An, Hep. Land and Works, B. C, 1903-190^, p
3. Macoun, Handhook of Ca,, pp. 277-278. — W. D. WiLCOX, The Rockies of Canada, p. 159.
eoloinbiens reconnaissent que les Indiens, avertis par une terrible expérience, se montrent très prudents quand ils font leur cuisine au voisinage des bois, tandis que les Européens allument des foyers sans précaution'. En outre le colon, pour s*épargner la peine, défriche par le feu, l'éleveur enflamme la prairie pour engraisser le sol et faire place au gazon neuf, et tous ces procédés causent chaque année de nombreux incendies contre lesquels il a fallu prendre des mesures préventives.
Dans la zone comprenant 32 kilomètres à droite et à gauche de la voie ferrée, placée sous Tadministration des services fédéraux, existent des surveillants (fire rangers) ^ sortes de pompiers de la brousse, qui s'engagent, moyennant une indemnité, à s'efforcer de circonscrire les incendies dès qu'ils se déclarent.
Sur les domaines de la Province, une loi spéciale, \q Bush Fire Act^ interdit de défricher ou de détruire le gazon par le feu durant la saison sèche, c'est-à-dire du l*' mai au 1" octobre; elle impose aux locomotives et machines à vapeur des dispositions qui rendent leurs étincelles moins dangereuses. Mais, vu les difficultés du contrôle, cette loi ne peut être mise en vigueur. On n'arrive même pas à faire la statistique de tous les feux de brousse ; bien plus, la Province ne connaît pas encore exactement ses forêts, partie la moins accessible d'un territoire trop grand pour sa population. Les concessions s'y donnent parfois au jugé, car il faut bien commencer par exploiter le sol avant de trouver les ressources nécessaires pour le cadastre.
Les bois sans maître appartiennent à l'État. Dans les parties qui ne sont pas aliénées ou louées, les colons ou les concessionnaires de lots miniers peuvent se faire accorder le droit de couper des arbres pour leur usage moyennant un léger droit d'enregistrement, qui, pour un agriculteur, ne dépasse pas 1 fr. 25 par an.
Les forêts peuvent être données ou vendues avec le terrain qu'elles couvrent; tel est le cas pour les grandes concessions accordées en primes aux compagnies de chemins de fer. En dehors de ces cas, on ne demande point ordinairement à devenir propriétaire des forêts, car le sol qui fournit le bon bois de charpente n'est pas toujours, dans l'Ouest, celui qui convient le mieux à la culture; les colons trouvent encore de la place sur les espaces découverts des plateaux ou dans les vallées couvertes d'arbres aquatiques qu'on détruit par le feu. Généralement, on se borne à louer pour exploitation les
1. 7^ Report of the Départ of Agric, B, C, 1902, pp. 219, 225.
places à bois de charpente {timber limits). Ici les divers modes d'usage sont réglés par une législation spéciale imitée de celle qu'a établie la Fédération.
On vend aux enchères pour une période limitée des licences ou permis de bois, qui donnent lieu à redevance {fee).
On concède en location {leasehold) pour une période de vingt et un ans avec faculté de renouvellement, des sections du domaine forestier : le loyer est de 1 fr. 90 par hectare; par chaque fraction de 160 hectares pouvant traiter 370 mètres cubes de bois et travaillant six mois par an, le locataire doit installer une scierie.
En 1903-1904, les redevances et les loyers ont produit 1 253 920 francs. Les concessionnaires de lots doivent, comme ceux des terres cultivables et des mines, délimiter leur lot et le faire cadastrer à leurs frais. On leur impose l'obligation d'en tirer au moins 37 mètres cubes de bois par 24 hectares.
Sur le bois coupé, le gouvernement perçoit des droits (royalties)^ analogues à ceux qui sont imposés aux produits des mines; ils se divisent en trois catégories suivant qu'il s'agit de bois de chauffage {cord wood)y de charpente {timber) ^ de bardeaux (shingles). En 1904, la Province a recueilli de ce chef 780845 francs nets.
