LE CONCERT IMPROVISÉ
Le sujet fut fourni à l'artiste par M. de Lapalun : « La musique n’a de charmes que pour les âmes sensibles. — Une jeune femme Joue de la harpe ; elle a la tête un peu penchée, les yeux levés au ciel, et pa-
raît fort sensible aux accords qu'elle tire de son instrument. Une autre jeune femme, placée debout derrière, tient un papier de musique et chante ; un Jeune homme debout, une main appuyée sur le dossier du fauteuil de celle qui joue de la harpe, l'écoute avec attention. De l’autre côté du tableau, une vieille s’est endormie et un enfant badine avec un petit chien. La scène se passe de nuit. »
Cité par le BARON J. Du TEIL, dans Les Artw, n° 67, page 30.
Torre. Haut. 45 cent. — Larg. 53 cent.
Le croquis initial de cette peinture fait partie de la collection du comte de Guilhiermier, arrièrepefit-neveu de M. de Lapalun. Il est reproduit dans Leæ Arlw, même n° que ci-dessus, page 32.
« .… Il souleva des critiques de la part du marquis de Tulle chargé de le transmettre : « La scène se passe dans une rotonde, à la clarté des flambeaux; le jeune homme sera vêtu d’un habit blanc d’'officier, avec des épaulettes de colonel ; nous tâcherons d’engager le peintre à faire renverser la vieille sur son fauteuil pour lui donner l'attitude du sommeil et non de l’attention. » M. J. du Teil ajoute : « Boïlly pensa sans doute que la position proposée pour la matrone
nd
serait disgracieuse et, retournant le groupe qu’elle formait avec l’enfant au chien, il la représenta, non plus somnolente, mais complètement endormie ; puis afin d'isoler en un duo la harpiste et l'officier, il éloigna la chanteuse lui donnant pour partenaire, à droite, un abbé de cour et, à gauche, une fillette dont on aperçoit la riante physionomie à travers les cordes de l'instrument. Ces étapes successives font bien sentir tout le soin que le consciencieux artiste apportait dans l'interprétation des sujets qui lui étaient proposés. »
Reproduit dans la même Revue, page 33.
Cité et décrit dans HENRY HARISSE, ZLouit Boilly Peintre, Dessinateur et Lithographe, Paris, 1898, page 95, n° 130.
Au revers du tableau, on relève la mention, difficilement lisible : « Inventé par M. [de Calvet La Palun]. C’est à l’âge de la sensibilité qu’on sent toute la force de l'harmonie. La vieille dort, l'enfant badine. Peint par Louis Boilly en 1790. »
BOILLY (Louis-LÉoPOoLD)