AIR
Le grand art de cuisine,
' Où je me crois ejpert.
Grâce à notre lésine.
Est un art qui se perd !
li faut do grosses sommes Pour se bien goberger ;
Dans le siècle où nous sommes On ne sait plus manger!
Vojcï dans l’bistoire Les gens d’aulrefois ;
On se faisait gloire.
Aux banquets des rois.
De manger, de boire Pendant tout un mois !
Ëcuyeis et pages,
Gens à tabliers,
Maltres-queulx, marmitons, aides et sommeliers, ,
A tous les étages.
Par les escaliers.
Descendaient et montaient des caves aux celliers.
Portant sur des plats informes.
Soutenus à quatre bras.
Des morceaux de viande énormes Et de grands pots d’iiypocra^t ,
Et du soir au matin, sans trêve, ni i elàclre,
Lf'S brorbos tournaient.
Les fourneaux flambaient.
Les viandes cuisaient!
Témoin les noces de Gamache,
Témoin les noces de Canal Mais nous ne faisons plus de ces bons dîners-là.
Le grand art de cuisine, >
Où je me crois expert,
Grâce à notre lésine.
Est un art qui se perd !
(Entre Mazet un panier à la main. J