Congrès de Genève
Li En penser à un organe plein, tel qu’un rein. Très rarement enfin il est fluctuant.
Volume. — Le volume de la vésicule distendué est très variable. Le système des injections ne peut en donner qu’une idée approximative. On cite des cas où la vésicule emplissait presque tout l’abdomen.
Nous l’avons vue chez nos malades de la grosseur d’une tête d'enfant (cas du n°8, Lasègue), d’un poing | d'adulte (Mx° M...), d’un gros œuf (cas banal). Ce volume peut d’ailleurs se modifier chez le mème sujet non seulement d’un jour à l’autre, mais d’une heure à l’autre. Nous l’avons vu bien souvent augmenter notablement trois à cinq heures après le principal repas en
même temps que la sensation douloureuse s’accentuait.
Tels sont les principaux signes fonctionnels, généraux et physiques de la colique vésiculaire. Rarement on les constate au même moment. Pendant les paroxysmes douloureux, il est difficile, sinon impossible, d’explorer la région vésiculaire. Puis les crises douloureuses s’atténuent et disparaissent. La palpation devenue possible permet de reconnaître le cholécyste encore sensible à la pression. Plus tard encore, le palper n’éveille aucune susceptibilité de la tumeur vésiculaire dont la consistance d’abord ferme diminue en même temps que le volume de jour en jour.
On assiste donc successivement aux signes fonctionnels et aux signes physiques, bien qu’en réalité la production du cholécyste soit contemporaine du début de
la crise comme le montre l’observation de R..…., où il ?
de 9 cel
fut possible de constater la tuméfaction de la vésicule
antérieurement à chaque crise douloureuse.
Exploration radioscopique et radiographique (1). — Dans de rares cas, dit le professeur Quénu, et avec bien des précautions minutieuses (évacuation complète de l'intestin, décubitus sur le ventre avec coussin sous la région claviculaire, obliquité des rayons, etc.), le professeur Beck a pu déceler quelques indices de
leur présence. Infroid nous a communiqué quelques
rares plaques démonstratives mais il faut, pour réus-
sir, que les calculs soient enveloppés d’une écorce de substance calcaire de notable épaisseur... Nous avons repris la question, le D’ Darboiïs et moi, et.si sur le cadavre nous avons pu obtenir des images soit avec des vésicules entourées de tissu hépatique, soit même avec l’appareil hépatique en place sur des sujets maigres, la vésicule étant remplie de calculs et l'intestin aplati,nous avons échoué complètement en radiographiant des malades ultérieurement opérées; le résultat fut particulièrement négatif chez une femme dont la vésicule, le cystique et le cholédoque étaient bourrés de concrétions biliaires (2) ».
M. Béclère (3) reconnaît également la nécessité im-
1. Gilbert et Fournier. Soc. de Biologie, 22 mai 1897 ont pra-
tiqué pour la première fois l'examen des calculs biliaires aux rayons X et constaté que la cholestérine était traversée par
ces rayons.
Dù Professeur Quénu. Rev. de Chirurgie, 1908, p. 685. 3. Béclère. Technique nouvelle de la radiographie des calculs
biliaires. Bulletins et Mémoires de la Société de Radiologie, mai 1909.
QUE posée aux calculs biliaires de contenir du calcium pour être révélés par la radiographie.
Jamais d’un résultat négatif on ne doit tirer aucune conclusion, mais les résultats expérimentaux lui font espérer que les succès deviendront moins exceptionnels à l’aide de la technique nouvelle qu’il propose : réplétion gazeuse de l’estomac, décubitus dorsal, plaque sur l’hypochondre droit, radiographie rapide en apnée avec une ampoule dure placée au-dessous.
C’est de ces données que M. Bonniot s’inspira pour examiner à l’hôpital Broussais une dizaine de nos malades. Deux fois seulement les résultats ne furent pas négatifs.
Dans l’un d’eux, on apercevait sur la plaque de radiographie une ombre à peine distincte qui pouvait être celle d'une vésicule très grosse.
Dans l’autre, on voyait une ombre ayant la forme et la localisation de la vésicule biliaire (vérifiées d’ailleurs par la palpation et la douleur provoquée). Cette ombre était nettement séparée de la colonne vertébrale par
une zone claire {M°° B..., 15, Gubler).
Observations
Les observations de colique vésiculaire sont extrèmement nombreuses,elles se ressemblent presque tou-
tes. Nous en citerons seulement quelques exemples:
M. de C..., 39 ans.
Anlécédents personnels. — Appendicite à 29 ans.
Jaunisse sans douleurs hépatiques en 1908. Un mois après la
Jjaunisse : première crise à la suite de fatigue et decontrariété. Douleurs dans la région vésiculaire sourdés, continues, s’accentuant après les repas, surtout les repas comportant certains aliments tels que la viande,le lait froid. À ce moment le malade a la sensation de « quelque chose qui se dilate » dans l’hypochondre droit. Un médecin reconnut une dilatation de la vésicule biliaire. Pas d’ictère, le malade est mis à un régime sévère, qu’il exagère dans la crainte de voir réapparaître ses accès. Il maigrit. Une cure à Vichy sous la direction du D'Jardet améliore son état, la vésicule n’est plus sentie.
Mais à la suite de fatigues et d'émotions nouvelles les crises réapparaissent et se reproduisent tous les mois environ; le malade vient d’en avoir une quand il se présente en mai 1909 au
professeur Gilbert qui constate la tuméfaction de la vésicule.
“Mn° B..., 15, Gubler, 27 ans.
Antécédents héréditaires. — Père a eu des coliques hépatiques.
Première crise de colique à 22 ans, à la suite de son second accouchement. Douleur nettement vésiculaire, sans fièvre, sans ictère, sans calcul dans les selles. L
Seconde crise un an après (1905). Depuis avril 1909, les accès reviennent presque tous les mois ayant toujours les mêmes caractères s’accompagnant parfois de vomissements.
Le 27 juillet, la malade qui avait depuis quelque temps des troubles gastro-intestinaux est prise vers 11 heures du soir des douleurs telles qu’elle se roulait à terre. Vomissements bilieux. Pas de fièvre.
Les jours suivants la température est prise,elle ne dépasse pas
37°5 le soir. On sent la vésicule qui diminue assez rapidement.
Parturier 4