemain, le mariage, et ils

célébraient seuls, se bénissant eux-mêmes, évoquant la bénédiction de la nature entière , le véritable hyménée. Camille interrogeait Pierre sur l'œuvre qu'il venait d'accomplir, et Pierre racontait comment il avait conduit le vieil hercule à un ami qui attendait avec sa voiture, et qui ' devait procéder à l'installation du vieillard dans une ferme.

— Et Sylvie? demandait timidement Camille.

— J'espère qu'elle écoutera la raison, répondait Pierre Dufour. M. Ephraïm ne doit pas la quitter; il me l'a promis. D'ailleurs, il est impossible que nous ne réussissions pas à la sauver, n'est-ce pas, Camille ? Il y a tant d'amour en nous et autour de nous !

— Ah ! je voudrais savoir qu'elle est sauvée, avant de devenir votre femme, mon ami.

. — Pourquoi ? Vous avez peur ?

, — Non, je n'ai peur de rien que du bonheur infini qui m'arrive, et ce bonheur-là me donnera des remords, si je ne sais pas bien que Sylvie est heureuse.

— Quelle âme vous ave^, ma Camille !

— C'est peut-être une superstition, continua la jeune fille; mais il me semble qu'un lien mystérieux unit ma destinée à celle de Sylvie. Sans

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le vouloir, j'ai suscité en elle des regrets, des comparaisons qui Tont aigrie. Elle a été orpheline, comme je Tai été-, elle a voulu, comme moi, se rattacher à sa famille, et, comme moi, elle a échoué. Mais moi, j'étais protégée, et Ton réparait mes maladresses. Pauvre femme ! comprendra-t-elle qu'on a voulu, en lui enlevant son père, l'aider précisément dans sa tâche filiale ? Pauvre Sylvie !

Ce soupir de compassion fut entendu de Sylvie. Le couple passait devant elle.

— Ils parlent de moi ; je voudrais bien écouter! dit-elle. Regardez comme ils en parlent, avec quel sourire !

Sylvie se prit à trembler.

— Qu'avez- vous donc ? lui demanda tout bas M. Ephraïm.

— J'ai la fièvre. Mais eux, qu'est-ce qu'ils ont dans l'âme pour me prendre en pitié toujours ainsi?... Je veux les écouter. N'ayez pas peur, ils ne me reconnaîtront pas. . . ils ne me verront pas.

Et, baissant la tête, Sylvie entraîna M . Ephraïm sur le trottoir, à la suite de Pierre et de Camille.

En effet , ceux-ci ne devaient ni entendre , ni se retourner. Ils passèrent devant la maison

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•ans s*arr6ter. Le grand air, le beau soleil leur convenaient mieux que Fombre de cet appartement obscur de mfldame Villiers : ils parlaient de leurs projets , de leur avenir, Pierre, mêlant ses rêves d'ambition à ses confidences d'amour; Camille, associant ses regrets d'enfant, ses douleurs de sœur, de fille, à ses joies de femme, et, par une obstination de son cœur, que rien ne pouvait lasser, revenant toujours sur Sylvie, proposant à son fiancé d'aller à la recherche de cette pauvre fille, de la vaincre à force de bonté, de la séduire à force de logique.

Sylvie entendait, écoutait, l'oreille tendue, les poings crispés. Elle dévorait chacune de ces paroles, jetées faiblement en l'air par une voix douce , et elle se sentait à la fois enivrée et empoisonnée de ces confidences. Ephraïm s'aperçut qu'elle faiblissait, qu'elle pesait sur son bras, A un moment, elle s'arrêta, passa sa main sur sa figure, et dit à son conducteur :

— Je ne peux plus, je ne peux plus les entendre !

Pierre et Camille s'éloignaient.

— Ah ! je veux pourtant les voir. Dites-leur donc qu'ils s'arrêtent : leur vue me fait du mal, mais me fait du bien aussi.

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— •. Qu'avez-vous , Sylvie ? Voulez- vous que je fasse avancer. une voiture ?

— Oui, c'est cela, une voiture, car je n'ai pas la force de me soutenir. Je ne sais pas ce qui donne cette langueur... j'ai trop bu d'eau-devie, voyez-vous; j'étais à jeun... La colère de voir mon père parti, de retrouver ces deux êtres que je hais, tout m'a bouleversée. Ah ! dame ! c'est que j'en éprouve de cruelles et de singulières! Tenez, voici un fiacre qui passe, faiteslui -signe.

Ephraïm surpris, alarmé de l'état nouveau dans lequel il voyait Sylvie, mais heureux pourtant de la soustraire à la tentation d'aborder Pierre et Camille, arrêta la voiture qui passait.

— Cocher, suivez au pas ce monsieur et cette dame que vous voyez là , au coin de la rue, dit Sylvie en montant.

Elle tomba sur les coussins, comme si elle allait s'évanouir.

— Je me croyais plus forte que cela , repritelle en essayant de sourire.

— Vous êtes malade : où voulez-vous que je vous conduise ? demanda Ephraïm avec insistance.

