BOUR1CHE
Comptez sur moi. (// sort en emportant la veste.)
JEAN
Papa, je suis à toi. (Posant sa main sur le côté gauche, à la hauteur du caur.) Sapristi ! j'allais oublier mon portefeuille! (Appelant.) Bouriche !
ROBICHON, riant.
Tu as des valeurs?
(Bouriche paraît.)
JEAN
Non, mais mon fétiche, je ne veux pas m'en séparer, Bouriche, donne-moi mon portefeuille... dans la poche de mon veston...
bouriche
Bien, mon lieutenant. (// disparaît.)
JEAN
Tu sais, qu'à propos de ce fétiche qui m'a sauvé la vie! j'ai fait un serment.
ROBICHON
Lequel ?
JEAN
Celui d'épouser la femme qui l'a cousu dans ma vareuse.
ROBICHON
Si tu la retrouves.
Quelque chose me dit que je la retrouverai.
ROBICHON
Eh bien, dépêche-toi. Il me tarde d'avoir des petits-enfants.
bouriche, revenant le portefeuille à la main. Voilà, mon lieutenant.
JEAN
Merci ! (// glisse le portefeuille dans sa poche intérieure, sans Couvrir.) Tu viens, papa ?
ROB1CHON
A tes ordres, mon garçon !
(Ils sortent tous les deux.)
bouriche reste un moment sans parler, les suivant des yeux; puis, quand ils ont disparu, il esquisse un entrechat.
Ça y est ! le lieutenant ne s'est aperçu de rien ! (Ouvrant la main gauche.) J'ai le fétiche ! Je me suis dit que s'il porte bonheur au lieutenant, il me porterait peut-être bonheur aussi, et je le lui emprunte!... Oh! cinq minutes seulement !... Le temps de voir ce que c'est qu'un monsieur qui a de la veine.