‹ La cocarde de Mimi-PinsonChapitre 40 sur 77 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

BOURICHE, SOPHIE

Sophie, entrant, aimable.

Vous êtes là, Bouriche? Je vous cherchais.

bouriche, regardant le fétiche.

A cause de quoi ?

— go —

SOPHIE

A cause que ma cuisine a besoin d'être lavée et...

bouriche, même jeu> avec brusquerie.

Je regrette, mais, comme je pars ce soir, je ne marche plus.

Sophie, à part.

Cest curieux, il commence à devenir mon type. {Haut très aimable.) Ah ! vous nous quittez ?

bouriche, même jeu.

Avec le lieutenant et quelques autres poilus.

Sophie, plus aimable encore.

Alors nous allons donc nous séparer fâchés ?

bouriche

Pourquoi fâchés?

SOPHIE

Dame! je n'ai pas répondu à votre flamme et vous devez m'en vouloir. (Elle soupire, à deux reprises, exagérément.)

bouriche, à part, imitant ses soupirs.

Elle s'humanise. (Regardant le médaillon qu'il tient toujours à la main.) Le voilà bien, l'effet du fétiche... (Haut.) Vous savez, quand un brave soldat élève jusqu'à lui par son amour, une modeste cuisinière, il est un peu vexé de rencontrer de la résistance.

sophie, timidement.

C'est vrai.

bouriche

On a bousculé l'ennemi et on ne peut même pas. vous prendre la taille, c'est vexant !

SOPHIE

Ah ! Bouriche, il ne faut pas m'en vouloir et même si vous aviez encore votre cocarde... vous savez, celle de tantôt qui devait être bisée par la femme qui vous aimerait... eh bien..., eh bien..., eh bien..., je la biserais avec joie!

bouriche -

Mais alors, votre cœur bat à l'unisson du mien ?

SOPHIE

Je ne sais pas ce qu'il hit mon cœur, mais je crois qu'il déraille.

bouriche, la prenant amoureusement.

Ça serait peut-être le bonheur... après la guerre, on se marierait. Je serais bistrot, vous seriez bistrote, et vous feriez la cuisine!... avec un beau comptoir en étain reluisant. . Quel rêve !...

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