CHAPITRE VI
Évolution
Durée. — Le syndrome de la colique vésiculaire dure en général plus longtemps que celui de la colique hépatique ordinaire. Tandis que dans celle-ci tout peut être terminé en vingt-quatre heures, il est fréquent de voir durer la colique vésiculaire quatre, cinq et huit jours (M”° R..., 18, Gübler. Observation de R...).
Tendance à la reproduction. — Après s'être calmée complètement et avoir donné au malade l'illusion d'une guérison définitive, la colique vésiculaire a une tendance à reparaître avec une grande facilité et l'on peut rencontrer des malades chez lesquels les crises se succèdent subintrantes pouvant créer un « état de mal » biliaire que nous décrirons à propos de complications.
Cette propension était particulièrement manifeste chez un de nos malades qui vit ses crises se répéter pendant un mois et demi (B. de G...).
Ces crises en se reproduisant:
a) Peuvent se succéder pendant toute la durée de la vie des malades sans changer de caractère : tels la plupart de nos cas et celui que le professeur Mirallié a bien voulu nous communiquer.
pe.
€ Quand la lithiase biliaire, dit le professeur Gilbert, amène des cerises douloureuses du type vésiculaire, celui-ci demeure immuable, c’est-à-dire que sauf exception les crises se réitèrent selon ce mème type. »
b) Plus rarement on voit alterner chez le mème sujet des crises de colique vésiculaire et des crises de colique hépatique ordinaire.
c) Plus rarement aussi on voit la colique franche suc-
céder à la colique vésiculaire ou inversement.
a) Colique vésiculaire succédant à colique hépatique (1)
classique.
Homme de 50 ans, ayant toujours joui d’une bonne santé, mais irrégulier de par sa profession dans l’heure, dans le lieu et dans le choix de sès repas. Au commencement du mois colique hépatique typique avec ictère consécutif. Après deux semaines de tranquillité, nouvelle crise suivie d’autres presque journalières. Ces crises très douloureuses durent quelques heures. Il n’y a pas d’ictère, ni même de subictère. Les selles ont été tamisées avec soin et à plusieurs reprises sans qu’on ait pu trouver de calculs. Pas de fièvre, pas d’amaigrissement nota-
ble. La vésicule n’est pas perçue.
b) Colique hépatique classique succédant à colique
vésiculaire.
Une jeune femme eut pendant plusieurs années des crises
répétées de colique vésiculaire (sans fièvre, sans ictère, sans
1. Observation due à l'obligeance de M. le professeur Braillon d'Amiens.