‹ La Collection Révoil du Musée du LouvreChapitre 2 sur 17 · P. RÉVOIL · texte numérisé non relu

P. RÉVOIL

Lyon, 12 février 1829.

Artaud au comte de Fàrhin,

Palais des Arts.

Lyon, le 9 avril 1829.

Le Directeur du Mus6e et de l'École royale des Beaux-Arts à M. le Directeur général des Musées rosraux.

Monsieur, j'ai l'honneur de vous annoncer que M. Révoil vient de me livrer, dans l'état le plus parfait, la collection d'antiquités du moyen âge qu'il a cédée à la couronne , et que M. le Directeur général des Beaux- Arts m'a chargé de recevoir en constatant l'identité des pièces , d'après le catalogue dont vous m'avez envoyé copie.

Toujours d'accord avec ses principes de loyauté, M. Révoil a rempli scrupuleusement l'obligation qu'il s'était imposée de son plein gré de faire restaurer avec soin plusieurs morceaux importants de son cabinet. Il a été secondé merveilleusement dans ce noble dessein par le talent de M. Brun, mécanicien distingué, qui joint à la plus grande adresse pour travailler le bois, l'ivoire et les métaux, un goût sûr et de véritables connaissances en curiosités françaises. C'est à cet artiste ingénieux que j'ai confié l'emballage du cabinet Révoil. 11 a pensé que, devant aller bientôt à Paris , il déballeroit tout lui-même, sous vos yeux, dans le local où il vous conviendra d'entreposer la collection.

M. Révoil réserve pour un dernier envoi les objets des séries du catalogue intitulées : Portraits et tableaux , peintures sur verre, étoffes anciennes. Il doit y perfectionner des restaurations utiles. Ainsi donc, ces trois séries ne feront pas partie de la présente expédition.

J'ai délivré à M. Révoil , en ma qualité de commissaire de la couronne , des quittances doubles pour tous les articles, en les désignant par les numéros du catalogue et en indiquant en tête de chacune la marque et le numéro de la caisse où ils doivent être contenus.

Le chargement sera confié, ainsi qu'il est convenu avec vous. Monsieur, au roulage accéléré de MM. Dupré et Lambert, de cette ville , correspondant avec la maison Loys de Paris. J'aurai l'honneur de vous prévenir du jour de l'arrivée et des sommes que vous aurez à rembourser pour frais d'emballage et de voiture.

J'ai recommandé au layetier de me fournir des caisses parfaitement jointées et solides, mieux faites que celles dont on use ordinairement. Elles ont été travaillées sous mes yeux et sous l'inspection de M. Brun. On peut assurer qu'avec de pareilles enveloppes, la collection devra arriver bien intacte.

Enfin , Monsieur, j'ai apporté toute mon attention à remplir l'honorable commission dont Monsieur le vicomte de

La Rochefoucaull m'a fait l'honneur de me charger, et j'ose espérer que tout arrivera à bien, selon mes désirs et les vôtres. Il m'est bien agréable de saisir cette occasion de vous donner une nouvelle assurance de mon dévouement , ainsi que de la très-haute considération avec laquelle je suis. Monsieur, votre très-humble et très-obéissant serviteur,

Artaud.

Artaud au comte de Forbin.

Palais des Arts.

Lyon , le 10 avril 1829.

Le Directeur du Musée et de l'École royale des Beaux- Arts à M. le Directeur général des Musées royaux.

Monsieur, j'ai l'honneur de vous annoncer que je viens de confier, ainsi que nous en sommes d'accord, à MM. Dupré et Lambert de cette ville , l'envoi du cabinet Révoil ( moins lés trois séries que j'ai désignées dans ma lettre d'hier ) , acquis par la couronne.

Il est contenu dans quinze grandes caisses, marquées depuis le n* 1 jusques au n* 15 des lettres M D R. Le tout pèse 3,050 kil.

Le prix convenu est de 24 francs les 100 kil. pour le roulage accéléré , tel que le porte la police ci-jointe de MM. Dupré et Lambert.

Je joins de même ici la note vérifiée et arrêtée de l'emballage que j'ai confié à M. Brun, dont le total est de six cent cinquante-quatre francs; que je fais suivre en remboursement, ainsi que vous me l'avez demandé.

Le chargement se fait aujourd'hui sur deux voitures qui .'partiront demain et devront arriver à Paris dans huit jours.

Il est convenu avec MM. les expéditionnaires que ces deux voitures arriveront directement dans la cour du musée du Louvre , afin d'éviter les accidents qu'un double déchargement pourrait occasionner.

Je pense que ces précautions seront suivies d'un entier succès et que tout devra vous parvenir dans le meilleur état.

J'ai Fhonneur de vous renouveler l'assurance de mon

dévouement et de la parfaite considération avec laquelle

je suis, Monsieur, votre très -humble et très -obéissant

serviteur.

Artaud.

P. -S, — Voici le total des deux notes réunies : Remboursement pour l'emballage .... 684 fr.

Voiture des caisses rendues à Paris . . . 732 75

Total. . . . 1,386 fr. 75

Réooil au comte de Forbin.

A Monsieur le Directeur général des Musées royaux.

Monsieur, vous recevrez cette lettre presque en même temps que les quinze grandes caisses qui renferment ma collection et dont M. Artaud vous a annoncé le départ le 11 de ce mois. 11 ne me restera à livrer que les trois séries intitulées sur le catalogue : Porlrails et tableaux^ peinture sur verre et étoffes anciennes. Je ne diffère l'envoi des objets qui y sont compris qu'alîn de pouvoir en achever la restauration avec le temps nécessaire pour opérer avec un entier succès.

M. Brun , l'artiste auquel j'ai fait exécuter les différentes réparations que je m'étais imposées de plein gré , sera à Paris vers la fin de la semaine. Comme c'est lui qui a

emballé mon cabinet, je vous invite, Monsieur, à permettre qu'il le déballe très-incessamment pour la conservation des meubles et des choses en fer qui ne manqueroient pas d'être attaquées par l'occide. II serait à craindre que le déballage confié à une autre personne ne pût être fait sans accident.

J'ai pris la liberté. Monsieur, de vous recommander particulièrement M. Brun dans une lettre qu'il aura l'honneur de vous présenter à son arrivée. Je vous prie instamment de prendre en considération tout ce que j'ai pensé devoir vous exprimer sur le compte de cet homme habile. Vous n'en aurez que de la satisfaction, et je serai fort reconnoissant de tout ce que fera votre bienveillance pour lui fournir l'occasion de paroître et de recueillir par ses talens les avantages dont il mérite de jouir.

Maintenant, j'oserai réclamer de votre constante obligeance pour moi les renseignemens qui me sont nécessaires pour faire recevoir à Paris, le plus tôt possible, mon second paiement dû cette année, se montant, comme vous le savez, à 27,000 francs. J'ai le projet d'envoyer à cet effet ma procuration à un de mes amis, M. de Chantelauze, membre de la chambre des députés. Faut-il que j'y joigne le double des reçus qui m'ont été délivrés par M. Artaud ?

Veuillez être assez bon pour me répondre à ce sujet. Comptez sur ma reconnoissance , comme sur le sentiment affectueux de haute considération avec lequel je suis. Monsieur, votre très-humble et très-obéissant serviteur.

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