‹ La Colombie britannique;Chapitre 172 sur 298 · LÀ VIE MINIÈRE · texte numérisé non relu

LÀ VIE MINIÈRE

gisement riche est une bonanza^ un rouleau à écraser le minerai une arrastra ' ; on entend dans la bouche des prospecteurs un singulier mélange de termes géologiques comme diorite, diabase, dyke, et de sobriquets inventés par eux, gouge * (intrusion), black jack (la blende); ils ont la pratique d*un métal, dune forme de minerai, d'une sorte de gisements, et, dans ce domaine étroit, ils s*orientent avec un flair surprenant.

D*habitude ils partent par petits groupes ; souvent un last chance expérimenté, mais à bout de ressources, s'associe un tender foot qui fait les frais de Texpédition. Portant couvertures, outils et bottes de conserves, ou traînant derrière eux un ou deux chevaux de charge, ils s'écartent des chemins tracés, s'enfoncent au milieu du désert ou montent jusque près des neiges éternelles, au-dessus de la ceinture de forêts des montagnes , barrière qui gène leurs recherches. En route, ils couchent à la belle étoile.

Croient-ils avoir découvert une bonanza, les plus pressés d'argent tâchent d'en vendre le secret à un autre qui demandera la concession du daim, à moins qu'il ne revende l'espoir de richesse sitôt acquis.

Les autres marquent un rectangle à leur nom et le font enregistrer sous une appellation spéciale, conformément à la loi. On ne se met guère en frais pour chercher ces nouveaux noms : ce sont parfois ceux du prospecteur ou du premier occupant; les porte-bonheur sont aussi communément employés, Horse Shocy Blue Bell, Silver Bell, ou bien encore on évoque les lieux célèbres par la richesse de gisements analogues à ceux qu'on vient de découvrir, et l'on dit New Denver, Anaconda, la Plata, Colorado, Comstock, Idaho, Alamo. En Colombie les noms ressemblent à ceux de l'Ouest américain; tout au plus trouve-t-on quelques « saints » dus à des Canadiens français; deux ou trois King ou Le Roi rappellent qu'on a passé la frontière des États-Unis oji plusieurs mines sont baptisées Republic et qu'on se trouve, suivant la plaisanterie des Yankees, in the clutches of the King.

Une fois les daims enregistrés, mineurs individuels et mineurs des compagnies dressent une tente sur leur lot ou s'y bâtissent une cabane de troncs quand la forêt n'est pas loin. Avec eux, les arbres ne durent guère : pour les maisons, pour le combustible, pour le matériel d'exploitation, pour les poteaux, il faut du bois et on le prend sans ménagement. A portée de chaque mine importante ou

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