— Est-ce que je sais ! Moi , je ne veux aller nulle part que là où ils iront; je veux les suivre,

les voir, ne pas les quitter. Mais, regardez donc comme ils sont beaux! Ah! la jeunesse heureuse î Cette maladie Ta embellie encore, elle!... Ces filles vertueuses profitent de tout : moi, voyez, j'ai vieilli de dix ans en dix jours... Et Pierre ! ah ! comme il est beau ! ah ! le merveilleux couple! Regardez donc, Ephraim!

Ephraïm ne regardait que Sylvie, et restait confondu. Ce n'était plus de la fureur, de la haine qu'il voyait dans les yeux et sur les traits de son amie, mais de l'admiration sincère.. Le feu qui avait si longtemps dévoré le corps , rayonnait, pour ainsi dire, extérieurement et l'enveloppait d'une atmosphère de tendresse.

— Vous vous calomniez, Sylvie, dit-il en lui prenant les mains qui brûlaient; vous ne haïssez pas ces enfants- là, vous les aimez.

— Eh bien ! oui, vous avez raison , répondit Sylvie en se retournant brusquement et en laissant voir ses yeux remplis de larmes. Je les aime, et cette rage de les haïr, je le sens bien, ce n'était que le désespoir de ne pouvoir ni les aimer, ni en être aimée... Je valais mieux que ce que je suis devenue... C'est pourtant vrai... ces êtres que je voudrais anéantir,, je les aime, je les trouve beaux , je sens qu'ils ont en eux, autour d'eux, tout l'amour que j'aurai voulu...

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Voilà pourquoi je ne veux plus les voir... Cocher, arrêtez !

— Qu'allez-vous faire, Sylvie ?

— Ephraïm, puisque vous m'avez repris mon couteau, plantez-le-moi là, dans le cœur, d'un coup, et que je meure, car je souffre, oui, je souffre bien... Voyez ! s'ils l'osaient, ils s'embrasseraient dans la rue.

Le cocher, à la voix de Sylvie, s'était arrêté. Pendant ce temps, Pierre et Camille s'étaient avancés de quelques pas dans une des rues qui avoisinent la Madeleine. Sylvie eut peur de les perdre.

— Qui vous a dit que je voulais descendre ? cria-t-elle au malheureux automédon : continuez votre route.

Ephraïm était sérieusement inquiet, non plus pour Camille, mais pour Sylvie. La voiture se remit en marche. Sylvie s'appuya le front contre la portière, et continua à dévorer du regard les jeunes gens qui se dirigeaient vers l'avenue des Champs-Elysées. De temps en temps, elle laissait tomber des lambeaux de phrases.

— Prier ! Est-ce que je peux prier !... Maintenant qu'ils seront mariés, ce sera bien pis... Il y aura plus de distance entre nous... Ah! ils ne pensent guère à moi dans ce moment-ci ! Les

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égoïstes!... Je voudrais qu'il fit nuit... la nuit m'apaiserait... nous descendrions.

Le fiacre atteignit Tangle de la rue Royale, qui débouche sur la place de la Concorde . Pierre et Camille, invités à une promenade plus active, à un pas plus léger, par le flot des promeneurs qui semblait les entraîner, par un soleil d'été qui faisait vibrer les couleurs, se hâtèrent de gagner une allée ombreuse des Champs-Elysées, et disparurent d'abord, dans un poudroiement de lu* mière et d'or.

Sylvie, si impressionnée déjà, ressentit une émotion superstitieuse. Il lui semblait que le ciel, dont l'azur pesait sur le décor de la place et de la promenade, enlevait ce couple pour le soustraire aux regards qui le profanaient. Elle se dit : — Je ne les vois plus. Et elle ajouta : Je ne dois plus les revoir, c'est le coup de grâce !

Et comme Ephraïm, abasourdi, décontenancé, ne comprenant rien à ces manifestations multiples et contradictoires du cœur de cette femme, se mettait à la portière pour essayer de ressaisir la vision disparue et de la lui rendre, Sylvie, qui cherchait autour d'elle , se ravisa, fouilla dans sa poche, en tira une petite fiole qu'elle porta à ses lèvres^ et poussa un cri terrible, un rugissement de lionne blessée. Ephraïm bondit et se

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retourna : . une odeur pénétrante lui révéla une partie de la vérité.

— Malheureuse ! cria-t-il en lui arrachant des mains la fiole à moitié vide.

— Je vous avais rendu le couteau, mais j'avais gardé cela, dit Sylvie qui se tordait et qui, les lèvres brûlées, arrachait et déchirait ses vêtements sur sa poitrine.

— Un médecin ! de Peau ! ah ! mon Dieu ! criait Ephraïm.

— Il n'y a rien à faire, continua Sylvie, qui se redressait et qui se sentait brûler... c'est du vitriol... c'était pour elle, la pauvre petite ! que je l'avais acheté... Je voulais lui brûler la figure. Ah ! cela... brûle... bien !

