‹ La Collégiale de Saint-Martin de ToursChapitre 3 sur 41 · MONOGRAPHIES · texte numérisé non relu

MONOGRAPHIES

Nous voudrions dans ce paragraphe donner une idée rapide de ce qu'on a fait avant nous pour débrouiller certains problèmes de Fhistoire de notre Collégiale. Les quelques indications données ici seront complétées par notre Bibliographie et par tout ce que nous pourrons dire au cours de notre exposé.

1° L'étude des sources a été commencée de bonne heure. Les discussions que soulevaient les privilèges du chapitre ont forcé défenseurs et adversaires à les examiner de près ; le grand diplomatiste du xvii' siècle, Mabillon. s'est prononcé au sujet de plusieurs ; Monsnyer etLaunoy surtout ont soutenu à ce sujet une virulente polémique. Après avoir attaqué les privilèges et exemptions de Saint Médard de Soissons (1057), de la Trinité de Vendôme (1661), de Saint-Germain-des Prés (1062), Launoy s'en prit aussi aux privilèges de Saint-Martin de Tours, dans son Examen des privilèges et aulies pièces produites pour servir au jugement du procès gui étoit pendant au Parlement de Parts entre Varcheoêque de Tours et les chanoines de Saint-Martin (1). Le dénicheur de saints était aussi un destructeur de privilèges. Il déclara faux ceux de Saint Martin et se prononça en faveur des prétentions de Tarchevéque.

Les chanoines confièrent à un des leurs, Raoul Monsnyer, le soin de leur défense. Celui-ci répondit aux attaques de

(1) La plus ancienne édition séparée est de 1676, Paris, Martin,in-4o.

Launoy par Touvrage suivant : Celeherrxmae Sancti Martini Turonensis ecclesiaf jurapropugnala contra Launoium^ auctore Ratiutpho Monsnyer, doctore theologo sacr. Fnc, Paris^ et ejusdem ecclesiw canonico, Parisiis^ Pépingué, 1663, in-8*.

Quand la lutte recommença entre 1 archevêque et le chapitre en 1709, on discuta aussi la valeur des privilèges; mais les arguments échangés de part et d'autre ne sont pns neufs; ils ne sont guère que ceux de Monsnyer et de Launoy.

Pour trouver d'importants travaux sur les sources de rhistoire de Saint-Martin, il faut aller jusqu'au milieu du XIX* siècle. Un savant tourangeau, Mahille, entreprit une œuvre de patient et méticuleux labeur, la reconstitution du cartulaire d^ Saint-Martin, la Pancarte noire. Le résultat de ses recherches, malgré des défauts que nous avons signalés ailleurs (1), est d'un précieux secours pour les historiens de la Collégiale, puisqu'il permet de trouver réunis à peu près (2) tous les textes diplomatiques jusqu'à 1131.

Il est regrettable que Mabille se soit contenté d'une analyse. On aimerait maintenant avoir une reconstitution du texte complet de tous les actes qui composaient la Pancarte noire.

Hartung a consacré un chapitre de ses fJiplomatische Mistorische For«cAun^en,Gotha, 1879,à l'étude des privilèges de Saint-Martin ; nous avons discuté quelques-unes de ses conclusions dans le travail où nous étudions ces mômes actes (3).

2* L'organisation de la communauté martiniennc a été jusqu'à présent peu étudiée. Le seul travail exclusivement consacré à Saint-Martin que nous ayons à signaler est celui de Nobilleau, La Collégiale de Saint-Martin de Tours^ Tours, 1869. Très«ommaire, ce livre est de plus très insuffisant comme documentation, car l'auteur ne donne aucune référence.

3» L'histoire de Chàteauneuf a été traitée dans un chapi-

(1) Bulletin de la Société archéologique de Touraine, t. XV, octobredécembre, p. 501 : Deux documents concernant la Collégiale de Saint- Martin de Tours.

(2) Le catalogue que donne Mabille à la suite de la reconslilullon de sa Pancarte noire, et qui va Jusqu'à 1131, pourrait recevoir quelques additions.

(3) Appendice III, Etudes sur les privilèges.

ire très substantiel de M. Giry, dans son Wwve, LesElablissements de Rouen^ Paris, 1883.

4* Le mémoire de Mabille, Les Invasions normandes et les pérégrinalions du corps de saint Martin, Paris, 1869, a établi, d'une façon à peu près définitive, nombre de points de Thistoire de la Collégiale au ix* et au x* siècle.

