REPONSE DU ROI DE COCHINCHINE A UNE LETTRE DU GOUVERNEUR DE MACAO
Le 4 du 2® mois de cette année, nous avons reçu, généreux et excellent gouverneur, une lettre et des présents de votre part. Ayant lu et considéré votre lettre, nous avons ressenti une joie inexprimable, parce qu'elle est une vive expression de votre sensibilité. Le ciel nous a été propice : nous avons vaincu les Tay-son, et nous nous sommes rendu maître de de toute la Cochinchine et du Tong-king. Nous sommes actuellement occupé à prendre les moyens convenables pour que nos peuples jouissent de Tabondance et des avantages précieux de la paix. La confiance qu'il y a eu jusqu'ici, et qui
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sera toujours la même entre nous et vous, excellent gouverneur, fait que nous nous servons de choses qui se trouvent pour le présent dans notre royaume, quoiqu'ayant peu de valeur, pour vous les envoyer avec cette lettre que nous vous écrivons. Daignez les agréer, s'il vous plaît.
Telles sont les paroles de cette lettre. Le 3« jour du 5» mois de la 3® année de notre règne (juin 1804).
TRADUCTION DE LA LETTRE DE L AMBASSADEUR ANGLAIS, SIR ROBERTS, AU ROI GIA-LONG
Du port de Tourane, le i4 août 1804.
Sire, Je remercie infiniment Votre Majesté des attentions que j'ai reçues des officiers du gouvernement et des provisions qui m'ont été données par ordre de Votre Majesté durant mon séjour dans ce pays. Je regrette beaucoup que Votre Majesté n'ait pas trouvé à propos de prendre des engagements qui auraient procuré l'amitié et le commerce suivi avec l'honorable compagnie anglaise des Indes, ce qui aurait manifestement procuré l'agrandissement et la prospérité de votre royaume. La manière dont Votre Majesté en a agi avec l'honorable compagnie n'est pas, à mon avis, aussi amicale que la conduite de l'honorable compagnie envers Votre Majesté. Étant arrivé à Touron, j'ai été retenu près de trois semaines, sous le prétexte d'expliquer le sujet de ma mission, dont Votre Majesté . était déjà informée par mes lettres de Touron*, du mois de décembre de l'année dernière. Quant aux présents envoyés,
1. Dans ces lettres, la Compagnie des Indes demandait à faire un établissement dans Tîle de Cham, au sud de la baie de Tourane.
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en témoignage des égards de T honorable compagnie et de son Excellence le très noble gouverneur général des possessions anglaises dans llnde, à Votre Majesté, ils ont été reçus d'une manière bien différente d'une réception amicale; je le sais, par Texposé qu'en a fait Thonorable compagnie, dans ses communications avec les diverses cours de Tlnde.
Le refus positif des propositions et des demandes que j'ai eu l'honneur de faire h Votre Majesté et qui auraient dû être examinées d'une manière plus amicale, étant avantageuses à votre royaume, est fâcheux. En retour des douces espérances qu'avait conçues l'honorable compagnie, ceci, à savoir que Votre Majesté permettrait aux vaisseaux anglais de venir dans les ports de ses États de la même manière qu'à ceux de toutes les autres nations, est blessant. Cette permission, étant toujours accordée, n'est d'aucun prix et ne peut être considérée comme une expression d'aucun désir de correspondance avec la compagnie ; mais, au contraire, vous avez rejeté ses ouvertures avec indifférence. La conduite impérieuse, fière, arrogante, observée par Votre Majesté dans toutes les occasions, répond mal aux propositions faciles de l'honorable compagnie, Votre Majesté n'ayant accordé aucun moyen d'une conférence particulière.
Votre Majesté a dû cependant être satisfaite des intentions amicales de la compagnie, et des avantages qui seraient résultés de votre correspondance avec elle. La détermination clairement manifestée de la part de Votre Majesté pour éviter toute liaison avec la nation anglaise est, à mon avis, incompatible avec la réception des articles et demandes de Votre Majesté*.
Je trouve que la conduite de Votre Majesté est gauche, maladroite et incertaine. Si vous voulez traiter amicalement
1. Le roi avait écrit au gouverneur des Indes pour qu'il permît l'exportation d*armes et de munitions de guerre de Madras en Cochinchine. n 32
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avec la nation anglaise, nous avons encore le désir d'établir une correspondance avantageuse aux deux nations. Le seul expédient est d'envoyer une députation à Son Excellence le très noble gouverneur général, au fort William. Ce point désirable peut être exécuté.
