‹ La Collégiale de Saint-Martin de ToursChapitre 5 sur 41 · TEXTES LITTÉRAIRES ET AUTRES · texte numérisé non relu

TEXTES LITTÉRAIRES ET AUTRES

AU premier rang des auteurs qui nous fournissent des renseignements sur Thistoire de Sainl-Marlin se place évidemment saint Grégoire de Tours. Ha vécu longtemps auprès du tombeau, il le visitait constamment; ce qu'il nous en dit, au moins pour son époque, est donc d'une grande autorité. Il est regrettable qu'il se soit montré si sobre de détails sur le clergé qui desservait alors la basilique.

Les œuvres de Forlunatei de Paulin de Périgueux oiïreni aussi quelque intérêt au point de vue qui nous occupe.

Les œuvres d'Alcuin^ ses lettres surtout, sont extrêmement précieuses pour rétudedeTorganisationdela communauté martinienne, de Técole, de la liturgie. Il en est de même de la Vita Alcuini^ écrite par un de ses disciples et dont les chapitres sur la vie d'Alcuin à Tours sont parmi nos sources les plus intéressantes (1).

Nous avons trouvé quelque chose dans un grand nombre de chroniques : nous mentionnerons seulement, ici, celles qui donnent une plus grande place aux faits qui concernent Sainl-Martin de Tours. Elles ont été recueillies par Salmon, dans ses deux volumes : Chroniques de Touraine et Supfilément aux Chroniques de Touraine,

La plus importante de ces chroniques est celle que Salmon appelle \di Grande Chronique de Touraine, Il l'attribue à Péan Gàiineau, auteur d'un Rituel ou Coutumier de la Collégiale. ïl lui semble que Tintérêt apporté par Tauteur de cette chronique à tout ce qui touche la Collégiale de Saint- Martin le désigne suffisamment comme un des chanoines de cette église. D'autre part, comme cette chronique a dû être terminée en 1227 et que Gâtineau, à cette même date, fondait son anniversaire à Saint-Martin, à aucun autre chanoine mieux qu'à celui-ci il ne convient d'en attribuer

(1) C'ebt à l'édition des Monumenta Gêrmaniœ que nous empruntons la plupart de nos citations des lettres d'Alcuin. Nous citons au contraire la VUa d'après Migne, t. C.

ïa composition. Quel qu*en soit l^auteur, elle contient beaucoup de faits intéressants pour notre sujet jus* qu'à Tannée 1227. C*est probablement aussi un chanoine de Saint-Martin que Pierre, fils de Béchin, auquel nous devons une chronique qui s'étend de Fan 1 apr^s Jésus-Christ à Tan 11:^. Un manuscrit de cet ouvrage contient des adfditions jusqu'en 1199(1). Comme le remarque Salmon, il devait même avoir entre les mains des diplômes perdus au dix-huitième siècle puisqu'il mentionne des donations dont on n'avait plus les actes à cette époque. La Chronique abrégée de Touraine est d'après Salmon l'œuvre de trois auteurs. Le premier, qui s'est arrêté^ en 1224, ne saurait être qu'un chemoine de Saint-Martin, étant donné la prédilection avec laquelle il mentionne tous les* événements concernant cette église. Peut-être, cependant, cette prédilection vient-elle uniquement de ce que l'auteur de la Chronique abrégée se contente de résumer la Grande Chronique, Une seconde addition va jusqu'en 1316 et une troisième jusqu'en 1317. Quelques mentions d'événements concernant Saint-Martin et trouvées à la fin de la Pancarte noire ont été éditées par Salmon sous le nom de Chronique de Saint-Martin de Tours, La Narratio de commendatione luronicœ provinci^ écrite par un moine de Marmoutier, probablement en 1225 (2), contient une courte histoire de l'église Saint-Martin jusqu'à l'année 1175, mais elle ne nous apprend rien que nous ne trouvions ailleurs (3).

(1) Cf. UoXinier.Manuel de Bibliographie historique, t. II, p. 79.D'après M. Halphen, Etude sur les chroniques des comtes d* Anjou, p. 52, Béchin aiirail eu entre les mains un recueil de notes réunies à Saint- Denis qui ont servi également à l'auteur des Gesta consulwn Ândegavemium.

(2) Halphen, Etudes sur les chroniques des comtes d^Anjou, Paris, Champion, 1906, p. 50.

(3) La Narratio de commendattone comprend : 1« une description de la Touraine, qui d'après M. Halphen, op. cit„p. 51, serait antérieure au XII* siècle ; 2» une liste des archevêques de Tours Jusqu'à Jean de Paye (1208-1228) ; 3» une histoire de l'église Saint-Martin jusqu'à l'année 1175; 4* une histoire de MarmoiiUer jusqu'à Innocent III ; 5» une notice sur les abbés de Marmoutier jusqu'à Hugues (1227).

Nous citons ces chroniques en indiquant la page du recueil de Salmon.

Dans le Supplément aux Chroniques de Touraine^ Tours, 1856, Salmon a imprimé le récit de Radbode sur la délivrance de Tours par rintervention de -saint Martin et le récit du Retour de Bourgogne attribué à saint Odon de Cluny. A ces deux ouvrages il faut joindre le recueil de miracles attribué à Herberne, archevêque de Tours, imprimé dans Balu2e,a/wceWawea,VII,169-175.0ne8tgénéraIementd*accord aujourd'hui pourrejeterrauthenticitédecesdeuxdocuments. Ils contiennent une série d'inexactitudes : la destruction de l'église de Saint-Martin et la prise de Tours par les Normands ont eu lieu le 8 novembre 853 et non en 856 ; les reliques du saint n*ont pas été rapportées de Bourgogne en 857; Tévêque d'Auxerre s'appelait Wibaudus et non Aimarius ; Mainolde,évéque du Mans, Siagrius, évéque d'Autun, Domnole, évêque de Troyes, n'ont jamais existé ; Rainon; frère d'Adalard, archevêque de Tours, était évêque d'Angers et non d'Orléans ; le retour de Bourgogne n'eut pas lieu après la conversion de Rollon, puisque cette conversion ne se fit qu'en 911 ; les Normands ont été obligés de lever le siège de Tours, non en 842, mais en 903 ; le corps de saint Martin a résidé non à Auxerre, mais à Chablis ; il n'y eut jamais d'Ingelger, comte d'Anjou. Le Retour de Bourgogne a dû être écrit au xii* siècle. Pierre, filsdeBéchin, ne semble pas l'avoir connu ; il est cité pour la première fois par Guillaume de Malmesbury en 1143. Le Recueil de miracles a été composé dans l'intention de compléter l'ouvrage précédent ; les procédés de style, le choix des expressions permettent de l'attribuer à la fin du XI* siècle ou au commencement du xii* (1).

Parmi nos sources d'ordre littéraire et narratif, nous mentionnerons encore : le sermon de saint Odon sur l'incendie de Saint-Martin ; — rauthenticité de ce sermon rejetée par les uns est acceptée par d'autres (2) ; — la vie d'Hervé trésorier de la Collégiale (Monsnyer, CeUberrimœ^ p. 203 et suiv.); — le Récit delà controverse entre Raoul ^archevêque de Tours,

i\) Nous ne faisons que reproduire les arguments de Mabille, dans le mémoire cité, sur les Invasions normandes. — Herberne fut sur le siège de Tours de 890 à 916.

(2)Molinier, Sources de CHistoire de France, t. II, p. 79.

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