5** L'école de Saint-Martin a bénéficié de tous les travaux qui se sont faits sur Alcuin.Deux mémoires spéciaux lui ont été consacrés : celui de M. Delisle, Mémoire sur Vécole calligraphique de Tours nu w^ siècle, Paris. 1885 ; et celui de M. Tabbé Bossebœuf dans les Mémoires de la Société archéologique de Touraine, t. XXXVL

Ces deux mémoires se renferment dans une étroite période de temps et se tiennent à un point de vue très excludif, celui de la calligraphie ; on n'y trouve rien sur rorgani7 sation^ les ressources, Tactivité littéraire de Técole de Saint-Martin.

6" La partie de l'histoire de la Collégiale la mieux étudiée et qui a fait naître les travaux les plus nombreux est rhistoire des constructions. De tous les mémoires que nous indiquons dans notre Bibliographie on ne peut pas dire qu'aucun soit arrivé à des résultats définitifs. Mais, de plus, ils se restreignent à la basilique et ne dépassent guère le x* siècle.

Cette revue rapide de ce qui a été fait avant nous permet de se rendre compte de ce que peut être notre travail. Les résultais dispersés dans des mémoires particuliers doiyjent prendre place dans un ensemble qui leur donne toute leur valeur ; d'autre part, tout ce qui a été négligé jusqu'à présent doit être étudié comme le reste; enfin, de tout cela, il faut composer une histoire, c'est-à-dire un travail, où soit marquée la dépendance des faits les uns à l'égard des autres, et qui montre les diiïérentes phases de l'évolution à travers les siècles de cette grande institution qu'a été la Collégiale de Saint-Martin de Tours.

Nous allons maintenant examiner de quelles ressources documentaires nous disposons pour composer cette histoire.

DOCUMENTS d'aRCHIVBS

Les archives de la Collégiale de Saint-Martin ont dû certainementétre parmi les plus riches de France. EHeavaitété Tun des plus considérables établissements ecclésiastiques de notre pays; elle avait reçu d'innombrables donations et privilèges des rois des diverses races et des souverains pontifes ; les monastères, chapitres, cures, relevant d^elle, étaient fort nombreux ; ses possessions très étendues ne s'afrétaient point aux frontières de la France ; il s'ensuivait donc que la collection de tous ses titres : bulles, diplômes, chartes, devait être très précieuse, tant par le nombre que par la valeuf des titres. Malhciu^eusement ces magnifiques archives eurent à subir trois fortes épreuves qui les appauvrirent singulièrement.

ïllles furent une première fois endommagées lors de rinvasion des Normands en 853 ; on sait cependant que beaucoup de titres anciens échappèrent à ces premiers destructeurs.

La prise de Tours par les huguenots en 1562 leur fut bien plus préjudiciable. Ils pillèrent et détruisirent en partie le trésor de l'église. Les archives, il est vrai, furent plus heureuses que les précieux reliquaires fondus par le prince de Condé. Cependant elles furent elles-mêmes très menacées. Les chanoines quittèrent la ville sans avoir pu mettre en lieu sur «les lettres et titres de Téglise ». Ils donnèrent les clefs du trésor à Jean Simon, « Tun des plus grands huguenots qui se trouvassent », pour qu'il les mît en sûreté avec les cassettes des chapelles, les registres capitulaires et les Pancartes, lui promettant de lui être reconnaissants s'il conservait bien les titres. Un mois après, les chanoines rentraient à Tours et reprenaient possession de leurs archives, pas de toutes cependant, ni même, semble-t-il, de leurs pièces les plus intéressantes. Tout n'avait pas été confié au huguenot Jean Simon, une partie avait été enlevée par les protestants et transportée à Saumur. Ce qui restait à Tours fut encore menacé. En 1567, les huguenots s'élant emparés de Blois, on craignit qu'ils ne vinssent a Tours. Le

chapitre décida qu'on transporlerail les titres et les chartes à Angers et qu'on distribuerait aux chanoines l'argent du trésor. Les titres transportés à Saumur y restèrent assez longtemps. Les chanoines ne les avaient pas encore en 1603, puisque, dans un procès qu'ils ont avec Tarchevêque, Tavocat général Servin se plaint de n'avoir entre les mains que des copies défectueuses (1). Launoy et Monsnyer luimême, au dire des chanoines en 1709 (2), n'auraient pas eu connaissance de tous' les titres qui subsistaient encore et ddnt ils disposèrent plus tard. Les chanoines attendaient avant de les racheter parce qu'on voulait leur en faire payer un prix trop élevé.

