‹ La Colombie britannique;Chapitre 121 sur 298 · Ibid,, p · texte numérisé non relu

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année pour la récolte du houblon ; d'autres cueillettes sont faites par les indigènes pour le compte des blancs'.

Ailleurs les Indiens se résignent à devenir ouvriers pour des spécialités auxquelles les préparent leurs traditions et leurs habitudes de travail. Depuis que le bateau de péché européen a remplacé le canot indigène, les naturels des îles et de la côte servent comme salariés sous la direction d'Européens. Pour la chasse aux loutres et phoques, on recrute les harponneurs parmi les Nootka de la côte ouest de Vancouver. Ce métier se perd aujourd'hui parce que les armements diminuent à cause du massacre qui a réduit le nombre des animaux à fourrures dans les eaux canadiennes. Mais la capture et la préparation du saumon promettent de durer encore plusieurs années; elles aussi sont dirigées par des capitalistes blancs, elles aussi emploient des indigènes; les siwash servent concurremment avec les Japonais, comme bateliers et pêcheurs, les femmes et filles indiennes se placent dans les fabriques de conserves, de sorte que toute la famille trouve emploi comme chez nos sardiniers bretons. Pendant la saison, Haïda des îles de la Reine-Charlotte, Tsimshian et Athabascains de la Skeena, affluent aux fabriques de la côte nord, tandis que celles du delta attirent à la fois des naturels du Fraser et de Tîle Vancouver*.

Les chantiers de bûcherons et les scieries occupent aussi un certain nombre d'Indiens; dans les écoles professionnelles on les forme aisément à ce métier ainsi qu'à ceux de charpentier et menuisier; il leur semble qu'ils ne dérogent pas en travaillant le bois comme leurs ancêtres. D'autre part l'intérêt bien entendu inspire ceux de plusieurs réserves de la côte nord qui vendent les arbres de leurs forêts, discutent les prix avec compétence et commencent à établir eux-mêmes des scieries*.

L'appât de salaires plus élevés que ceux de l'agriculture, de la pèche, de la forêt, décide nombre de Peaux-Rouges à s'engager comme débardeurs dans les ports bûcherons ou charbonniers, surtout à l'île Vancouver. Là un Indien gagne, aux moments de presse, jusqu'à 16 ou 18 francs par jour, mais, dans cette profession, le travail va par à-coups. Sur le continent on trouve à recruter des ouvriers indigènes pour les entreprises publiques, les routes, les digues, le chemin de fer*. Toutefois, dans une province où l'ouvrier européen préfère à toute autre besogne l'extraction du charbon ou

1. An, Bep, Indian Affairs, 190^-5, pp. 205, 212, 264. — La Gazette du Travail, 1905, octobre, p. 428; 1906, oct., p. 406 (Indiens faisant alternativement la pèche et la cueillette du houblon).

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