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et le chapitre de Saint Martin (cat. n^ 183); — 56\ Agneiis et Burgundoforœ miracula (1141), circulaire au nom du chapitre de Saint-Martin de Tours imprimée dans Toussaint du Plessis (Histoire de l'Eglise de Meauz. Il, 36-30).
Quatre lettres précieuses pour Thistoire du culte de saint Martin et les traditions du chapitre sur sa propre histoire sont celles qu*adresseat à Philippe de Heinsberg, archevêque de Cologne (1167-1191), Hervé, abbé de Marmoutier, Renaud, doyen de Saint Martin, et Guibsrt, abbé de Gem* bloux. Nous les avons prises daus les Analicta Bollandiana. III, 217-257.
Péan Gâtineau, chanoine de Saint-Martin de Tours au commencement du xui* siècle, a laissé deux ouvrages inté-. ressants pour Tbistoire de notre Collégiale. Le premier est en vers français, et intitulé Vie et miracles de $alnl Martin ; le tiers en avait été publié par M, Bourassé (Tours, 1860, in-8) ; le tout a paru en 1897 par les soins de M. Sodherjelm d'Helsingfôrs, dans Bibliothek de$ literarischenVereim in Stuttgart, t. CCX. Cet ouvrage, au point de vue historique, est dépourvu de valeur : il nous intéresse cependant parce qu'il contient des détails sur Télat, les traditions, les coutumes de la Collégiale,
Bien plus important est pour nous l'autre ouvrage de Péan Gâtineau, le Rituel de Saint Martin. C'est à tort d'ailleurs qu on appelle cet ouvrage un Rituel : c'est plutôt un Coutumier, c'est ainsi qu'il est intitulé dans les manuscrits : Hœ sunt consuetudines ecclesiœ beati^ Martini luronensis. Il est divisé en deux parties, la première contient la description de la façon dont se célèbrent les ofGces à la basilique avec l'indication minutieusede ce qui revient à chaque officiant pour chaque cérémonie; dans la seconde se trouvent l'énumération des dignitaires ainsi que celle de leurs droits et de leurs attributions, la liste des établissements religieux en relation de dépendances ou de fraternité avec Samt- Martin, la description d'un certain nombre dusages particuliers. Comme on le voit, ce coutumier est extrêmement précieux pour Fhistoirede la Collégiale au xai* siècle. La tradition du chapitre en attribue la composition à Péan Gâtineau : il a dû ^tre rédigé vers 1227 (1). Il n'en existe
(1) Certainement après 1226, car il est question de la confraternité
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qu'un manuscrit ancien du xiii* siècle, conservé à la Bibliothèque municipale de Tours. Plusieurs copies duxvi** et du xvn* siècle sont conservées à la même bibliothèque et à la Bibliothèque nationale.
Malgré son importance, ce coutumier n'a pas encore été édité d'une façon convenable. L'édition de Nobilieau, Tours, 1873, ne compte pas; l'auteur, on ne sait pourquoi, coupe certains passages qui deviennent alors incomjtréhensibles. Mais c'est à tort que Ton fait peser la responsabilité de celte mauvaise édition sur Michel Vincent qui a donné une copie du coutumier à la suite de Thisloire de Monsnyer, copie dont Nobilleau s'est servi (1). La copie de Michel Vincent est presque entièrement conforme au manuscrit du xni* siècle. On trouve aussi de très longs passages du coutumier de Saint-Martin cités dan« Touvrage de Marténe, Dti antiquis ritibus. Ce que Nobilleau appelle la troisième partie du coutumier et qui! a publié, c*est-â-dire la liste des dignitaires, des |)ré\ôts, chapellenies, etc., n'a été rédigé qu'au xiv* siècle. M. Tabbé Fleuret a entrepris une édition de notre coutumier. Ce que nous avons vu est très bien lu et ponctué ; il est regrettable que ce travail ne soit pas mis dans le commerce.
Les livres liturgiques de Saint-Martin appartenant à celte période sont extrêmement rares, nous n'en connaissons que trois, un missel de la Bibliothèque municipale de Tours n* 193, et deux de la Bibliothèque nationale, fonds latin, 9434 (xr siècle) et 10504 (xiii^ siècle).