A quel moment ces pièces revinrent-elles au chapitre ? On ne le sait pas au juste. Elles n'étaient pas encore revenues en 1676, date de la mort de Raoul Monsnyer. Elles furent donc rachetées entre cette date et 1709, puisqu'à ce moment elles sont en la possession des chanoines. Le chapitre, sans doute, se décida à un gros sacrifice d'argent pour défendre ses privilèges alors si menacés

Tous ces voyages, leur antiquité môme et, dirait-on aussi, un certain manque de soins du chapitre (3), n'avaient point été favorables à la conservation de ces pièces, et à la fin du xvii* siècle plusieurs se trouvaient en fort mauvais état. C'est Galiczon, chanoine de Saint Martin, auteur d'un petit recueil de pièces, qui nous l'apprend et aussi les discussions du procès de 1709.

Mais la pire des épreuves qui attendait ces malheureuses archives^ ce fut la Révolution, pendant laquelle tant de zèles ignorants, non contents d'abolir les privilèges anciens s'acharnèrent après les inofTensifs papiers dans lesquels ils étaient consignés.

La Collégiale de Saint-Martin de Tours, comme toutes les autres communautés ecclésiastiques,avait été supprimée par la Constitution civile du clergé, 1^12 juillet 1790. Le 14 octobre suivant, le district de Tours arrêtait que les

(1) 4^ Factura, p. 17.

(3) Voir préface de l'ouvrage de Galiczon indiqué dans la Bibliographie.*

scellés seraient apposés sur les archives des chapitres de Saint-Gatien, Saint-Martin, Saint- Vincent, Saint-Pierre-le- Puellier et de Plessis les-Tours. La loi du 5 novembre 1790 décide que t les registres, papiers, terriers, chartes et autres titres quelconques des bénéfii^es, corps, maisons et communautés, des biens desquels ladministration est confiée aux administrations de département et de district, seront déposés aux archives du district de la situation des dits bénéfices avec l'inventaire qui aura été ou qui sera fait préalablement. «Amelin^archivistedeSainl-Martijî.conserva ses fonctions et procéda à la rédaction de l'inventaire. Pendant quelques années d'ailleurs encore,à cause de Texiguïté du local destiné à recevoir cette masse de papiers qui affluaient de tous côtés, un certain nombre de pièces restèrent dans le grand chartrier de Saint-Martin. Un décretdu 11 juillet 1793 ordonna la destruction de tous les titres concernant les droits seigneuriaux. Dès la fin de ce même mois, les commissaires du département, Pierre et Beaulieu, faisaient jeter au feu les titres de droits féodaux de Saint- Gatien et de Saint-Martin.

Deux autres exécutions suivaient le 10 août et le 17 septembre d'après.

Dans un inventaire sommaire des titres brûlés on lit les désignations suivantes : ^

Un registre en parchemin intitulé : Péan Gâtineau, contenant les statuts, privilèges et droits du ci-devant chapitre de Saint Martin.

Un autre registre intitulé : Pancarte noire, contenant les privilèges et droits du ci-devant chapitre.

Une liasse de chartes en latin, qui sont des privilèges accordés par Gharlemagne.

Autre, des privilèges accordés par Charles le Chauve

Autre, des privilèges accordés par les rois Louis, Charles et Philippe des ix, x, xi, xii" siècles.

La Convention ne voulut pas cependant laisser s'achever la destruction complète de tous les vieux documents de notre histoire; elle prit des mesures pour leur conservation et leur mise en ordre. Mais par une malheureuse inspiration, Rougeot, l'archiviste, envoya à chacun des départe-

ments, dans lesquels se trouvaient des possessions de nos grands corps ecclésiastiques tourangeaux, toulesles pièces concernant ces possessions. On conserve aux Archie^s d' Indre-et-Loire le registre des envois de Rougeot et de Fouquô son successeur et Ton peut se rendre compte de la dispersion qui s'est produite alors (1)^

Dans le courant du dix-huitième siècle le chapitre avait fait faire des inventaires de tous ses titres. Ce sont de magnifiques in-folios, exécutés avec un soin parfait. Ils

(1) Voici à litre d'exemple un cerlaln nombre de ces mentions : Envoi à Angers, da 5 messidor, an 6. — Cinq liasses, deux baux, un inventaire de titres relaUfs à la prévôté d'Anjou, prieuré de Méoti et Noyant, Plessis-au-Malre et Genneteil, le tout au cy-devant dis* trict de Baugé et dépendant du cy-devant chapitre de 8aint-Martin de Tours.

