La Gazette du Trawûl, octobre 1906, p
3. An, Rep. Vancouver Board of Trade, 1903^, p. 34; f^04-5, p. 28.
Par les tableaux précédents, on voit que les acheteurs sont les pays qui demandent des poteaux pour les mines, des traverses pour les voies ferrées, des matériaux de construction; on constate aussi que les fluctuations des mines et de la colonisation, sans parler des variations douanières, mettent dans ce commerce une incertitude constante et que les grands marchés d'une année ne sont pas toujours ceux de la suivante. S*assurer une vente régulière^ c'est le grand souci des marchands de bois colombiens. Menacés par les Etats-Unis qui protègent leurs scieries et ferment leur marché par de hauts tarifs, les Colombiens réclament i la Fédération un droit de représailles contre la charpente américaine. Ils ont déjà obtenu que le bois coupé sur les terres publiques i Touest de la Chaîne côtière fût obligatoirement travaillé daub les scieries de la Province*. Préoccupés de s*assurer la clientèle des mines dans tout TEmpire britannique, ils poussent à la conclusion de traités commerciaux avec le Royaume-Uni, l'Australie, s'il est possible, l'Afrique du Sud *. Ici leurs intérêts s'accordent avec ceux des agriculteurs qui travaillent, eux aussi, pour l'exportation; ils heurtent ceux des industriels qui voudraient, par un renforcement des droits protecteurs, conserver le monopole du marché canadien.
Sur le territoire même de la Fédération, la colonisation rapide de la Prairie sans arbres ouvre un débouché aux matériaux de construction fournis par les scieries colombiennes. Elles en profitent dans la mesure où les prix du chemin de fer permettent l'expédition avec chance de bénéfice et où les concurrents américains leur laissent l'accès des marchés intérieurs. En 1902, par exemple, le peuplement des Provinces nord-ouest a créé une brusque demande de bardeaux : la Colombie en a fait plus de 560 millions, dont550 pour les nouvelles provinces*, et le gouvernement, afin d'encourager l'exportation, a diminué le droit de sortie sur les bardeaux. D'autre part, entre les grands lacs et Vancouver, les chemins de fer demandent 3 millions et demi de traverses par an, les télégraphes 30 000 poteaux, fournis en partie par l'Ouest, en partie par l'Est. Chaque année, on couperait en Colombie 30000 arbres pour les ponts et constructions de ce genre. On calcule qu'un dixième environ du bois ouvré colombien se vend dans la Prairie *.
Les industriels cherchent à tirer des forêts de nouveaux produits.