Tourane et Saigon
f i intimement persuadés qu'ils nourrissent cette espérance
\ insensée au fond de leur cœur. Il faut donc les châtier une
I bonne fois, séparer le bon grain d^avec cette mauvaise herbe,
i le bon peuple d'avec cette canaille, afin d'anéantir ces espé-
rances perfides.
f « Quant à ceux qui nourrissent dans leur esprit des
V sentiments hostiles, il faut les séparer, les disperser dans les
I villages voisins et les mettre sous la surveillance de bons
gardiens. Nous ne parlons pas ici des vieillards, des femmes, des enfants, ni de ceux qui demeurent paisibles. Ainsi nous avons clairement désigné ceux qu'il faut emprisonner, ceux qu'il faut disperser et ceux qu'on doit laisser tranquilles.
« Il y a des villages qui sont composés entièrement de
cette canaille, il y en* a d'autres où le bon peuple et la canaille sont en nombre égal, il y en a aussi où la canaille est peu nombreuse. Là où ils sont en majorité, il faut enfermer tous leurs chefs, ainsi que ces femmes déterminées* qui vont porter partout des lettres et des nouvelles. Pour lès villages où la canaille est en petit nombre, le bon peuple de ces villages suffira à les garder.
« Tout ce que nous venons de dire regarde spécialement les préfets et sous-préfets. Ces mandarins doivent aussi faire le dénombrement de tous les garçons au-dessus de quinze ans et les passer en revue à des jours fixés, afin de s'assurer s'ils sont dans leurs villages. Si quelques-uns s'absentent, il faudra aussitôt arrêter leurs gardiens, les punir et les obliger à les retrouver ; autrement ils seront responsables et punis à leur place. Les préfets et sous-préfets qui seraient négligents seront punis aussi. C'est ainsi que nous arriverons à séparer les honnêtes gens des fourbes et les bons des méchants.
« Tous nos fonctionnaires doivent considérer attentivement ces prescriptions et s'y conformer avec soin. Si quelques-uns