Neuf liasses et trois registres relatifs A la terre et dépendance de Brou, canton de Saumur ou de Montreuil-Bellay, dépendant du eydevant chapitre de Saint-Martin de Tours (3« journal, p. 97).

A Blols, 7 messidor, an 6 — Une petite liasse contenant un bail à ferme du lieu des Prêches, commune de Belhomer [Id, p. 98).

A Melun, 13 messidor, an 6 — 9 liasses de titres et 2 plans relatifs à la terre de Donne-Marie dépendant du cy-devant chapitre de Saint-Martin de Tours {note a'une autre écriture). Parmi ces liasses devait être un inventaire des titres de Donne-Marie qui fut séparé de l'inventaire du trésorier pour être envoyé dans le département de Seine et-Marne {Id., p. 100).

A Chartrei*. 13 messidor. — Cinq liasses et un registre relatif à la terre des Prêches, dépôt du chapitre de Saint-MarUo de Tours {Id , p 100).

A GhAlons. — Une grosse liasse de titres, plans géométriques, mémoires et renseignements relatifs à la terre, dépendances de Tucy, Milcey et Tabergement situé à 2 et 3 lieues de GhAlons dépendant de Saint-Martiû de Tours (H., p. 100).

Au Mans, 13 messidor, an 6. — Deux baux nouveaux de le chapelle de la Guiiiandière desservie en l'église de Marson, lesquels sont joints A une liasse relative au domaine de Lachaise, commune de Bruère. Dépôt de Saint-Martin de Tours (/d., p. 101).

A Bourges, même date. — Une liasse concernant le chapitre de Saint-Martin de Léré.

Au Mans, 13 germinal, an 4. — Un titre relatif A une rente de 12 boisseaux de froment sur les métairies de Chenu, etc., due à la cydevant chapelle de Sainte-Catherine dans la cy-devant église de Saint-Martin {Id., p. 108).

A Blois, même Jour. — Un dossier de titres relatifs A une rente foncière de 15 livres sur le domaine de la Poissonnière, commune de Vallaires-Ies-Petites (M., p. 108).

ont subi le même sort que les titre» eux-mêmes et ont été envoyés aux déparlements où se trouvaient les possessions qu'ils concernaient.

Il faut aller jusqu'à la Restauration pour trouver dans le gouvernement un vériteible souci des archives. Encore, même à cetïe époque, nos malheureuses archives d'Indreet-Loire eurent-elles à subir les dilapidations d'un garçon de bureau, qui vendait à la livre les papiers et même les parchemins. Un épicier de la rue Saint- Jacques à Paris acquit, en 1826, plus de 2.000 chartes de Marmoutier, Saint-Julien, Saint-Martin, etc., chartes remontant aux xi« etxn* siècles.

Nos archives, parfaitement classées et tenues mainte nant, ne seront plus exposées, espérons le, à tous ces appauvrissements regrettables.

Heureusement qu'avant la destrucl ion opérée parlaRévo» lution les archives de Saint-Martin avaient été visitées par un certain nombre d'érudils qui y avaient copié pas mal de pièces et dont les papiers, conservés encore aujourd'hui, nous permettent de combler, en partie, le désastre dont ces archives ont été victimes. Leurs copies contiennent beaucoup de pièces empruntées aux grands cartulaires de Saînt-Marlin appelés Pancartes. Il y en avait trois désignées par des noms différents, probablement suivant la couleur delà peau dont elles étaient recouvertes : la Pancarte noire, la Pancarte blanche et la Pancarte rouge. La plus ancienne et la plus précieuse était la Pancarte noire. Nous avons vu qu'elle fut brûlée en 1793. Sur les deux autres on n'a aucun renseignement, mais il est probable qu'elles subirent le même sort, puisqu'elles existaient encore au xvui* siècle et qu'on ne les a plus.

Besly est le premier des grands érudits dont il nous reste des notes concernant la Collégiale de Saint-Martin. Ce sont surtout des extraits des Pancartes ; il les termina comme il le dit lui-même le 29 août 1615. Ses notes se trouvent aujourd'hui dans la collection Dupuy, vol, 828 et 84 i .

