Allusion au tribunal de la pénitence
religion, Tétudier, tenir des assemblées, est une chose passée chez eux en coutume. Ils se multiplient de jour en jour; on bâtit continuellement de nouvelles églises ; toutes ces abominations sont répandues partout, et il n'y a pas d'endroit qui n'en soit infecté.
C'est pourquoi nous élevons nos regards vers Sa Majesté, et nous la supplions de corriger tous ces abus. Sa parole sera comme un étendard qui ramènera un nombre infini de peuples au même lieu. Alors toutes les coutumes et les lois du pays seront uniformes, les paroles et les actions seront en harmonie, tout ce qui est juste et raisonnable sera suivi, et la génération présente, ainsi que les générations à venir, garderont constamment toutes ces lois. Ainsi les voies tortueuses seront redressées et le mal sera changé en bien ; tout sera ramené à un seul et même point, savoir, la religion du roi et les bonnes coutumes du pays, et partout on se conformera à cet ordre.
Mds la religion de Jésus est un obstacle à toutes ces améliorations. Quoiqu'on la prohibe, on ne pourra jamais la détruire entièrement. La religion de Confucius est très ancienne et vénérable; cependant grand nombre de personnes sont imbues de la doctrine de Jésus, ce t[ui empêche le peuple, qui est simple, d'observer la religion de Confucius.
Ainsi donc nous avons examiné le code des lois chinoises prohibantes; il y est écrit: « Tout Européen résidant dans le royaume, qui s'y fait un nom et se met à la tête d'un parti, pour séduire et abuser le bon peuple, se rend coupable d'un grand crime et mérite d'être étranglé. Quant à ceux qui n'ont aucune dignité ou réputation, il faudra d'abord les emprisonner ; on verra ensuite. Ceux qui se sont laissé séduire et qui professent cette religion, il faut les envoyer en l'esclavage chez les barbares ; ceux qui emploient des discours captieux pour séduire une multitude de femmes imbéciles et sans pudeur, ainsi que ceux qui arrachent les yeux des malades, s'ils sont pris, seront punis selon la gravité de leur crime. De plus, tous
les mandarins de lettres et les mandarins militaires, ainsi que les officiers subalternes^ qui seront reconnus manquer de vigilance, seront livrés au grand tribunal^ pour être jugés. »
Toutes ces défenses rigoureuses sont très bonnes et très louables, pour mettre obstacle aux doctrines perverses. Ramener le peuple à de meilleures mœurs est une chose très raisonnable. C'est pourquoi, après avoir examiné cette affaire, nous supplions Sa Majesté de publier un édit, dans toutes les villes, provinces et cantons du royaume, afin que tout le monde sache que tout Européen et prédicateur de la religion chrétienne, en quelque endroit qu'ils soient, doivent retourner chacun dans leur patrie. Il leur est accordé trois mois pour cela; ce délai expiré, il leur est défendu de rester davantage en ce pays. Il faut détruire les églises, brûler les livres de religion, et défendre au peuple d'étudier désormais cette doctrine perverse. Si, après trois mois, on découvre quelque Européen caché dans ce royaume, celui qui l'aura découvert et dénoncé jouira de tous les biens de celui qui recelait l'Européen dans sa maison. En outre, le receleur et les chefs du village seront regardés comme coupables d'un grave délit. Si l'Européen se cache encore parmi le peuple, et que celui-ci se laisse séduire par ses doctrines mauvaises, au point qu'il soit impossible de purifier le royaume de cette souillure et abolir la religion perverse, alors l'étranger sera mis à mort, selon la loi chinoise. De plus, tous les mandarins reconnus coupables de négligence seront livrés au grand tribunal des crimes, afin que la chose soit plus claire, et que tout soit manifesté avec plus d'appareil; car si l'on emploie la sévérité des lois, il y a espoir de ramener le peuple au droit chemin, et la véritable religion subsistera.
Pour nous, nous sommes des gens vils ; c'est ainsi que nous avons examiné et statué. Avons-nous bien ou mal fait? Nous élevons nos regards vers le trône de Sa Majesté, et nous la supplions d'examiner cçtte aflaire.
Digiti
MANDAT JD'aRRÊT LANGÉ CONTRE MGR TABERD
Le gouverneur de la province de Can-cao, en conséquence d'un ordre donné par le commandant de la division des départements d'An-giang (Chau-doc), qui a reçu lui-même cet ordre du gouverneur de la province de Bien-hoa, fait savoir à tous ses administrés que le maître européen Phu-hoa-nhon*, qui habitait la province de Bien-hoa, dans le district de Binhan, et dans le village de Binh-nhan (Lai-thieu), est mandé à la province royale, pour y traduire les lettres européennes. Le préfet de Bien-hoa Ta appelé à la préfecture pour lui en donner connaissance; mais le dernier jour de la 12^ lune (19 février), ce maître a pris la fuite. Le préfet Ta fait chercher avec soin dans son département, mais il n'a pu le découvrir. En conséquence, il prie les préfets des divers départements de le faire chercher dans tous les lieux qui leur sont soumis, et soit qu'il le trouvent ou non, de lui en faire donner connaissance aussitôt. Il faut donc examiner avec attention le signalement de ce maître que nous mettons à la suite de cette lettre. Si quelqu'un le rencontre, et ne peut le saisir seul, il doit de suite en donner avis aux mandarins. Si ce maître s'est caché dans quelque maison païenne, cette maison doit examiner le signalement, et user de ruses pour le prendre et le livrer à l'autorité. Si Ton ne fait aucun effort pour le découvrir, et que les espions du gouvernement parviennent à le saisir, dans quelque lieu ou quelque maison que ce soit, toutes les personnes qui l'habitent seront coupables d'une faute grave.
Signalement du maître Phu-hoa-nhon; âge quarante ans,