Ephraïm, effaré, prenait les mains de Sylvie, ouvrait la portière pour s'élancer, et ne savait que résoudre. Le sentiment de l'impuissance des remèdes luttait en lui contre le désespoir et contre l'horreur de ne pouvoir la secourir.

— N'appelez pas ! il n'y a pas de secours, put lui dire encore Sylvie, dont la voix se perdait dans un râle. J'avais peur de mourir au coin d'une borne ou dans un lit d'hôpital... j'aime mieux finir ainsi... Le beau soleil !... on ne saura pas ce que je serai devenue. . . Pauvre homme ! . . . c'était donc vrai que vous m'aimiez ?

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Et, par un effort suprême, déroidissant ses doigts horriblement crispés, elle les passa, dans une caresse, sur les cheveux d'Ephraïm, qui s'était courbé et presque agenouillé devant elle, pleurant à chaudes larmes.

Sylvie souffrait épou va^tablement ; mais Fénergie de cette nature que rien, n'avait domptée, et qui se brisait, n'ayant pu s'assouplir, parut retarder. la mort de quelques secondes. Elle sourit.

— Il y a des fatalités : mon père a été au bagne, et c'est ce qui m'a perdue ; moi, je meurs désespérée dans les bras d'un... d'un agent de police!... Mon père mourra tranquille dans les bras du curé de village. Camille, je suis bien sûre qu'elle m'aurait embrassée... et Pierre! s'ils avaient su ! s'ils savaient ! Mais ils ne sauront rien^ n'est-ce pas ?... c'est ma seule consolation. Ils me croiront partie... heureuse... Heureuse... ah !

Et, mêlant un cri d'agonie à un rire sarcastique, Sylvie, qui s'était un peu soulevée, retomba sur les coussins. Ephraïm avait donné l'ordre au cocher de les conduire en toute hâte à l'hospice Beaujon. Mais avant que le fiacre eût atteint la rue du Faubourg-Saint-Honoré, Sylvie était morte.

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Pendant ce temps, Pierre et Camille continuaient leur promenade, heureux, confiants, mêlant Pivresse pure de leurs âmes à cet enivrement de la nature qui se fait visible partout, même à Paris. Comme ils regardaient passer de beaux équipages avec un sourire de fierté qui eût humilié les vaniteux de ce monde, ils virent, dans une élégante calèche découverte, à côté d'un vieillard, une jeune fille épanouie, dans toute la fleur de la beauté, de la santé, de la jeunesse, qui écoutait en souriant les plaisanteries d'un beau jeune homme placé devant elle.

— Mademoiselle David ! s'écria involontairement Pierre Dufour.

— Vous aviez raison, dit Camille, elle n'en mourra pas.

— Ainsi y ma bien-aimée, vous n'avez plus de remords ?

Camille regarda cette apparition du luxe , de la fortune qui passait en soulevant un peu de poussière, et, après lui avoir souri, elle éleva les yeux tout en haut, vers le ciel. L'infini d'azur se refléta dans ce miroir limpide , à la sérénité splendide ; elle ramena ensuite vers la terre ses prunelles abritées sous ses longs cils.

— Non , dit-elle avec un abandon charmant, je n'ai plus de remords !

Le lendemain, Pierre et Camille furent mariés . Huit jours après, ce fut le tour de Julie. Madame Villiers, dans Tintervalle, était devenue olfîciellement madame Bazin. Pierre, que M. Ephraïm était venu voir, annonça le départ de Sylvie* Était-il sincère, ou se faisait-il complice dMn pieux mensonge ? c^est ce que Camille ne sut jamais.

Nos deux héros furent heureux comme il faut Pêtre en ce monde, avec une gravité qui fait la part des mécomptes et qui sourit aux promesses sans leur abandonner le cœur. La prospérité de la famille Bazin était capable, d^ailleurs, de donner la tentation d'un peu de mélancolie. L'ancien agent de change est millionnaire : l'Orient lui a profité; sa femme est embellie, je n'ose dire qu'elle est rajeuni^, car les Parisiennes font un pacte avec l'immortalité. Victor est un jeune homme inutile, élégant, infatué de lui-même, mais plein de principes arrêtés sur toutes choses : il est décoré de plusieurs ordres, excepté de Tordre du Mérite. Julie a épousé un peintre qui donne des soirées brillantes et qui reçoit des commandes superbes.

Camille et Pierre sont les plus pauvres encore: il est vrai que Pierre, à l'heure où j'écris, n'est toujours qu'un ingénieur et n'a rendu de services

qu'à la science, et que Camille en est à son second enfant. M. Dufour vit toujours, mais il est bien vieux. Quand il vient dîner chez ses enfants à Paris, il les quitte vers sept heures pour aller à une séance de la salle Robin, d'où il sort ensuite pour prendre un omnibus , qui le ramène vers onze heures et demie à sa petite maison de Belle ville.

Ephraïm est devenu un agent de police en uni- • forme. Cet avancement est un accès de désespoir. Le père de Sylvie est mort comme un saint, mais il n'a pas encore fait de miracles.

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