‹ La Colombie britannique;Chapitre 247 sur 298 · La Gazette du Truvail, sept. 1006, p · texte numérisé non relu

La Gazette du Truvail, sept. 1006, p

3. An. Rep, Mines, B. C for 1903, pp. 109, 110, 111, 116, 117, 121; /or 1905, p. 153. — Note bibliogr., de la p. 56.

d'àoe ou d'homme. Sur la Goat Mountain, entre Ferguson et le lac Arrow, une nouvelle mine de plomb argentifère porte ses minerais à Thompson Landing ou Beaton sur le lac Arrow. Elle est établie plus haut que la limite supérieure de la forêt. Le bois qu'on lui monte par porteur revient à 150 francs la corde ou les 3 stères et demi. Vu les difficultés de communications, on n'exploite que les minerais riches et on tâche def les dégrossir le plus possible de tout ce qui ne vaut rien.

Ferguson possède un établissement de concentration qui s'est adjoint, en 1905, un four de réduction d'où sortent des mattes argentifères : 40 hommes y travaillaient en 1905, pendant que les deux mines les plus importantes occupaient 95 ouvriers.

Dans la région s'exerce une autre industrie minière, moins active, qui est alimentée par le quartz aurifère. Les veines se trouvent dans des schistes avec peu d'intrusions volcaniques. Elles sont exploitées dans la vallée du Lardeau, en aval de Trout Lake, par une compagnie américaine qui installe un matériel d'amalgamation et de cyanuration.

Le quartz se retrouve au nord du lac Arrow, le long de la Fish River, qui apporte au lac l'eau de glaciers descendant par des goi^es boisées semblables à celles du Lardeau. Sitôt cette richesse dévoilée, la vallée s'ouvrit à l'exploitation. Un nouveau débarcadère, Comaplix, avec l'habituelle scierie, s'est fondé sur le lac au débouché de la Fish River. A 10 kilomètres en amont, le camp minier de Cam^ borne groupe ses cabanes autour des broyeurs et amalgameurs établis par une compagnie.

Un essai d'exploitation hydraulique avait été tenté en 1904, mais un feu de forêt a détruit les canaux de planches et une partie des appareils. Des essais analogues sont faits sur le Lardeau. Dans toute cette région ce n'est ni le bois, ni l'eau qui manquent aux laveurs d'alluvions; ils se plaindraient plutôt d'en avoir trop; les incendies, les inondations, les éboulements et les avalanches ruinent fréquemment l'œuvre édifiée à grand 'peine \

On peut considérer tout le district Kootenay-Ouest comme une série de gradins où, du nord au sud, les minerais des montagnes descendent à des concentrateurs de plus en plus perfectionnés, puis à la fusion, enfin, de la bouche du four soit aux trains de l'est, soit au raffinage de Trail ou des États-Unis. Cette circulation rend les diverses parties dépendantes l'une de l'autre jusqu'à la division de

1. An. Rep. Mines, B, C.for 1903, p. 122; for i90U, pp. 29, 120, 269; for 1905, pp. 126-158.

Trail Greek, éloignée à Textréme sud-est, près de la frontière et sur la rive occidentale de la Golumbia.

Trail Creek, où Tindustrie métallurgique colombienne atteint son niveau le plus élevé, est desservi par un embranchement du G. P. R. qui se détache vers le sud après le pont de Robson sur la Golumbia et se continue plus loin par un embranchement américain détaché du Great Northern. Get éperon suit, de haut, la rive accidentée du fleuve que des ravins coupent à chaque intant; Trail Greek ou la crique du Sentier est une de ces fractures, dirigée de Touest à Test, empruntée par le vieux Dewdney Trail (p. 344), dont le nom reste au maigre cours d*eau qui suit le fond de la gorge.

Dans cette région très mouvementée qui comprend les pentes sud-ouest de la Ghaine de TOr, on trouve les minerais au contact des c roches vertes », et de porphyres plus récents. Le cuivre et le fer y dominent sous forme de sulfures, chalcopyrites et pyrrhotines mélangées, accompagnées par un peu d*or; en somme une zone minérale assez semblable à celle qui occupe les montagnes au sud de Nelson.

En 1890, un Ganadien français et un Anglais découvrirent deux gisements qui sont encore maintenant les plus importants de Trail Greek : ils marquèrent quatre claims, un par inventeur et par veine suivant la loi; puis le prospecteur canadien français céda un des siens à condition qu*on lui payât les droits d^enregistrement pour lautre. Ge daim cédé à si bas prix s*appelait Le Roi; de lui est née Tune des mines les plus importantes de la région. Au bout d'un an, rheureux acheteur revendait la moitié de la propriété de Le Roi pour 150000 francs à la société qui possède les smelters de Spokane en Washington.

A cause des difficultés de transport, Le Roi resta d'abord « une pure espérance », comme disent les Américains, ce qui servit, au moins, à faire continuer la prospection; en 1893 on découvrait des pyrrhotines plus riches en or que les minerais précédents; on en recueillit plusieurs tonnes, et on attendit, faute de routes, Thiver pour les transporter en traîneaux sur la neige gelée, jusqu'à la Golumbia ; de là elles arrivèrent par bateau à Spokane, passèrent à la fusion, et donnèrent un profit encourageant.

