‹ La Colombie britannique;Chapitre 199 sur 298 · An. Rep, Victoria Board of Tradêj 1906, p · texte numérisé non relu

An. Rep, Victoria Board of Tradêj 1906, p

détachement de fusiliers et de canonniers britanniques; aujourd*hui la garnison est canadienne. La division navale anglaise va être remplacée par quelques croiseurs canadiens, malgré la protestation de la branche locale de la Navy League impériale. Esquimalt gardera des cottes rouges et des jaquettes bleues, mais elle perdra Tétat major anglais cher à la société élégante de Victoria et qui maintenait dans cette ville, comme à Halifax, quelque chose des traditions aristocratiques anglaises. Jusqu'aux dernières élections, Halifax et Victoria restaient conservatrices et impérialistes. En 1904 Victoria a voté pour des libéraux; en 1905 la Chambre de commerce a refusé de s'associer à la protestation de la Navy League. Victoria, menacée par la concurrence de Vancouver, devient, elle aussi, une ville de pays neuf, préoccupée de l'avenir plus que du passé.

Esquimalt et les autres groupements de la banlieue sont reliés à Victoria par des tramways électriques.

De la capitale partent encore deux chemins de fer à voie normale. L un n'a que 26 kilomètres : il traverse du sud au nord, dans toute son étendue, la péninsule de Saanich qui borde le détroit de Haro pour aboutir au petit port de Sidney près de North Saanich.

L'autre, desservant sur 116 kilomètres de long la bande sédimentaire relativement plane qui borde la côte sud-est (p. 24), relie Victoria aux importantes houillères de Nanaimo et Wellington sur le détroit de Géorgie. On l'appelle chemin de fer Esquimalt Nanaimo. C'est la ligne que la Compagnie du Canadien PaciGque vient de reprendre avec toute la concession faite au premier exploitant, c'està-dire 600000 hectares qui forment plusieurs morceaux sur la bande minière et cultivable depuis Otter Point, au sud-ouest de Victoria, jusqu'à Comox, 100 kilomètres au nord du terminus actuel *.

Imitant les procédés d'une entreprise américaine qui a loti un domaine forestier du même genre à Bellingham dans le nord du Washington, le service des terres du Canadien Pacifique fait déboiser les meilleures parties, à peu près 1/15 du total, en les louant à des marchands de bois, puis le sol une fois éclairci, il le fera défricher afin de l'ameublir et de le préparer. Alors seulement il le mettra en vente par lots de 40 hectares au maximum. Ces opérations ont commencé dans les parties vierges, au milieu et au nord de la ligne '. Ainsi on espère que le colon ne sera plus découragé, comme jus-

1. An. Rep, Victoria Board of Trade, 1905. — Public, de la Victoria Tourisis Association (Picturesque Victoria, etc.).

2. An. Tiep. Victoria Board of Trade, 1905, pp. 17-18, 27-31.

qu'à présent par Tobstacle qu'oppose à ses efforts la forêt haute et drue de l'île Vancouver : en moyenne le défrichage y coûte 1225 francs l'hectare; près de Nanaimo, il va jusqu'à 2500. Une brochure de propagande en met le prix à 1 175 francs l'hectare dans le district de Cowichan, et elle est fort optimiste*.

Quand le sol est enfin nu, les peines du cultivateur ne touchent pas à leur fin : il se trouve en face d'ondulations de limon gras mélangé de sable, surmonté parfois de blocs et de cailloux glaciaires; dans les parties creuses les plus fertiles, l'alluvion noire (black muck) qui forme le sol repose sur un sous-sol imperméable d'argile bleuâtre probablement déposé par les glaciers; l'eau s'y étale formant des marécages et des tourbières semés de taillis d'aulnes et gardent parfois les restes des digues élevées par les castors. Si les arbres n'y ont pas la même vigueur que sur les pentes, en revanche l'humidité ne permet guère de les détruire par le feu; puis, quand on les a fait disparaître, il faut drainer '.

Tous ces obstacles sont cause que le défrichement reste sporadique, sauf autour des villes, et qu'il s'arrête vers le nord, à Comox, devant les aulnaies et les marécages littoraux.

Vers le sud, la construction des villes, des ports, des voies ferrées, les galeries de mines, donnant un débouché au bois, ont encouragé la coupe des sapins, préliminaire indispensable de toute culture; puis l'augmentation de la population urbaine a fourni des acheteurs, poussant les colons à mettre en valeur le sol défriché. Aussi voit-on presque partout des fermes sur la longueur de la ligne. Mais la proportion des cultivateurs est encore bien faible. Dans le district électoral de Victoria, celui où ils ont le plus de chance de vendre leurs produits avantageusement, on ne trouvait en 1901 que 161 propriétaires et 78 locataires agricoles'; dans cette région le travail des champs est fait sous la direction d'Européens par des salariés japonais; en 1901, on trouvait dans l'île 1243 Japonais non naturalisés, le plus gros groupe du Canada après celui de la ville de Vancouver; 287 de ces Japonais habitaient dans la petite circonscription de Victoria. Un travailleur agricole se fait donner outre la nourriture et le logement 50 à 75 francs par mois s'il est Japonais, 100 francs s'il est blanc ^.

Plus on s'éloigne vers le nord, plus il devient difficile de trouver

1. Agricult, in B, C, 1904, pp. 108 et 110. — Cowichan V. L as a Home, Victoria. 1901, p. 6.

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