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An, Rep, Mines, B, C, for i90U, p

société assez riche pour traiter les minerais pauvres ou difficiles à réduire {loto grades y refraciory ores).

Aux « périodes d'excitation », c'est-à-dire quand un métal fait prime ou quand s'ouvre une nouvelle région minière, les saloons des camps fourmillent d'individus aux poches pleines d'échantillons qui cherchent partout acquéreur pour leur secret ou leur claim ; le prix varie suivant le minerai et sa teneur en métal. Mais c'est une industrie précaire. En effet les sociétés tendent à employer des salariés pour les reconnaissances préliminaires ; des compagnies spéciales se sont fondées pour entreprendre la prospection; l'une d'entre elles opère dans l'tle Vancouver. Ainsi la loi de concentration industrielle s'applique même à des opérations qui semblaient devoir rester individuelles.

Les sociétés minières ne se contentent pas de claims comme dans l'exploitation des placers ; elles achètent les mines métalliques et c'est la première phase d'une domination capitaliste que l'étude des établissements de réduction montrera plus complète encore.

Au sortir de la mine, pour traiter le quartz, on réalise en quelques instants le lent travail par lequel la nature a réduit la roche en sables et boues : on la brise, puis on la broie avec de l'eau pour en faire de la pulpe. Or le quartz se présente en veine et brèches compactes et très dures ; pour en détacher les blocs il faut employer la dynamite. D'autre part, on a vite épuisé la partie de surface : il faut ensuite creuser des galeries pour rechercher la veine payante, souvent coupée par des failles, pour aller rejoindre les filons souterrains {deep levels). Et ce n'est là qu'une partie des opérations pénibles et coûteuses ; la réduction réserve d'autres difficultés.

Tant qu'on en est à la surface extérieure du filon, on peut retirer l'or par simple amalgamation : en effet, dans les parties voisines de l'atmosphère l'air et l'eau ont détruit les combinaisons où les parcelles d'or étaient emprisonnées et ont mis le précieux métal en liberté comme dans les alluvions. Sous cette forme, on l'appelle free milling gold. Pour le recueillir, on fait passer le quartz broyé dans des bocards ou moulins californiens (mills) mus par l'électricité, la vapeur ou l'eau : broyage et amalgamation s'y font en même temps.

Dès qu'on attaque l'intérieur du filon ou le quartz des niveaux inférieurs, l'or se présente sous forme de sulfures, de tellures et d'autres combinaisons qui ne s'amalgament pas : ce sont les minerais réfractaires ou rebelles {rebellions ores). Us se perdraient avec les résidus si l'on n'avait trouvé le moyen de les fixer en employant d'autres corps que le mercure ; le procédé habituel au Canada est

la cyanuration inventée pour le traitement du quartz au Transvaal en 1887 et perfectionné aux États-Unis. La cyanuration et les autres méthodes fondées sur le même principe sont communes à For du quartz et i celui qu*on trouve dans les filons complexes K

Pour les employer, on fait d^abord la concentration, c'est-à-dire qu'on réduit sous le volume le plus petit, en les débarrassant des matières étrangères, toutes les combinaisons rebelles à Tamalgamation; les concentrateurs sont le plus souvent des vans mécaniques animés d'un mouvement latéral : la pulpe sortant des concasseurs et broyeurs y passe plusieurs fois, le mouvement chasse les résidus plus l^ers tandis que les fragments chaînés de métal, plus pesants, se déposent sur la toile ou sur le caoutchouc qui forment le fond des vans.

On emploie aussi, pour les minerais pauvres, des classeurs et séparateurs par voie humide où la pulpe est délayée, agitée, lavée, où les parties se déposent ensuite par Teflet de la densité.

Les concentrés sont ensuite soumis à un grillage qui détruit les combinaisons organiques et chasse Teau introduite pendant les opérations précédentes.

Ils passent alors dans les cuves {tanks) renfermant une solution de cyanure de potassium qui réagit sur les minerais réfractaires, prend la place des sulfures et forme avec For une nouvelle combinaison moins réfractaire.

