‹ La Cochinchine religieuse (volume 2)Chapitre 33 sur 62 · FIN I)E LA LETTRE · texte numérisé non relu

FIN I)E LA LETTRE

Lorsque Laurent eut fini la lecture de cette épître,

Des larmes abondantes inondèrent son visage;

i^ Si je manque, dit-il, une si belle occasion.

Quand pourrai-je monter en triomphe dans le ciel? w

Aguès prend la parole et dit :

(( Je vous prie, ô mon père, d'obéir à Tévêque. »

De lour côté, les chrétiens lui adressent une lettre :

ti 0 notre père, ne nous laisse'/ point orphelins; *

Nous vous supplions de rester avec nous.

Nous prions le Seigneur de vous laisser au milieu de nous. »

Agnès s'oppose de nouveau au dessein de son frère :

« Si tu aimes la sœur, cesse de vouloir t'exposer à la morf^

C'*îsl aussi le sentiment de tous ;

Ta sœui-j ente saluant, te prie de Texaucer. »

Laurent sent son cœur fortement ému.

Il dit en soupirant t « Ma sœur, ton frère part;

Afliou Dominique, adieu Agnès ;

Restez ici tous deux, je vous laisse en paix.

Jour ot nuit, aux pieds du saint autel, je prierai pour vous.

Afin fjuè Dieu vous place dans rassemblée de ses saints. » .

Laurent parti, Marc, Taffliction dans le cœur.

Vient visiter son épouse fidèle :

H Af(Dès, ô ma sœur, où es-tu renfermée?

Ton époux se souvient de sa compagne, il vient la visiter.

SoulTrir ensemble est le devoir de deux époux;

Abantîonnerais-tu nos deux pauvres enfants?

Nous sommes séparés, je n'ose m'y opposer,

Mais à quoi bon rester dans cette prison ? »

Agnès se tient dans le calme et le silence.

Son époux éploré et poussant de hauts cris, lui dit.:

'< Unis par des nœuds sacrés dès notre jeunesse.

Comment être séparés maintenant et goûter le repos?

Si le nom d'époux ne peut rien, en ce jour, sur ton cœur.

Qui Boignera nos deux petits enfants et qui les nourrira ?

Leur visage enfantin est pâle et dééoloré,

Leur corps desséché te dit : Pourquoi nous abandonnez- vous?

Ne sois point, chère Agnès, insensible à mes avis,

Le lien conjugal nous unit jusqu'au dernier soupir. »

Agnès répond . (^ C'est un piège du démon,

Il veut cette fois ravir mon âmè.

Marc, mon tendre époux, tu es venu ici.

Je dors remercier Dieu de ses bienfaits envers moi.

Pour toi, reste en ce monde, nete laisse point abattre;

Réprime te$ passions, suis la loi sainte, c'est le mieux.

Un jour nous serons de nouveau réunis.

Si tu m'aimes, prie afin que mon âme aille droit au ciel ;

Tel est lé véritable amour de deux époux;

Ne perds point courage, respecte nos liens. »

« J'entends tes durs avis, tu es sourde à ma voix,

Je te fais mes adieux, j'emmène nos enfants. »

Il verse en gémissant un torrent de larmes.

« L'apaour que j'ai pour toi, Agnès, fait le tourment de mon

cœur.

Éloigné de toi, le chagrin me consume, Loin de ton cœur et de tes vertus, sans espoir de te revoir ! » Peu de temps avant d'être présentée au juge, Agnès écrit une lettre à son époux ; Elle y salue ses frères, ses parents, Ses alliés, personne n'est oublié.

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