‹ La Collégiale de Saint-Martin de ToursChapitre 2 sur 41 · TRAVAUX D ENSEMBLE · texte numérisé non relu

TRAVAUX D ENSEMBLE

i*» La plus ancienne histoire complète est celle de dom Lesueur, bénédictin qui vivait au xvii* siècle. 11 obtint, en 1643, rentrée des archives de Saint-Martin et, énnerveillé des trésors qu'il y trouva, il entreprit d'écrire Thistoire de la Collégiale. Son travail est resté manuscrit. Il est intitulé : Abrogé de l'histoire du célèbre monastère de Saint-Martin de Tours recueilly particulièrement des anciennes chartes et autres documents de la ditte abbaye^ 1643. Il est contenu dans le numéro 13818 du fonds latin delà Bibliothèque nationale, fol. 213-240. Le texte suivant de la sainte Ecriture lui sert d'épigramme : a Sanctuarium tuum. Domine, quod firmaverunt manus tuœ {Exode, 15).» Après une courte préface, viennent six chapitres :' Chapitre I. De l'origine, progrès et divers succès de l'église Saint-Martin de Tours. — Chapitre II. Du grand honneur et respect que Ton a toujours porté à l'église Saint-Martin de Tours. — Chapitre III. Quels ont été ceux ^ui ont desservi l'église Saint-Martin de Tours et primitivement des moynes qui y furent au commencement. — Chapitre IV. Des chanoines qui succédèrent aux moynos en l'église Saint-Martin de Tours. — Chapitre V. Briefvc chronologie des abbés de Saint-Martin de Tours. - Chapitre VI. Des privilèges octroyés au monastère de Saint-Martin de Tours.

Cette notice est assez courte et donne très peu de détails. Il est regrettable que dom Lesueur, qui avait, comme nous le verrons plus loin, étudié de très près les archives de la Collégiale, n'ait pas entrepris un travail de plus longue haleine.

2^ Vingt années après le passage de dom Lesueur à la Collégiale, un chanoine de cette église, Raoul Monsnyer, entreprenait la publication d'une vaste histoire de Saint- Martin. Il avait déjà fait paraître un petit volume dans lequel il défendait les privilèges de son église attaqués par Launoy. L'ouvrage qu'il commiençait devait être un véritable monument élevé à la gloire de l'église à laquelle

il appartenait. Le titre, comme il était assez souvent d'usage alors, est fort long : Celebeirimœ Sancti Martini luronensis ad Homanam ecclesiam nullo medio pertinenlis^ christianissimorum regum patroni prœcipuiy historia gèneralis ab obitu et sepultura sanctissimi sut confessoris ad hase usque tempora per annorum seriem ubi licuit deducta, pturium oratoriorum et ecclesiarum . tamsecularium quam dependentium , fundationibus hactenus non visis ditata, antiquorum olim secu" larium episcoporum deinde abbatum factisomata, romanorum pontificum pro tempore existenfium loco nunc episcoporum suorum propriorumpluribus inititutis.bullis et rescrif,tis decorata^ supremorum denique tribunnlium Galliœ judiciis seu arrestis in adversarios suos propugnala^ studio et opère M.Radulphi Monsnier^ Parisini^ejusdem ecciesiœ canonici prxbendali et sacrœ facultafis Parisiensis doctoris theologi. 7mronibus^npud Jacoùum Flosseau^ti/pographum et bibiiopolamy via Travtrseria, (Il n'y a pas de date; c'est un volume infolio.)

