Saint-Simon, XV, p. 130; Torcy, Ibid., fol
•16 EMILE BOCHGEOIS.
manuscrit de Torcy et un fort volume de Saint-Simon, les changements, on le voit, entre les deux textes ont été presque insignifiants.
La copie se trahit fréquemment par des omissions1 ou par des erreurs de lecture du copiste2. L'auteur ne paraît pas même avoir eu le souci de les revoir et de les corriger. Lorsque, dans le manuscrit de ses copistes, Torcy avait laissé des phrases inachevées qu'il se réservait de compléter de sa main, comme il l'a fait en maints endroits, Saint-Simon ne s'est point gêné pour les laisser à son tour dans le même état3. Des phrases mal faites que Torcy a reprises et corrigées de sa main, et que Saint-Simon a copiées avant la correction, sont demeurées dans ses Mémoires en leur état fautif4. On sait que Saint-Simon, d'autre part, a supprimé du texte qu'il s'appropriait la plupart des passages relatifs à la Constitution : il ne s'est pas mis en frais pour ajuster et rapprocher les coupures. En plus d'un endroit, un simple etc. lui suffit. Voici p. ex. la fin du chap. xn du tome XV : « Le sort du pape était de passer le cours de son pontificat brouillé avec les premières puissances catholiques, la France, etc. ...» Ces trois derniers mots remplacent la transition que voici de Torcy (10672, fol. 815) : « S'il ne l'était pas avec la France, il n'y en avait guère moins de sujets, » et masquent la suppression de douze feuillets consacrés aux disputes de la Constitution5. Il est impossible d'imaginer un
1. Saint-Simon dit, t. XV, p. 49 : et La conclusion de la paix avec les Turcs
devenant l'Empereur consentit. » L'éditeur, M. Cbéruel, pensait qu'il
fallait suppléer le mol probable. Le texte de Torcy dit justement le contraire : « plus incertaine; » Bibl. nat., 10672, fol. 379. C'est bien le sens en effet.
2. A la page 70 du tome XV, Saint-Simon, qui a déjà omis à la première ligne « ne croyait pas pouvoir laisser subsister, » dit ensuite : « 11 revenait à ce prétendu soupçon de l'Empereur, coloré par le manquement horrible du roi d'Espagne, » ce qui n'a pas de sens. Le texte de Torcy est : « causé par ». — De même, à la page 52, Saint-Simon dit qu' « Alberoni ne recevrait pas des lois honteuses avec quatre-vingt mille hommes bien lestes et bien complets. » Le teste original mal lu (fol. 391) donnait : a bien vestus. » — A la page 198
un mot manque : « il lit proposer quelques changements, dit Alberoni,
d'adoucir. « L'éditeur a suppléé : « afin de. » Le texte de Torcy donne (fol. 710) le mot « capables de. »