Comme je ne puis pas croire que Votre Majesté refuse que les vaisseaux anglais viennent dans ses ports comme ceux des autres nations, mais peut-être elle craint qu'on n'agisse contre les lois du pays, je dois informer Votre Majesté que tout délit commis par un Anglais serait puni, sur une représentation en forme, et qu'on en ferait part au gouvernement cochinchinois. Je dois de plus informer Votre Majesté que si elle accorde un établissement y ou facilité de commerce^ en quelque manière que ce soit, aux ennemis de la Grande-Bretagne*, Votre Majesté voudra bien considérer qu'en contractant une alliance avec eux elle encourt le ressentiment du gouvernement britannique.
Je désire de tout mon cœur que les choses n'en viennent pas là, mais que Votre Majesté vive longtemps en paix et contentement.
J'ai l'honneur d'être avec la plus grande considération, etc.
LISTE DES OBJETS OFFERTS AU ROI GIALONG, APRES LA MORT DE MGR d'aDRAN.
Une tabatière d'or, avec le chiffre de Louis XVI en diamants, plus un diamant brut;
1* CetLe menace s'adressait directement à la France, avec laquelle TAngleterre était alors en guerre.
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Le portrait de Louis XVI, avec cadre et garniture en or, plus deux glands d'or ;
Six chandeliers en argent ;
Quatre couverts en vermeil avec deux cuillers à café aussi en vermeil ;
Un plat d'argent, avec un huilier, garniture argent;
Un grand sucrier d'émail, enchâssé dans une boîte d'argent, avec couvercle argent;
Une salière double émail, avec tour et garniture argent;
Une grande cafetière argent ;
Une cuiller à sucre, percée de trous, argent;
Un vase de cristal à fleurs d'or, avec son couvercle et son plateau ;
Deux verres à boire en cristal doré ;
Quatre verres à liqueur dorés, en cristal;
Un service complet de table en porcelaine dorée, à fleurs ;
Une caisse de vin blanc de SO bouteilles ;
Une caisse de vin rouge de 2S bouteilles ;
Une petite caisse de 5 bouteilles de vin muscat;
Une cassette où il y a 2 bouteilles d'eau forte ;
Le cheval européen de Mgr avec la selle dorée ;
Et beaucoup d'autres objets de prix, qui furent distribués au prince Canh, à la reine mère et aux premiers mandarins de la oour, et qui provenaient des dons de Louis XVI et de la cour de Versailles, à Mgr d'Adran.
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LETTRE BE NAPOLEON [*'' AU PAPE PIE VU AU SUJET DES UISSJO.NS ETHANGÈBES
Très saint Père,
J'ai fait remettre sous la protection de ]a France le saint sépulcre, tous les chrétiens de Syrie y ainsi que toutes les ég'lises qui existaient à Constantînople, J'ai reçu plusieurs demandes des évêques d*Arménîe et des chrétiens persécutés en Valachie, J*en ai écrit au sultan Sélim^ avec qui je suis eu correspondance directe, et qui me paraît animé du désir de faire ce qui estjuste<
Je désirerais de donner une nouvelle activité aux missions de la Chine, et je ne cacherai pas à Votre Sainteté qu'indépendamment du bien général de la religion, j'y suis porté par le désir d'oler aux Anglais la direction de ces missions qu'ils commencent à s'attribuer.
Je suis, avec un respect filialj
De Votre Sainteté, le très dévoué filsj BoxAPAKTEj premier consul.
Pans, le Bainedi 10 Tructidor, an X (28 août 1802),
PATENTE DE CONSUL DÔKNE PAR LOUIS XVI 11 À M. CifAÏÛNEAU
Louis, par la grâce de Dieu, roi de France et de Navarre ^ à tous ceux qui ces présentes lettres verront, salut*
Ayant jugé convenable d'établir uu consul dans les Etals de
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la Cochinchine, pour veiller à la sûreté des personnes et des propriétés de ceux de nos sujets qui y feront le commerce, et étant informé de Tintelligence, probité, zèle et fidélité à notre service du sieur Jean-Baptiste Chaigneau, officier de la marine et mandarin cochinchinois, qui, en outre, a une- connaissance exacte des mœurs et usages de ces pays, par la longue résidence qu'il y a faite, nous avons fait choix de sa personne, et nous l'avons nommé et constitué, et, par ces présentes, signées de notre main, nous le nommons et constituons notre consul dans tous les États de Cochinchine, pour, en cette qualité, exercer avec Tautorité nécessaire les fonctions attachées à cet office, conformément aux lois, édits et ordonnances du royaume.
Ordonnons à tous navigateurs, commerçants et autres, nos sujets, de le reconnaître et de lui obéir en tout ce qu'il leur commandera à raison de la dite charge de consul dont il nous a plu de le revêtir.
En foi de quoi nous avons fait mettre notre sceau à ces présentes.
Donné à Paris, le 12® jour du mois d'octobre de l'an de grâce 1820, et de notre règne le 26*.
Louis.