Le principe des autres méthodes est le même; ce qui change c'est surtout le produit chimique employé : on recourt tantôt au bromocyanure, tantôt au chlorure de chaux. A Rossland on utilise l'affinité du pétrole pour l'or.

Les concentrés ainsi obtenus sont soumis à une dernière opération qui a pour but d'isoler l'or en détruisant la combinaison artificielle.

Après la cyanuration, ou bien on précipite l'or en faisant séjourner le cyanure dans les cuves de zinc, ou bien on sépare l'or de la combinaison par l'électrolyse, c'est-à-dire en employant la pile électrique : ce sont là les deux procédés usités en Colombie.

1. D. Levât, pp. 586 et suiv., 633 et suiv., 638 et suiv. — An, Rep. Minet B, C, p. ex, iOOo, plans de la p. 92.

En Colombie les filons complexes fournissent à la fois les métaux nobles et les métaux vils * et quoique les premiers s'y présentent en quantité minime, c'est à cause d eux qu'on a commencé l'exploitation. L'argent avant sa baisse fut le grand adjuvant, l'or l'est aujourd'hui parce que son prix élevé se maintient avec une exceptionnelle fermeté ; on peut donc compter sur lui pour rémunérer les travaux de réduction qui sont dans l'espèce compliqués et coûteux. En effet le traitement des minerais complexes ne se fait point sans four de fusion ou du moins sans un matériel d'usine tout spécial, de sorte qu'avec leur extraction apparaît un commencement d'industrie métallurgique. Quiconque possède des capitaux suffisants se voit intéressé à développer son outillage, pour augmenter le nombre des métaux € sous-produits » et travailler sur des gisements différents. Comme, en effet, les prix varient sans cesse, on doit se mettre en mesure de livrer suivant l'état du marché, tantôt le plomb et l'argent, tantôt le cuivre ou le zinc.

Aussi l'intérêt commercial a-t-il amené des progrès toujours croissants dans l'extraction et la métallurgie des minéraux complexes. On les travaille surtout aux États-Unis où leur exploitation a commencé après que la première ligne transcontinentale permit de considérer les gisements des montagnes en c proposition commerciale », suivant l'expression américaine. Dans les premières années, on traita la galène, sulfure de plomb, qui contient une quantité plus ou moins

1. Di Lkwxi.VArgent. — Weiss, Le Cuivre, — X^ Censui ofthe U, S. t XUI, pp. xu et 8. — ScHif ABBU Tr. de métaHurgU gén,y 2* tr. fr. P. 1905. — Le Mexique au <«6. du XX* «., P. 1905, t. II. pp. 296-314. (Minei et Industr. min,, p. de Launat).— J.-F. Kbmf (Bibl. n* 81). pp. 188-225(cii.)et260-279(pl.etarg.).— B.-D. Pitirs. ThePrine.ofCopperSmeUing, N.Y. 1907.

grande de sulfure d'argent et souvent des traces d'autres sulfures ^ : la galène est en effet le plus répandu des minerais complexes ; il fut le plus avantageux entre 1860 et 1880, avant la baisse de l'argent; enfin la réduction de la galène était connue dès l'antiquité et les Américains n'eurent qu'à la perfectionner.

En Colombie, l'exploitation a commencé de même par la galène. Quand les mines des États-Unis commencèrent à s'épuiser, les propriétaires d'établissements de réduction allèrent chercher le minerai par delà les frontières, au Mexique d'abord, et, plus tard, au Canada. Vers 1887, on commença d'exploiter pour les États-Unis les mines colombiennes de plomb argentifère. La valeur de l'argent extrait de Colombie resta supérieure à 500 000 francs par an jusqu'en 1893, puis elle s'éleva rapidement jusqu'à 17 millions de francs en 1897. L'extraction du plomb, inséparable de celle de l'argent, avait commencé en même temps et progressait elle aussi.

En 1897, les propriétaires de mines aux États-Unis réussirent à faire voter un droit prohibitif de 0,075 par livre (anglaise) sur les plombs et minerais de plomb importés aux États-Unis. Pendant les deux années suivantes, l'extraction du plomb et de l'argent baissa en Colombie, mais les réducteurs américains vinrent installer leurs concentrateurs et leurs usines en Colombie comme ils l'avaient fait au Mexique. Ainsi commença la métallurgie colombienne sous la direction des Américains qui en sont encore aujourd'hui les maîtres.