Enfin, il est une dernière classe de documents, qui peuvent se ranger parmi les documents diplomatiques, mais qui par leur importance valent la peine d'être mentionnés à part, ce sont les quatre grandes réformes opérées par des légats à Saint-Marlin durant le cours du xiii« siècle, en 1204, 1208, 1237, 1262. Elles concernent une foule de points de Torganisation de la Collégiale, tant au point de vue spirituel qu'au point de vue matériel. Elles n'ont jamais
de Satflt-Martin avec Mayence, confraternité qui fût renouvelée en ifM,
(t) Cette accnsâUon a élé porlôo par M. Desllle. Cf. Catalogue de la Bibliothèque municipale de Tours.
été imprimées ; le texte complet a été copié par Michel Vincent à la suite de Thistoire de Monsnyer.
Telles sont les sources auxquelles nous avons puisé pour composer ce travail : assez abondantes comme on peut le voir pour les xii* et xiii' siècles, elles le sont peu pour les époques qui précèdent, aussi nous avons été forcés de traiter sommairement, faute de renseignements, bien des points sur le>quels on aurait aimé avoir plus de détails. Tel qu'il est cependant, notre travail offre Tensemble le plus complet qui ait encore été imprimé sur Thistoire de la célèbre Collég^iale de Saint-Martin de Tours.
Nous avons divisé notre ouvrage en trois livres : dans les deux premiers, après un court chapitre sur le pèlerinage, nous avons étudié l'organisation spirituelle et matérielle de la communauté martinienne aux époques mérovingienne et carolingienne d'abord, puis à Tépoque capétienne. Le troisième livre comprend trois études que nous avons cru mieux faire de présenter dans leur ensemble : l'école, la liturgie, les basiliques.
On pourra trouver peut-être que nous faisons trop petite la part laissée à l'histoire générale dans notre ouvrage. Nous l'avons réduite autant que possible. Il ne nous a pas semblé ((u*il y eût intérêt à s'arrêter longuement sur des événements qui trouvent bien mieux leur place ailleurs. Ce que nous avons voulu faire, c'est une monographie précise et détaillée, uniquement composée de documents spéciaux. De rinédit, il y en a beaucoup dans notre travail, encore n'avons nous pas utilisé d'innombrables actes concernant des achats ou ventes et qui vaudraient pourtant la peine d'être recueillis (1).
Le Manuel des Imtituliom françaues de M. Luchaire, qui nous a servi de guide pour la période des Capétiens, offrait sur notre sujet une doctrine que nous n'avons pas eu à modifier. lien est un peu autrement pour la période précé-
(1) Espérons qu*un jour la Société archéologique de Touraine, qui a bien voulu accepter ce volume dans la collection de ses Mémoires, nous permettra de compléter noire œuvre en nous accordant de nouveau rhospitalité pour la publication des actes de la Collégiale. On aurait là un recueil d'une importance exceptionnelle pour l'histoire locale.
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dente, pour laquelle nous croyons avoir conlribué à éclaircir quelques points obscurs de l'histoire des institutions ecclésiastiques.
Les circonstances dans lesquelles nous nous sommes trouvé nous ont empêché de nous entourer autant que nous l'aurions désiré d'aide et de conseils et nous avons regretté plus d'une fois de nous sentir un peu seul en face d'une tâche si ardue. C'est une raison de plus, pour nous, de remercier plus vivement ceux auprès desquels nous avons trouvé quelque secours. C'est tout d'abord à M. Luchaire, professeur à la Faculté des lettres de rUniversilé de Paris, qu'iront nos remerciements, c'est sous son inspiration que nous avons entrepris celte thèse et sous sa direction que nous l'avons composée. M. L. deGrandmaison.le dévoué président de la Société archéologique de Touraine, a également un très grand droit à notre reconnaissance puisque c'est sur sa proposition et avec son appui que notre travail a été accepté dans la collection des Mémoires de la Société. Il s'est, de plus, imposé la besogne si aride de revoir toutes nos épreuves et nous lui devons nombre de remarques utiles. Plusieurs de nos confrères ont relu notre manuscrit et nous avons tiré grand profit de leurs observations ; qu'ils veuillent bien croire à notre gratitude !
Tel qu'il est, notre livre est le fruit de recherches longues et étendues ; nous espérons qu'il offrira quelque utilité à tous ceux qui s'intéressent à l'histoire de notre pays et que, s'il n'est pas l'histoire définitive de la Collégiale de Saint- Martin que i)ous aurions eu l'ambition de composer, il servira d'aide appréciable pour ceux qui reprendront la tâche après nous.