‹ La Colombie britannique;Chapitre 237 sur 298 · Agriculture in B. C, 1004, p. 93; 1907, p · texte numérisé non relu

Agriculture in B. C, 1004, p. 93; 1907, p

ties de la zone sèche: on draine les marais, on canalise Feau pour arroser les champs et les jardins. En 1904, on comptait dans la région dix embryons de village possédant chacun son école.

Toute cette transformation est dirigée par la Compagnie Canadienne Pacifique qui s'est fait concéder presque tout le pays et le revend par lots ; elle profite du développement des mines et de la construction des voies ferrées qui en a été la conséquence; mais la production rurale est encore infiniment loin de suffire aux besoins des mineurs qui forment la grosse majorité

Ce sont les mines qui ont fait le district. Le premier flot d*immigration fut apporté par une ruée de mineurs dans la fièvre de Tor. Le mouvement commença en 1863 sur des nouvelles vagues; au bout d'un an, 5000 chercheurs, dit-on, se répandaient dans les criques du Kootenay Sud-Est, à peu près dans la région où Ton exploite maintenant le plomb.

La poussée se continua pendant plus de douze années ; d'abord, les chercheurs venaient du Washington et du Montana par les vieilles pistes des Indiens et des trappeurs. Voulant créer une voie d'accès canadienne, le gouvernement fit tracer un sentier muletier, le Dewdney Trailj qui coupe les montagnes et le plateau parallèlement à la frontière depuis le bas Fraser jusqu'à Fort Steele (1865). On l'utilise encore sur plusieurs sections.

Enfin d'autres chercheurs arrivèrent de l'est, en suivant à travers les Rocheuses les itinéraires de chasse des Indiens. C'est ainsi que fut définitivement reconnue la passe du Crows Nest et le sentier qui descend l'Elk pour arriver à Fort Steele. Le gouvernement fit élargir cette voie; quand tout fut achevé, en 1876, les placers ne valaient plus rien; ils ne donnèrent cette année-là que 125000 francs d'or. Aussi vit-on un exode général des blancs; des Chinois s'empressèrent de les remplacer. Quelques jaunes lavent encore des sables dans la région. Une ou deux compagnies ont essayé, sans grand succès, la méthode hydraulique ^

La prospérité actuelle vient de deux autres sortes de gisements, la houille des Rocheuses, la galène des Selkirk, exploitées depuis l'achèvement de la voie ferrée Crows Nest.

On extrait le charbon du terrain crétacé dans la vallée de l'Elk que suit la voie ferrée sur le versant ouest des Rocheuses. Pour atteindre le combustible, on remonte les ravins des torrents qui descendent des Rocheuses à l'Elk en coupant successivement toutes les

i. Baivcropt, t. XXXII, pp. 523-531. — An, Rep, Minet, B. C.for 190^, pp. 26. 109; for 1905, p. 141.

couches crétacées. Le noir minerai descend sur des wagons parmi les cascades et les sapins : au fond des vallées, les fours à coke alignent leurs bouches entre la rivière et la forêt.

Le centre de la région houillère, Fernie, dans la vallée de TElk, sur la ligne principale, fondée en 1898, est déjà une petite ville, comparable aux deux autres centres miniers du pays, Granbrook et Fort Steele. De Femie se détache à Test un petit embranchement desservant les puits de la Crique à Charbon {Coal Creek).

Au sud de Fernie, Morissey, également sur la grande ligne, détache un embranchement vers les houillères de la crique Carbonado, aujourd'hui fermées.

Au nord de Fernie, la ligne principale se dirige à Test et remonte la crique Michel pour chercher le passage à travers les Rocheuses; sur les bords de cette crique se trouve un troisième étage de houillères.

Le combustible, comme celui qu*on trouve dans les terrains de même âge, soit dans Tile Vancouver, soit sur Tautre versant des Rocheuses, est une houille grasse, fort propre à être transformée en coke.

Les terrains houillers appartiennent à des particuliers, sauf une petite réserve que la Puissance a prélevée pour elle. Une seule compagnie, dont les organisateurs sont de gros actionnaires de chemin de fer, exploite les mines plus haut nommées ^ La Crows Nest Coal Company a extrait, en 1905, 831 933 tonnes de combustible sur les 1 825 832 fournies par la Colombie, le reste provenant des deux compagnies de Vancouver. En 1905 la Compagnie occupait 1 490 personnes, dont 1 015 au fond et 476 à la surface.

La quantité de houille extraite en 1905 dépasse de 25,5 p. 100 Textraction de 1904. Sur ce total, 148 939 tonnes ont été vendues au Canada, ce qui fait 12 p. 100 de moins qu*en 1904, 246 000 aux États-Unis, soit 108 p. 100 de plus; 397 828 tonnes ont été transformées en coke, 145 044 tonnes de coke, soit 13,5 p. 100 de plus qu*en 1904, ont été vendues en Colombie, 113 337, soit 16 p. 100 de plus qu*en 1904, exportées aux États-Unis. Au total, la Compagnie a cédé 37,5 p. 100 de houille, 19,2 p. 100 de coke de plus qu'en 1904; presque toute la vente de coke, plus de la moitié des ventes de combustible faites dans la Province, ont été opérées par elle. Elle est, de beaucoup, la plus prospère des sociétés similaires colombiennes ^

Voisine d*États américains pauvres en charbon, elle augmente

1. An. RejK Mines^ B, C.for i90U, pp. 19, 110; /or iOOSy p. 20. — Voir p. 64, note bU)liogr.

sa production malgré la concurrence que lui font les houillères situées en Alberta sur Tautre versant des Rocheuses ; placée au milieu de pays miniers, elle développe sa production de coke destinée aux fours canadiens du district frontière et à ceux du Montana et de ridaho.

