SCÈNE XV
MARIE-LOUISE, JEAN
(Marie-Louise, un peu gênée, examine le travail des ouvrières à la table gauche.)
jean, blaguant pour cacher sa gêne.
De plus en plus vertueuse, Marie-Louise ! La vue d'un baiser vous offusque!... (Marie-Louise garde le silence. Un peu nerveux, il remonte, enlève son veston d'intérieur.) Ah ! le jour' où vous aimerez, vous, il fera plus chaud qu'aujourd'hui !
MARIE-LOUISE
Pourquoi cela?
jean, en passant sa vareuse.
Parce que vous n'êtes pas du bois dont on fait les amoureuses. Ah ! fichtre non !
marie-louise, passant à droite.
On dirait que cela vous fâche.
jean, en descendant N° i et se boutonnant.
Moi ? que voulez-vous que cela me fasse ? C'est votre affaire, non la mienne !
marie-louise suit son manège du coin de l'œil.
II ne s'est aperçu de rien. Ma cocarde est désormais sur son cœur. ^
JEAN, fait quelques pas, comme pour sortir, puis revient à Marie-Louise.
Marie-Louise, je viens de vous parler un peu cavalièrement, je vous demande pardon.
MARIE- LOUISE
Mais vous êtes tout pardonné, Monsieur Jean.
JEAN
Je n'ignore pas ce que vous faites ici et je vous suis reconnaissant de si bien prendre les intérêts de mon père. J'ai toujours eu beaucoup de sympathie pour vous, et je désire, au moment où je vais affronter de nouveaux dangers, que nous nous quittions bons amis. Le voulez-vous ?
marie-louise, allant à lui C'est mon plus vif désir.
JEAN
Alors, donnons-nous une bonne poignée de main. (Marie- Louise lui tend la main. Il prend la main de Marie-Louise dans la sienne et la serre affectueusement.) Au revoir, petite Marie-Louise, au revoir 1 (// sort par le fond, se retourne er, sur la porte, de la main, lui fait un signe amical.)
MARIE-LOUISE
Au revoir, Monsieur Jean. (Jean, après l'avoir regardée, s'en va.) Comme il a changé de ton vis-à-vis de moi, dès que ma cocarde a été sur son cœur. (Elle sort vivement par le premier plan droite.)
SCENE XVI BOURICHE, SOPHIE (lisse disputent en coulisse avant d'entrer.)
sophie, entrant, poursuivie par Bouriche.
Mais laissez-moi ! laissez-moi tranquille ! Je vous l'ai déjà dit, je ne suis pas une créature !
BOURICHE
Je ne tiens pas non plus à ce que vous en soyez une !
SOPHIE
Depuis le café, vous vous montrez d'une inconvenance !
BOURICHE
C'est que je suis pressé... nous partons dans deux heures.
sophie, passant derrière la table de droite.
Qu'est-ce que vous voulez que ça me fasse.
bouriche, à gauche de la table.
Mais ça me fait, à moi, car je suis pressé. (// enjambe la table.)
sophie, se sauvant côté gauche.
Laissez-moi, ou j'appelle au secours!
bouriche, la poursuivant.
Appelez toujours, qu'est-ce que vous risquez?
(// veut embrasser Sophie, celle-ci se dégage.)
sophie, en lui envoyant une formidable gifle. Satyre ! (Elle se sauve premier plan gauche.)
(Pendant la fin de cette scène, toutes les ouvrières sont apparues, Zoé en tête, et ont suivi de la porte la scène.)