Saint-Simon, XV, p
2. Torcy, Bibl. nat., 10670, fol. 858 et suiv.; Saint-Simon, Mémoires, XIII, p. 219 et suiv. — Westrin, Friherre Georg Heinrich von Gœrtz Bref {Historié Tidskrift, 1898, Stockholm).
3. Wiesener, le Régent, l'abbé Dubois et les Anglais, I, p. 318, 319, 320.
4. Saint-Simon, XIII, p. 163; Torcy, Bibl. nat., 10670, fol. 706 à 709.
5. Saint-Simon, XIII, 144 à 148. — Coxe, Histoire des Bourbons d'Espagne, II, p. 252, 271, 315.
6. Carutti, Storia délia diplomazia délia Corle di Savoia. Torino, 1879, t. III. — Saint-Simon, Mémoires, XI V, p. 39; Torcy, Bibl. nat., 10671, fol. 278, 279; — Saint-Simon, XIV, p. 48; Torcy, Ibid., fol. 302; — Saint-Simon, XIV, p. 175, 176; Tony, Ibid., fol. 748, 749; — Saint-Simon, XIV, p. 220; Torcy, Ibid., fol. 805; — Saint-Simon, XIV, p. 460; Torcy, Bibl. nat., 10672, fol. 161.
Ce fut surtout l'Espagne, dont tous les courriers passaient par la France, qui fit les frais de cette enquête, aussi discrète que constante : toutes les correspondances de ses agents, Beretti Landi à la Haye, Monteleone à Londres, d'Acquaviva à Rome, aussi bien que les instructions ou les réponses d'Alberoni tiennent une très grande place dans les Mémoires de Torcy, dans ceux de Saint-Simon.
C'était par ordre du Régent que se pratiquait ce dépouillement méthodique des documents diplomatiques. Il l'avait jugé d'autant plus nécessaire, qu'ayant, à la mort de Louis XIV, supprimé les secrétaireries d'État, il éprouvait le besoin de suppléer aux lacunes probables de l'administration des conseils1. Il y renonça, ou du moins en retira le soin à Torcy, au moment même où, par un coup d'autorité contre les parlementaires (26 août 1718) et la noblesse, il rétablit l'ancienne forme du gouvernement et surtout le ministère des Affaires étrangères au profit de l'abbé Dubois. « Les mémoires secrets et nécessaires, dit Torcy, pour achever le récit de ce qui s'est passé dans le reste de l'année 1718, manquent depuis la fin du mois d'août2. » La coïncidence des dates, entre l'arrivée définitive au pouvoir de l'abbé Dubois et la retraite de Torcy, qui finit par perdre, en 1721 , la surintendance, nous éclaire, plus que ne l'a fait l'ancien ministre, sur les motifs qui ont suspendu son recueil diplomatique. Et, d'autre part, la ressemblance, l'identité presque entre les Documents d'archives et le texte de ce recueil contredisent l'explication que Torcy, pour dissimuler sans doute la violation du secret des lettres, a donnée de sa tâche.
La véritable explication était celle que Saint-Simon et Lemontey ont apportée : il n'est pas nécessaire, je crois, de faire ressortir l'importance de cette constatation, pour l'étude des Affaires étrangères au temps de la Régence d'une part, pour celle des Mémoires de Saint-Simon d'autre part. C'est en définitif à une publication complète et fidèle des archives secrètes des cabinets européens que, par la collaboration de Saint-Simon et de Torcy, par les indiscrétions de l'un et la copie de l'autre, les Mémoires ont abouti, pour quatre volumes au moins, du tome XII au tome XV.