SCÈNE III
MAZET, HORACE, MAITRE JEAN cæhé.
nOR ACE.
Seigneur!
MAZET
HORACE
Pourquoi ne m’as-tu pas réveillé ce matin*?
MAZET
Pour vous laisser dormir.
HORACE
Et pourquoi me laisser dormir ?
MAZET
Pour donner àla fortune l’occasion de vous rendre visite.
HORACE
Je l’ai trop maltraitée pour qu’il lui prenne jamais envie de revenir chez moi.
MAZET
Qui sait ?
nORACE.
Laissons la fortune en repos et déjeunons !
AClli 1. y
HAZET.
Avec quoi î
HORACE
Aucun gibier ne s’est-ü pris dans tes rôts?
MAZET
Aucun.
HORACE
En ce cas, mon pauvre ami, il faudra nous contenter Je quelques fruits de notre verger.
HAZET. ,
Vous êtes philosophe J Avouez, pourtant, qu’un peu d aisance ne gâterait pas nos affaires.
HORACE
Sans doute; mais à quoi bon désirer des biens qu'on ne peut avoir î
MAZET. '
Et s’il ne tenait qu'à vous de les acquérir?
HORACE
Comment ?
MAZET
Dites un mot, et je connais une fée qui changera d’un coup de baguette cette chaumière en une maison de plaisance.
HORACE
Une fée, dis-tu î
Oui, seigneur, à cela près qu’elle s’est déguisée en majordome pour venir nous faire les propositions de son maître.
HORACE
Explique-toi.
HaItRB JEAN, à ptrl, entr'ouTant Up«rte.
Nous y voilà.
HAZET.
Un riche seigneur de Pavie, grand amateur d'oiseaux rares, nous fait offrir d'acheter votre colombe à beaux deniers comptants.
HORACE
Te moques-tu de moi?
MAZET
Non vraiment. — Le seigneur dont je vous parle se nomme Lélio, et vous pourrez lui vendre l’oiseau au prix que vous voudrez.
LA COLOMUE.
HORACE. w '
Je n’ai que faire de son argent.
MAZET. . ' s
Son messager sort d’ici et si vous voulez que je le rappelle?..
Qu’il aille au diable!
UaItrE JEAN, à part. • . -
Bien obligé ! ...
MAZET
IdatS. « . . r *
HORACE
S’il ose paraître devant moi, je lui ôterai l’envie de revenir!
NaItRE JEAN, caché.
C’est bon à savoir 1 ' ' , s
MAZET
Vous ne voulez donc pas?... . ,
HORACE
Vendre ma colombe? Jamais!
MAZET
J’en étais sûr.