Duchesne copia d'abord une copie de la Pancarte noire, qui est désignée sous le nom de Pancaria alia et qu'il appelle, lui. Vêtus cartularium Sancii Martini, Puis quand

il connut la Pancîtrte noire, il en copia aussi une partie. Ses travaux se trouvent aujourd'hui dans les Armoires de Balnze, dans les Mélanges Colbert et dans la collection' Dupuy.

Dom Anselme Le Michel, qui fil profession à Tabbaye de Marmoutier en 1621 , a laissé aussi quelques copies de la Pancarte noire qui sont conservées dansle/bnds latin de la Bibliothèque nationale, n® 13817.

Dom François Lesueur visita les archives de Saint-Martin presque en même temps que dom Le Michel. Il résida longtemps à Saint-Julien. En dehors de Thistoire que nous avons déjà mentionnée, il a laissé une copie d'un certain nombre de pièces d'après la Pancarta alia ; il a aussi pris quelques extraits d'un répertoire des privilèges accordés au chapitre par les papes, les empereurs et les rois, composé de 1541 à 1542 par François Courtin, chanoine et sousécolâtre de Saint-Martin, Celui-ci avait suivi Tordre alphabétique

Dom Martène a publié un grand nombre de pièces concernant Saint-Martin, pièces dont il a pris le texte dans les archives de la Collégiale. Ce sont les textes de dom Martène qui ont été réimprimés dans le Recueil des Historiens de France.

Baluze séjourna à Tours en 1711 et en 1712. Il profita largement des trésors qu'il trouvait accumulés dans les archives de Saint-Martin. Les copies qu'il y a prises se trouvent dans les volumes 76 et 77 des Armoires. Gaignières copia aussi quelques pièces.

Dom Housseau chargé de continuer le recueil de documents relatifs à k Touraine. commencé par deux de ses prédécesseurs, dom Augustin Cassard et dom Léger des Champs, a réuni dans sa collection les copies de ceux-ci et les siennes propres, qui forment plusieurs volumes extrêmement précieux pour notre histoire.

A ces copies il faut joindre le recueil de documents annexé aux factums du procès de 1709, qui ont été édités par les soins du chapitre, et les recueils composés par Galiczon, chanoine du xviii» siècle.

On voit donc que les malheurs de 1703 avaient été préve-

nus et que le zèle des patients érudits qui avaient visite les archives de Saint-Martin au xvii' et au xviii* siècle a empoché le désastre d'être aussi grand qu'il aurait pu l'être.

Nous allons maintenant énumérer par ordre les différents dépôts où nous avons pu trouver des documents d'archives intéressant notre Collégiale.

Archives Nationales. — J, 176 ; K, 185.

Archives (t Indre-et-Loire. — Un très grand nombre de pièces soit à l'état d'originaux, soit à l'état de copies anciennes. Mais ce qu'il y a peut-êtr^ de plus précieux, ce sont les vingt-cinq volumes qui restent du répertoire général dressé comme nous l'avons dit au xvui» siècle. • Cette collection d'inventaires, dit M. Ch. de Grandmaison, dans laquelle sont analysés plus de cent mille documents remontant jusqu'au X" siècle, est assurément l'une des plus belles de France et doit contribuer le plus à relever les archives d'Indre-et- Loire aux yeux des hommes éclairés. »

Nous signalerons à l'occasion les volumes de ce répertoire qui ont été dispersés dans d'autres dépôts.

Archives de Loir-et-Cher. — Titres du x"* au xviii' siècle concernant la prévôté de Suèvres. Inventaire exécuté par Lemoine, archiviste de Saint-Martin, terminé en juin 1756.

Archives du Maine-et-Loire, — Titres du xn** au xviii'' siècle concernant les prévôtés d'Anjou et d'Antogné. Inventaire de la prévôté d'Anjou exécuté en 1779. Inventaire de la terre de Broon.

Archives de la Vienne, — Titres du xii** au xviii' siècle concernant la prévôté de Blaslay, les terres de Doussay, Puyraveau et Antogné.

Archives de la Sarthe. — Titres de différentes terres, du xV au XVIII* siècle. Rien qui concerne la prévôté de Mayet.

Archives du Cher. — Titres concernant la prévôté de Léré du ix« au xviii* siècle. Inventaire du xvjii® siècle.

Archives de Seine-et-Marne. — Titres concernant la baronnie de Donnemarie-en-Montois, rien sur Chalautre.

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