Enfin, comme la Province exporte, et n'importe pas, elle a pu établir sur les bois travaillés et sur les bois exportés des droits de sortie qui, en 1904, ont produit 46 605 francs.
Les bois lourds recherchés pour l'ébénisterie sont, par ordre de poids spécifique, l'arbousier, le chêne de Vancouver, l'épine blanche, le pommier sauvage, les deux premiers, arbres de la côte, les autres, arbustes qui prennent taille marchande sur la côte seulement. Ensuite viennent l'if, seul résineux qui se classe hors des bois légers, et les érables, également arbres du littoral. Mais la grosse exportation de la Province consiste en bois de charpente et bardeaux fournis par les conifères, surtout la pruche ou hemlock {Tsuga Mertensiana)^ le sapin de Douglas, le cèdre {Thuya gigantea), qui dominent la forêt du Pacifique et celle des montagnes.
Dans les vallées de la Chaîne de l'Or, des Selkirk, des Rocheuses, des scieries occupent les bonnes places où les billes descendent par flottage en ces « marmelades » {logjams), si fréquentes sur les cours d'eau de l'Amérique septentrionale, et où le bois façonné peut être embarqué dans les trains. On en trouve également au voisinage des grandes mines et des usines en fusion; elles ont leur importance dans la vie économique, mais dépendent d'autres activités, conséquence et non cause initiale de la colonisation.
C'est sur les côtes des îles et du continent, au fond des fiords, ports fournis par la nature, près des cours d*eau abondants et rapides, propres à faire mouvoir les scieries, que se trouvent les principales exploitations. On peut dire que Findustrie du bois appartient à la zone maritime. Elle y continue au sud celle du Washington, l'une des plus importantes aux États-Unis; elle s'y prolonge au nord plus loin que les cèdres et les sapins de Douglas, dans la forêt de Picea Sdchensis jusqu'à la frontière de l'Alaska, où le bois ne peut plus donner que des poteaux de mines ou de la pâte à papier. Sur toute cette ligne elle fait naître des groupes de population.
Le camp de bûcherons (logging camp) s'établit sous des tentes ou des baraques en forêt vierge; à de longs intervalles, il reçoit des nouvelles et des vivres de conserves par le croiseur à bois {timber cruiser) qui vient chercher les billes {logs). On se contente d'y abattre les arbres, de les ébrancher, de les traîner au rivage. Si la place est bonne, on installe une scierie mécanique mue par une chute d'eau ou par la vapeur d'une chaudière chauffée aux branches; la dépense représente environ 3 500 francs pour traiter 37 mètres cubes par journée 4e 10 heures. Grâce à cette machine, le bois coupé (timber) que fournit le camp se transforme en équarri, flacheux ou méplat [square^ waney ou flot timber) , en bois de charpente ou « bois de service », comme disent les Canadiens français {lumber) ». On le d^rossit de tout ce qui l'alourdit ou de ce qui encombre inutilement le bateau exportateur. Auxiliaires indispensables, les scieries annoncent de loin, par le panache de leur fumée, les camps bûcherons importants des îles et des fîords.
Plus rares sont, en dehors des villes, les installations complètes qui fabriquent les pièces de charpentes, les planches, pour construire les chalets des colons, les bardeaux (shingles) pour les couvrir, les pavés de -bois {wood blocks) pour les rues; plus rares encore celles qui découpent et assemblent les parties des portes et des fenêtres (sash and door factories). On élève ces établissements à portée d'un village indien pour avoir la main-d'œuvre. L'Européen préférant les mines, un marchand de bois ne saurait guère lui demander autre chose que le travail de bûcherons payé de 5 à 10 francs, limité à 8 heures par jour, et interrompu toutes les fois qu'il fait mauvais temps, c'est-à-dire fort souvent sur la côte ; dans les scieries ou fabriques, en dehors des villes, on ne l'emploie guère que comme contremaître ou gérant si l'on a des Indiens. C'est ainsi que dans les par-