L'argent et le plomb ne furent plus seulement extraits, mais encore fondus en lingots sur le territoire canadien. La valeur de l'argent produit en Colombie s'éleva à 14 429725 francs en 1901, celle du plomb à 13 459725 francs en 1900, les deux meilleures années de l'histoire colombienne pour l'un et l'autre de ces métaux. Mais la baisse continuelle de leur cours fit tomber en 1903 la valeur de la production du plomb à moins d'un quart de celle de 1900, celle de la production d'argent à près de la moitié de 1901.

Menacés de ruine, les propriétaires de mines et d'usines de fusion s*adressèrent au gouvernement de la Puissance et réussirent à obtenir de lui, à la fin de 1903, une forte prime à la production du plomb*. Dès 1904, les mines et les fours se rouvrirent, la production remonta; en 1905, elle vient immédiatement, pour les deux métaux, après celle des deux années phénoménales 1900 et 1901. Il est à noter que la prime fédérale ne profite qu'à la Colombie, seule province produc-

1. FuCHS et DE Ladrat, Traité des gîtes minéraux et métallifères, t. II, pp. 484, 488.

2. Report of the Comm, app. to inoestigate the Zinc Resources of B. C, 190âi, (BibL n* 77), pp. 376-377.

trice de plomb et qu*en Colombie elle n'a poussé à faire la production que dans une seule division (Fort Steele, Eootenay sud-est), qui, en 1905, possède seulement deux grandes mines actives dont Tune, Saint-Eugène, donne, pour ces années, 75 p. 100, et l'autre, Sullivan, 20 p. 100 du plomb de toute la Colombie. Saint-Eugène fournit, en même temps, plus de 50 p. 100 de Targent [colombien (p. 347). Dans les autres divisions, la production a remonté depuis la prime, mais elle stationne ou décroit entre 1904 et 1905, sauf dans le district de Nelson, beaucoup moins important que Fort Steele.

A côté du plomb argentifère, on s'est mis à traiter le cuivre auriargentifère, suivant des méthodes importées des États-Unis par des Américains, en 1894.

En 1904, 20 p. 100 de l'argent était extrait des minerais de cuivre ; en 1905, la proportion s'était élevée à 30 p. 100*.

La production du cuivre pour 1905 est la plus forte qu'on ait vue en Colombie. Un seul district en produit les deux tiers, celui de la Boundary, que l'on a vu jouer un rôle si important dans la production de l'or tiré des mêmes minerais complexes qui donnent le cuivre '.

Le zinc se rencontre sous forme de blende ou sulfure dans les minerais complexes de Colombie, surtout avec les galènes des monts Selkirk, entre le lac Eootenay et le lac Slocan. Depuis longtemps les Américains savent l'isoler des autres minerais, le concentrer et le fondre. Dans le district du Slocan et les avtres où il se rencontre en Colombie, la blende ne fut d'abord qu'un embarras dont la présence faisait baisser le prix du minerai; en 1905 seulement, le Slocan a pu vendre, aux États-Unis, un peu plus de 9000 tonnes de minerais concentrés valant environ 696 000 francs'.

Le fer, très abondant sous forme de magnétite, n'est pas exploité malgré plusieurs tentatives. Il en sera question à propos des groupes des mines côtières (pages 300-301).

Pour traiter le minerai complexe, on recourt à deux séries d'opérations : 1^ la concentration qui se fait en partie près des mines ; 2^ la fusion qui s'opère dans quelques usines spéciales. L'une et l'autre sont des perfectionnements américains de méthodes en usage depuis l'antiquité dans la métallurgie de l'argent et du plomb. Les anciens, en effet, ne connaissaient guère, comme minerai d'argent, que la galène, sulfure du plomb auquel est associé, en quantité plus ou moins grande, du sulfure d'argent. Us la broyaient, puis la fai-

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