Alors commença Touverture du district qui passait de 300 habitants en 1895 à 3000 en 1904. En octobre 1895, une société américaine se mit à construire la première usine de fusion appelée Trail, au confluent de la crique et de la Golumbia, à 12 kilomètres au nord de la frontière, et commença la réduction en février 1896 : en même

temps elle posa un tramway entre les mines et Trail; elle rattacha Le Roi au réseau américain par le Red Mountain Railway dont les wagons franchissent la Columbia au bac de Northport, remplacé depuis par un pont, sur le côté américain de la frontière, puis gagnent la crique en faisant un détour par la région des mines. En 1897, le Canadien Pacifique établit une voie concurrente dans la direction exactement opposée entre Bobson et Trail; puis, Tannée suivante, il acheta les fours, les mines et les tramways ^

L* usine de Trail fait le concentré par broyage et grillage, puis elle fond la matte et enfin elle en retire le métal précieux par un procédé secret dérivé de Télectrolyse *.

Avec un équipement aussi complet, Trail faisait la loi et imposait aux mines clientes des conditions onéreuses. Il en est résulté qu'un groupe de propriétaires qui possédait une partie de Le Roi n a pas renouvelé son traité avec Trail, et est allé construire à Northport (Washington) -un smelter capable de passer 1 500 tonnes par jour, qui fonctionne plus ou moins régulièrement depuis plusieurs années ^

Mais Trail a élargi sa zone d'attraction depuis qu'il appartient au Canadien Pacifique ce qui lui assure des transports i bas prix. Il achète des minerais jusque dans la Boundary, à Touest; il ne se borne pas au cuivre et à For; il fait venir des galènes du Slocan ; il les fond; seul en Colombie il affine le plomb; il a pu joindre à ses fours de fusion et à sa raffinerie une fabrique de feuilles et de tuyaux de plomb ' : c'est l'usine métallurgique la mieux équipée de la Province.

Une petite ville s'est formée autour de Trail ; mais elle n'a pas l'importance de Rossland, bâtie un peu plus haut sur la même crique, 10 kilomètres à Touest de la Columbia, 8 au nord de la frontière dans le voisinage immédiat de Le Roi et des grandes mines, tout près d'une nouvelle usine de fusion. L'embranchement canadien Robson-Trail remonte jusqu'à Rossland et cette ville est aussi le terminus de l'embranchement américain qui court en sens inverse du sud au nord.

Rossland doit son nom à un lot de c préemption » qu'un nommé Ross acheta en 1892, avant la période du métal. Dès que l'exploitation des gisements devint possible, grâce au chemin de fer, un grand camp minier s'installa sur un étroit plateau qui domine de 50 mètres le confluent des deux branches de la Trail Creek; il conserva le nom primitif. Dès 1894, le gouvernement y fit tracer le plan d'une ville.

\. GeoL Surv. of Ca. Rep, Broci (cité p. 53, note 1), pp. 11-12.

2. Annales des Mines, 1900, t. XVII (Jordan), pp. 283 et suivantes. — Lbvat, p. 723.

3. An. Bep, MineSy B. C. for 1902, p. 169; for idOU, p. 29; for 1905, pp. 185-186.

Mais la population a tellement afflué qu'elle a débordé au delà des ravins dont le plateau est entouré. Le site du Rossland actuel était peut-être le plus accidenté de la Colombie; on a comblé les trous les moins profonds par des terrassements, on a jeté sur le plus grand une sorte de plancher en bois bordé de maisons bâties sur des piliers de charpente. Rossland est devenue municipalité en 1897. Voici le tableau que M. Jordan faisait de la ville à cette époque :

Le soir, à la porte des hôtels ou sur le rebord des trottoirs, les mineurs assis en fumant leurs pipes, en files rappelant les files d*hirondeiles perchées sur le rebord des toits au moment où elles se disposent à partir; dans la rue, des cayouses chargés de la lourde selle mexicaine, attachés à un poteau télégraphique ou à un bouton de porte ; plus loin des cavaliers au galop de charge, les rênes flottantes, prenant les tournants à toute allure; à chaque porte, des annonces de compagnies minières avec des échantillons exposés, ou des réclames de « Real Estate Agents » invitant le public à acheter des lots de terrain dans tel ou tel townsite, actuellement désert, mais qui, par sa situation, ne peut manquer de devenir le siège de tout le Kootenay ^

Sous Tadministration de sa municipalité, Rossland est devenue aujourd'hui une véritable cité, où la brique et la pierre remplacent le bois des cabanes primitives. Elle a une École des Mines. Deux journaux quotidiens s*y publient. Si Nelson est mieux placée, Rossland a plus d'habitants. Sa population, après un accroissement rapide, parait se maintenir aux environs de 7 000 âmes*.

Pour donner une idée complète de la transformation industrielle qui s'est accomplie en ces dernières années, il faut ajouter que l'énergie électrique vient à Rossland, Trail et à leur voisinage d'une puissante usine, la West Kootenay Power Company^ établie sur les chutes Bonington de la rivière Kootenay, 50 kilomètres au nord-est.

Depuis 1904, l'industrie reste stationnaire dans la région. On a pris les filons de surface. A Le Roi, on cherche maintenant les couches inférieures à plus de 530 mètres de profondeur. On a épuisé les minerais riches, il faut se contenter des pauvres. Aussi Rossland a-t-il dû perfectionner ses procédés de concentration pour recueillir les métaux précieux. En {904, quatre concentrateurs furent ajoutés à ceux qui existaient déjà. Les progrès de la concentration sont aussi remarquables à Rossland que ceux de l'affinage à Trail.

Pour les pyrrhotines aurifères, minerais complexes renfermant 40 à 80 p. 100 de fer, on emploie, au cours de la cyanuration, l'agitateur Hendryx, qui assure une oxydation plus complète du soufre

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