L'ouvrage tout entier devait comprendre trois parties : 1° l'enfance, depuis les débuts jusqu'aux temps de Gharlemagne; 2* Tadolescence, depuis (^harlemagne jusqu'à la royauté d'Hugues Gapet ; 3* l'âge mûr, depuis Hugues Capet jusqu'à l'époque de Monsnyer. Mais l'impression fut arrêtée par l'ordre du chapitre, qui craignait que cette histoire ne vînt fournir des arguments aux adversaires de ses droits et de ses privilèges. Il n'y a d imprimé que la première partie et soixante huit pages de la seconde, c'est-à-dire jusqu'à la page 207. Même ce qui fut imprimé ne fut point tout d'abord mis en circulation, on le renferma soigneusement dans le trésor II semblait que legrand travail du chanoine martinien fût destiné à disparaître. On l'ignorait même dans le chapitre, lorsqu'un pur hasard vint le faire découvrir à un autre chanoine de la Collégiale, Michel Vincent. Un jour, raconte-t-il,que pour réparer les fenêtres on avait enlevé les vitres, un vent violent vint à souffler et fit tomber des planches sur lesquelles elles étaient entassées plusieurs des feuilles de l'ouvrage de Monsnyer. Des curieux les regardèrent et jugèrent qu'elles valaient la peine d'être lues. Michel Vincent en demanda un exemplaire au

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gardien des clefs du trésor. Voyant que la troisième partie de Touvrage manquait, il fit tout son possible pour retrouver le manuscrit de lauteur. Ses recherches furent vaines, tout ce qu'il put découvrir fut un supplément très imparfait. Il l'utilisa, comme il put« pour continuer l'œuvre de Monsnyer et afin de la compléter il y ajouta un certain nombre de suppléments : des textes, un bullaire qui va jusqu'à Sixte IV, une table des diplômes royaux qui va jusqu'à François P', deux dissertations sur Tétat des moines de Saint-Martin et sur Alcuin, le Rituel de Péan Gàtineauet un élat de la Collégiale.

Toute la partie manuscrite due à Michel Vincent est conservée à la Bibliothèque municipale de l^ours (1).

Tel qu'il est, cet important ouvrage est une ressource précieuse pour Thistoire de la Collégiale. Ce n'est point un livre d'une lecture intéressante. Ecrit en latin, il est assez mal composé. Mais il contient nombre de pièces m-ex/en^o, qui ont été détruites et qui no se trouvent que là.

3* Une troisième histoire, manuscrite aussi, fut composée par Chalmel, écrivain tourangeau, au commencement du dernier siècle. Elle n'offre rien de particulièrement remarquable (ms. de Tours, n» 1296).

4* Nous croyons devoir ranger dans ce paragraphe les travaux de Salmon, autre érudit tourangeau, du milieu du siècle dernier. Il n'a pas composé dhistoire de la Collégiale, mais il en a préparé une qui aurait certainement été fort complète. Onze gros volumes, conservés à la Bibliothèque municipale de Tours, contiennent les copies de pièces et notes de toutes sortes qu'il avait rassemblées dans ce but, ainsi que quelques essais de rédaction (2).

5** En dehors des ouvrages ci-dessus mentionnés, qui sont tous d'allure imposante, il faut en signaler deux autres moins considérables, au xviV siècle : Histoire de la fondation de Véglise de Saint-Martin de Tours, et de ce gui s'est passé Ae

(1) Ms. n* 12941295. LeIoDg, Bibliothèque historique, t. I, p. 362, dit que le manuscrit de Monsnyer est resté entre les. raains de ses héritiers, li était ciiez M. Lancelot, dil-il. avec des variantes écrites de la main de M. Baluze. Ce manuscrit n'a pas élé retrouvé.

^2)Ms. n«- 1280 à 1291.

plus considérable jusqu à présent, par Nicolas Gervaise, prévôt de Suèorei (à la suite de la Vie de suint Martin, Tours. 1699, in-4**) ; Histoire de Nqlise royale de Saint-Martin de TourSy par un religieux bénédictin de la congrégation de Saint'Maur (Etienne Badier), Tours, Barlhe, 1700, in-12. C'est une réponse au livre précédent.

6«0n trouve des notices sur l'histoire de la Collégiale dans les vies de saint Martin et nous devons signaler aussi quelques brochures à l'usage des pèlerins (Voir la Bibliographie).

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