‹ La Colombie britannique;Chapitre 218 sur 298 · An, R^, Vancouver Board of Trade^ 1906-06^ pp · texte numérisé non relu

An, R^, Vancouver Board of Trade^ 1906-06^ pp

LA COLOMB» BRITAMNIOUK. 21

Z%t LA COLOMBIE BRITANNIQUE

qui ont engagé leurs fonds dans la poche et la conserve, et qui veulent en tirer le plus possible dans le plus bref délai.

Les commerçants de Vancouver sont trop informés pour ne pas savoir qu'il est impossible de rivaliser, pour le moment, avec Seattle et les ports américains. Ils n*ont pas Tabondance de fret lourd de sortie qui a fait Tétonnante fortune de Seattle et dont le principal élément est fourni par le blé. Us savent qu'ils ne peuvent encore compléter les cargaisons et, par suite, payer moins cher pour chaque espèce de chai^ement. Eux-mêmes constatent que le bois embarqué en Washington et Oregon pour l'Extrême-Orient et rOcéanie acquitte, en frais de port, jusqu'à 60 p. 100 de moins que le bois canadien ^ Mais ils ne désespèrent pas de faire affluer chez eux les articles d'exportation; pour cela il faudrait que la Compagnie du chemin de fer Canadien Pacifique abaissât le prix de ses transports (p. 297). Nouveau sujet de pétition à l'adresse du gouvernement fédéral. D'autre part, on pourrait vendre moins cher que les Américains avec de bons traités de commerce. La Puissance ne promet-elle pas 33,3 p. 100 de diminution à tout état britannique qui lui offrira la réciprocité? Pourquoi n'a-t-on pas trouvé un arrangement sur ces bases avec l'Australie et la Nouvelle-Zélande? demande la Chambre. Que fait donc l'agent commercial entretenu par la Fédération dans les colonies sœurs d'Océanie'î

De l'Entrée de Bnrraid au Canal de Portland.

Dès la rive du nord de l'Entrée de Burrard, en face même de Vancouver, la plaine cesse; la barrière des montagnes côtières arrête la colonisation plus au sud que sur la rive opposée du détroit de Géorgie.

Un bac relie Vancouver avec le village de Moodysville, égrené au pied des hauteurs boisées sur la rive nord de Burrard. Un service de bateaux dessert le village de Howe et les Mines Britannia dans la profonde rade de Howe qui s'ouvre, entre plusieurs îles rocheuses immédiatement au nord de l'Entrée de Burrard. Là, un syndicat anglais, déjà possesseur de mines de cuivre en Montana, est venu exploiter des schistes cuprifères. Les ouvriers extraient le minerai sur la muraille côtière, à plus de 1000 mètres de hauteur; un tramway aérien, mu par l'électricité et long de 5 kilomètres, le des-

i. An, Rep, Vaneaaver Board df Tradê, 1905^, pp. 50 et 53. 2. /d., p. 54.

cend à la grève, où se trouvent les concentrateurs, les docks, les bureaux, et une pension pour les employés qui sert en même temps d'hôtel aux rares visiteurs, le tout éclairé par l'électricité que fournissent les chutes d'eau, mais construit en bois brut coupé sur place ^

Plus au nord viennent les défilés sauvages et déserts par où Ton passe de la mer intérieure dans l'Entrée de la Reine Charlotte.

Ensuite c'est la répétition de la côte sauvage de Vancouver, avec des villages indiens qui restent les centres de population et les ports, avec moins de mineurs, mais une industrie élémentaire fondée sur le saumon et le bois.

Les premières installations de quelque importance que les paquebots visitent en sortant de l'Entrée de la Reine Charlotte, sont sept fabriques de conserves et une scierie, installées dans la profonde Entrée de Rivers.

Puis viennent les tles habitées par les derniers Indiens Bella Bella, au nombre de 327*. On y remarque plusieurs fabriques de conserves et les restes de l'ancien fort Mac Laughlin de la Compagnie de Hudson, supplanté par Rupert dès 1839, abandonné en 1850 '.

Ces îles protègent l'entrée du profond Canal de Burke dont les rives n'ont d'abord d'autres habitants que les oiseaux de la mer et de la forêt; tout au fond s'élève le village des Indiens Bella Coola, petite tribu séliche isolée au milieu des Kwakiult qui peuplent les côtes (p. 160). Au nombre de 223*, ils occupent une vallée relativement large qu'une piste remonte pour traverser ensuite la Chaîne côtière et rejoindre les platières colonisables de l'intérieur (p. 383). Aussi le gouvernement a-t-il essayé d'en faire un centre européen, analogue à celui du Quatsino, au nord-ouest de Vancouver.

En 1894 et 1895, quelques centaines d'immigrés norvégiens y ont été installés; ils ont coupé le bois, ils projettent de faire une fabrique coopérative de pâte à papier; ils ont élevé un village comprenant une cinquantaine de maisons en bois, planté des pommiers, semé des légumes; ils ont tenté d'endiguer la rivière et de drainer les marécages qui s'étalent dans cette vallée trop arrosée; mais ils ne possèdent pas de capitaux pour acheter aux prix élevés du pays tout l'outillage et le cheptel qui leur est nécessaire. Us se plaignent aussi de ne pouvoir exporter leurs produits parce que la route de l'intérieur n'est pas encore suffisamment frayée. Bref, comme beaucoup

1. An, Rep, of Mines, B. C. for i90U, pp. 261 et 268. — Qeol Surv, of Ca., Summ, Bep,, 1906, p. 32.

Page 1