‹ La collection Henri Rouart [par] Arsène AlexandreChapitre 13 sur 40 · LA COLLECTION HENRI KOUART · texte numérisé non relu

LA COLLECTION HENRI KOUART

peintures décoratives de Marseille; i)iiis Faiiliii-Latour et cette Diane endormie, spécimen choisi de ses peintures de rêve.

Nous en oublions forcément dans cette partie de notre dénombrement, et non des moins typiques. Mais comment ne j)as donner encore celle indication indispcnsajjlc ? Le colleelionncur, vers la (in de sa course, jetant un dernier coup d'œil sur ce qui commence à se manileslci- de tendances inédites et faisant inie ])lace à Forain, à Toulouse-Lautrec, à ('iani;iun, et n'ignorant [)as (".é/.anne, de (|ui (iiiil(|ues notes prenaient une place léf^itime, tout en demeurant pr«)portionuée à celle qu'occujiaient les maîti-es d'une i,'loire indiscutable et consacrée.

Les dessins étaient le conq)lcmenl, à lui seni incpiiis;dilc. du grand édifice d'art (jue nous venons de visiter. Ils étaient comme les notes explicativi-s de cette histoire constituée par un véritable historien en action. La visite nnicpuMiKiil de cette |»artie de la dt-nienre nous retint sonv<Mil des iicnies «litières loi's des après-midi iiioid)liés.

Hien (pie la série des dessins de .l.-l". Millet, dont qiicl- (pies-uns des pins beaux sont ici rcprodnil>. était à pcn pivs la pins nombreuse et la plus variée i\\\\ ^e put \ oir <'ntic les mains <riin s<'id pail icidiei'. !,à encore, on rclioiixait des notes inaltcndnes et de celles (pii donnent rirrt'sislihie secousse <Ie la sui'piise et de Lémotion, comme cette ti-au'édie /<• ('a\'(ilirr (lit hiiiil ilf 1(1 riitr, cori'es|»on(lanl . en dessin, ii ce ipiclail. en |iciiiliirc, /,• ( '.hriic cl h- /ùiscmi. In j;iandio-.c p.i^tcl, une

vue de Moiit(ii>iic en Auvergne, était plaeé parmi les tableaux |)i()|)ieinenl dits, et nous aurions pu le placer noiis-même daus le passage de cette étude qui en traitait. Les plus saisissantes silhouettes rustiques, les scènes si profondes de la vie des champs, par exemple, cette Bergère adossée à un arbre, cette autre assise au pied d'une meule (un des plus aimés du possesseur). Ces Bergères se chauffant, ce Paysan au repos, battant le briquet, ces tableaux de labour et de labeur, que d'œuvres d'art puissantes! Quel livre grandiose que ces feuillets ainsi rapprochés. 11 est à craindre que jamais Ton n'en puisse reconstituer un pareil d'ici longtemps.

Corot n'était pas moins bien commenté par quelques études des plus opportunes et des plus précieuses. Un nu de jeune (ille, entre autres, fit sensation dans une exposition centennale. Quant à Daumier, l'aquarelle de la Parade, les dessins et croquis de toute sorte, ne manquaient point de renforcer la haute impression qu'avaient donnée les peintures au visiteur, et de raconter expressivement toute la philosophie du grand dessinateur.

Les feuillets de Delacroix formaient un recueil des plus variés, que l'on devait, faute de place, feuilleter dans des cartons, et l'on ne s'en faisait pas faute. Qu'ajouter à cela? Les plus piquantes raretés, les œuvres les plus inspirées, sous les espèces les plus modestes d'un papier crayonné, vous arrêtaient à l'improviste. Un Ingres ou deux, tout au plus, pour ne pas souligner d'une façon trop formelle, et qui eiït

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Un Ingres ou deux, toiit au plus,

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afrecté une allui-c a<,Tessive, la préférence accordée ;i «l'autres... Un dessin de Roussean, une étude d'arbres Dana les Laudes, prodig-ieux de fini et pourtant d'une réelle majesté. Des aquarelles dramatiques de Barye, où la vie des fauves et la sauvagerie des paysages étaient condensées par l:i l'oilc main de ce grand homme. Un dessin de Prud'hon, /'A//ir, l.uil lumière et tout poésie, sur lequel il nous plaîl de liuir. — car- le reste est multitude.

Je rappelle seulement que les sculptures, les terres cuites antiques, les figurines égyptiennes, les bronzes aux I)elle3 j)atiiies se mêlaient à toutes les autres richesses, leur donnant (le la vie et leur en empruntant, eu xcrlu des curieux j)liéii()iuèu(;s de sympathies et de léciprocilés culic les lr;i\aux qu'exécutèrent les mains des hommes passionnés de tous les temps et de tous les pays. En cela s'attestait sous (r.uilres formes l'insatiable curiosité de beau (pii avait permis à un tel lioninic dir se créer, en inéuic teui|ts (|iic >a \ ii- n elle, si active et si rem|)lic. uiu' existence dv plus, (l;ui^ les iVi^ious de l'espi'it et dans la l'ré<pientalit>u de ei"u\ (|iii u'oiil |i.is le moins contribué au pi-eslige de notre pays.

Mu couiincucaul cet cciit. in»us axons dil «pu- nous uou> pi'oposions de rass<-nd)l(r de nouveau, ci d'une I.u.m>u illusoire sans doute. iuai> pourtant diirahle, ce (pii sei;i disper-^é, —

ce (|ui est (It'jà disj)ei'S(' virluellemciil. j\ous cs])t''r()ns avoir à j)cu près Icnu parole.

Nous en ressentons, à tout prendre, une impression récon- Ibrlante. Rien, en réalité, ne se disperse absolument ; ce que la passion vraie avait joint, demeure idéalement réuni. La graine portée au loin reconstitue la forêt. Partout où se trouveront luie œuvi*e de la collection Rouart et un exemplaire du (( testimonial » que voici, on retrouvera vivant, de la meilleure manière, ce collectionneur de grande race, parmi les choses qu'il aima, au grand complet.

LA COLLECTION HENHI IlOl AKT

CATALOfa i:

HENRI HOC A m

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