SCÈNE VI BOURICHE, puis SOPHIE
bouriche, entrant, sa cocarde à la main, apercevant Zoé.
Mademoiselle ! Mademoiselle ! Y a pas à dire, faut que je trouve une femme pour biser ma cocarde.
Sophie, entrant.
Vous n'avez pas vu Zoé, par hasard ?
BOURICHE
Elle sort d'ici.
SOPHIE
Bien, merci ! (Elle fait mine de sortir.)
bouriche, à part.
Quelle idée ! une mascotte I c'est ça qui doit porter bonheur ! (La rappelant.) Attendez donc ! vous sauvez pas! j'ai un service à vous demander.
Sophie, grincheuse.
Un service ? Lequel ?
bouriche, lui montrant la cocarde.
Faut que vous la bisiez.
Quoi ?
bouriche, lui montrant sa cocarde.
Ma cocarde ! Il faut que des lèvres de femme purpurines se posent sur cet objet pour en faire un porte-bonheur. . . comme les petits cochons ! (La lui mettant sous le nez.) Bisezla, que je vous dis.
sophie, la rejetant d'un coup de main.
Allez vous promener, avec vos petits cochons espèce d'idiot. Me faire biser sa cocarde à présent ! Tenez, vous êtes mûr pour Charenton, mon bon ! Biser sa cocarde ! (En s'en allant.) Biser sa cocarde ! [Elle sort en riant d'une façon bizarre.)
bouriche, la regardant, puis ramassant sa cocarde,
d'un air penaud.
Elle a tout du canard, cette femme ! Heureusement qu'on part ce soir, ça changera peut-être ma déveine !
(// entre dans le pavillon occupé par Jean.)