Le besoin de coke a été la principale raison qui a décidé le Northem Pacific américain à construire une jonction nord-sud remontant le Kootenay, et unissant le réseau du Montana à Morissey sur la partie houillère de la ligne Crows Nest. C*est le plus oriental des traits d*union entre les réseaux américains et le G. ?• R. en Colombie britannique. On l'appelle ordinairement le Crows Nest Sud : desservant la région agricole des Tobacco Plains, il contribue à y attirer les colons.

Des suintements de pétrole ont été signalés dans les vallées des Rocheuses au sud de la ligne (p. 64), et les chercheurs s*y sont portés depuis que Thuile minérale s'exploite avec profit sur l'autre versant, dans FAlberta. Mais en Colombie ils n'ont pas encore rencontré la nappe.

De l'autre côté de la rivière Kootenay, les pentes des Selkirk présentent, au contact des roches primaires et de diverses masses éruptives les gisements de galène les plus productifs du Canada. Au bord du lac Mooyee que longe la voie ferrée, se montre, dominant la station de Moyee City, la mine de Saint-Eugène, qui dispute à celles des États-Unis le premier rang parmi les mines de plomb du Nord- Américain *. Le filon reparaît sur l'autre rive du lac où s'est installée une seconde concession; tout autour on voit les prospecteurs à l'œuvre parmi les montagnes qui dominent le lac et la rivière.

A Saint-Eugène, les galeries sont pratiquées sur les pentes jusqu'à une hauteur de 1 800 mètres au-dessus du lac. En 1904 la Compagnie employait près de 250 personnes soit aux puits, soit au concentrateur qu'elle possède en bas, près du chemin de fer. Elle transportait le minerai et s'éclairait à l'aide d'électricité produite par ses machines. Au pied de la mine, sur la voie ferrée, est née la petite ville de Mooyee.

Au nord-est de Mooyee, un groupe de mines occupe la vallée profonde de la Sainte-Marie, qui coule des Selkirk dans le Kootenay. Cette vallée est desservie par l'embranchement Cranbrook-Kimberley de la ligne Crows Nest, achevé en 190p. A Marysville, centre des mines de la vallée, une compagnie américaine de Spokane a établi un four de

1. An, Rep, Mines, B. C. for 1900, pp. 701-703, description complète de la mine Saint- Eugène; /or 1903, pp. 86-02; for 1905, p. Ul.

fasion, le S6ul de la région. II a été construit, après le vote du droit par lequel les Américains empêchent Feutrée des plombs et minerais de plomb étrangers; il a été remonté à neuf après le vote par la Fédération canadienne d*une prime à la production du plomb ^

A la jonction de Tembranchement Sainte-Marie et de la ligne principale s*élève Cranbrook, le grand marché de bois du Kootenay, avec des scieries qui débitent le bois des montagnes pour en faire des poteaux de mines, des traverses de chemins de fer» des matériaux de construction; Granbrook a aussi les ateliers du chemin de fer, les magasins, les banques. Peuplé de 1 200 habitants en 1904, il faisait concurrence au centre traditionnel Fort Steele, sis à 20 kilomètres de là sur la Kootenay, mais délaissé par la voie ferrée.

Un chemin charretier rattache Fort Steele à la voie; il a permis Texploitation d*un dernier groupe de mines de plomb placées dans les ravins qui dominent Fort Steele.

Enfin, au sud du lac Mooyee et de Saint-Eugène, la ligne principale descend quelque temps la vallée de la rivière Mooyee : elle la quitte à Yakh pour se diriger à Touest vers le lac Kootenay. De Yakh, le G. P. R. construit un embranchement qui descend la Mooyee jusqu'à son conQuent avec le Kootenay en Idaho, et rejoint en ce point le réseau américain, donnant Taccès direct vers Spokane Falls, grand centre de fusion pour les galènes et autres minéraux de la Grande Vallée \

De toutes les mines du Kootenay-Est, les plus anciennes ont à peine dix ans d*existence; leur croissance rapide n*est pas allée sans crise. Elles fournissent, en effet, surtout du plomb, et la valeur du plomb est tombée à tel point qu'en 1903 l'exploitation de la galène s'arrêtait partout dans le district, même à Saint-Eugène. Mais les primes votées par le gouvernement fédéral ont ranimé une industrie presque mort-née.

A Saint-Eugène, 5 tonnes de minerai donnent une tonne de concentré qui fournit, à son tour, 33 onces d'argent et 1 300 livres (anglaises) de plomb valant 180 francs dont 97 fr. 50 pour le plomb; pour ces 97 fr. 50, on touche 47 fr. 75 de prime. G'est-à-dire que chaque tonne extraite rapporte 37 francs de produit brut, plus 102 francs environ de prime.

A l'aide d'un pareil secours, la production du plomb en Colombie, qui était tombée de 63 358621 livres en 1900 à 18 089 283 en 1903,

1. An. Rep. Mines, B. C.for 1903, p. 105; for i90U, pp. 204, 270; for 1906, pp. 18, 21» 24,140.

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