‹ La Cochinchine religieuseChapitre 69 sur 79 · REQUETE CONTBE LES CHRETIENS, PRESENTEE A MINH-MANG, AU MOIS · texte numérisé non relu

REQUETE CONTBE LES CHRETIENS, PRESENTEE A MINH-MANG, AU MOIS

d'août 1826*.

Requête pour supplier Sa Majesté de défendre la religion perverse, afin de rétablir les anciennes coutumes et usages.

Saisis de crainte, nous courbons la tête et présentons notre requête.

Nous supplions Sa Majesté de vouloir bien s'occuper de l'établissement d'une religion véritable, afin que les grands et le peuple puissent en profiter; car toute religion perverse abuse et trompe le peuple, et renverse la véritable religion naturelle. Aussi il est écrit* : « Il faut réprimer toute religion mauvaise et contraire au bon ordre ; le peuple doit suivre ce qui est droit et conforme à la religion naturelle ; mais il faut

4. Chapitre II, pages 47-118, 2. Dans les livres de Confacius.

Digiti

PIEGES JUSTIFICATIVES 50p

défendre absolument tout ce qui est contraire à la religion des ancêtres, et réformer le cœur des hommes.

Ainsi, toute religion qui séduit et trompe le peuple, est une religion perverse. Lareligion appelée Duong, celles de Mac, et de Lao-quan *, enseignent, la première, à n'aimer et à n'avoir soin que de sa personne ; la seconde, à aimer tout le ifnonde ; et la troisième regarde comme une chose chaste et pure les occupations vaines et inutiles. Toutes ces religions ne laissent pas d'enseigner qu'elles suivent lareligion naturelle : en effet, elles ne sont pas perverses et opposées k la îoi naturelle, ni capables de vicier les mœurs et coutumes, comme la religion de Jésus, qui détruit et pervertit tout. Cette religion estÎFausse et contraire h la véritable doctrine ; elle séduit le peuple et abuse de sa simplicité ; elle emploie la crainte des supplices et de l'enfer, pour effrayer les faibles, et la jouissance des plaisirs du ciel, pour attirer les autres. Elle en est venue au point de publier un calendrier particulier ; elle a même des tribunaux à elle, pour juger les affaires*. Ceux qui suiventcette religion s'assemblent, offrent des sacrifices et font des adorations ; des milliers de personnes entrent et 'sortent, pour rendre leurs hommages, comme s'ils allaient assister un des premiers dignitaires du royaume. Us publient que leur parti est saint, et investissent de dignités ceux qui le suivent. Depuis que cette religion a pénétré dans le royaume, des milliers de personnes la professent dans toutes les provinces. Ceux qui sont imbus de cette doctrine sont animés d'un zèle qui les transporte hors d^' eux-mêmes et les fait courir çà et là comme des insensés.

Les sectateurs de cette religion n'adorent pas l'Esprit de clarté ; ils ne rendent aucun culte à leurs ancêtres. Prêcher la

1. Mac et Duong. étaient deux philosophes chinois qui vivaient 600 ans avant Jésus-Christ. Lao-quan, ou Lao-tsen, est le chef de la religion des sorciers.

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