Notamment XV, p. 114, premier alinéa; XV, p. 158, ibidem
4. « Il y a des moments où les princes les plus liés d'intérêts pensent différemment, mais l'union entre eux est intime. Cette diversité de sentiments n'est qu'un nuage » (Saint-Simon, t. XV, p. 226). Au t. III de Torcy, fol. 226, on lit : « Mais, si l'union entre eux est intime, cette diversité de sentiments n'est qu'un nuage. »
5. Voir le même procédé, XV, p. 106; XV, p. 293 : « Il y a longtemps qu'ils
procédé d'adaptation plus rudimentaire. Je signalerai encore le début du chapitre xi : « Six derniers mois de l'année 1718 », indication qu'on ne retrouve nulle part ailleurs dans les Mémoires, et littéralement transcrite des Nouvelles de Torcy, ordinairement classées par trimestre ou par semestre1.
On peut s'étonner que, depuis la publication des Mémoires de Saint-Simon, l'attention de personne n'ait été éveillée sur la composition toute spéciale que nous venons de décrire des tomes XIV et XV. Des éditeurs sérieux, tels que Chéruel et Ad. Régnier, ont pris la peine de relever avec soin des expressions qui leur ont paru des singularités de la langue de Saint-Simon et que son copiste avait pieusement prises à Torcy2. M. Baudrillart, qui a eu le double mérite de signaler les Nouvelles de Torcy et leur importance et de les mettre à profit, ne paraît pas s'être aperçu qu'il était plus simple souvent de renvoyer son lecteur aux chapitres identiques de Saint-Simon, dont tout le monde à peu près dispose3.
De ces incertitudes assurément, l'auteur des Mémoires n'est pas responsable. Il a dit bien haut qu'à partir de 1718, il s'était astreint à « copier fidèlement et à ne pas omettre un mot. » Il n'a pas voulu être pris en délit de plagiat, « craignant que la netteté, le coulant, la noblesse et la correction du style qu'il copiait fassent, par son agrément et sa douceur, sauter aux yeux la différence d'avec le sien4. » Il se croyait justifié d'ailleurs par la confiance que le texte de Torcy, reproduit intégralement, devait donner au lecteur et les services qu'il pouvait lui rendre. Plus d'une fois, par la suite, il a dit ses regrets « d'être réduit à être sec en matière d'affaires étrangères, faute d'un guide si
pressaient le pape de » Saint-Simon s'arrête là. Torcy continuait, III,
fol. 927 : « donner une nouvelle bulle plus forte que les précédentes. » — Et aussi XV, p. 209 : « Bentivoglio ne cessait de lui représenter, etc.... » Voir dans Torcy, fol. 729 à 738, 9 folios supprimés sur les affaires de Rome.