W., pp
de Tor, mieux rémunérée, les Indiens restent Texception parmi les mineurs dont Toccupation leur parait trop nouvelle et sans doute trop régulière.
Même résigné au travail manuel, l'Indien demeure un saisonnier comme ses ancêtres. Il va d*instinct à la besogne qui exige un gros effort, mais pour un temps court et qui permet de gagner vite ce qu'il faut pour le reste de Tannée. Il se laisse vivre ; l'ambition qui pousse l'Européen ou le Chinois ne lui est pas encore venue. Sauf les quelques exceptions indiquées plus haut, il ne désire pas s'élever hors du rang des travailleurs, il n'est même pas un travailleur moderne.
Aussi demeure-t-il subordonné au blanc, cantonné dans les ouvrages dont le blanc ne veut pas; il refuse parfois de les partager avec les jaunes comme on Ta vu récemment pour la cueillette du houblon sur le bas Fraser ^ Est-ce pour ces raisons que le siwash et le métis ne sont pas mal vus de la population conquérante, mais regardés avec une bienveillance un peu protectrice peut-être, en tous cas sans morgue? On dit volontiers que le passé des Peaux-Bouges, leur situation de premiers maîtres du sol, leur histoire pittoresque leur valent de la part des blancs des sentiments tout autres qu'à l'égard des jaunes ou des noirs : il semble en effet que le préjugé de couleur n'existe pas contre eux, mais c'est en partie parce que ni leur nombre, ni leur activité économique ne portent ombrage aux colons venus d'Europe.