‹ La Colombie britannique;Chapitre 258 sur 298 · Agriculture in B. C. 1904, pp. 85-86; 1907, p · texte numérisé non relu

Agriculture in B. C. 1904, pp. 85-86; 1907, p

Au nord des pâturages de Touest et des placers du Caribou, plus de chemins, plus de communautés européennes, rien que les pistes apprises des sauvages, les villages indiens et les forts de la Compagnie de la Baie de Hudson; comme trafic principal, Tachât des fourrures. Bien que la Compagnie ne possède plus nulle part le monopole du commerce, en fait personne ne s'est trouvé assez riche ni assez hardi pour s'établir en concurrence avec elle dans les régions du centre et du nord. Avec un peu d'imagination, on pourrait s'y croire au temps qui précéda la fièvre de l'or, celui des Peaux-Rouges et des traitants.

Les Indiens de la région appartiennent presque tous au groupe déné ou athabascain, dont on a décrit les pêches et chasses saisonnières (p. 165). A présent le saumon n'est plus suffisant et le caribou qui fournissait la viande diminue aussi : seules les baies des buissons tiennent la même place qu'autrefois dans la nourriture. Pour vivre, les naturels tuent les lapins, nombreux dans la région; ils ont des chevaux qu'ils louent pour les transports ; ils se louent aussi comme pagayeurs avec leurs canots d'écorce; ils ont commencé un élevage grossier du bétail pour leur nourriture. Enfin, autour des missions et des forts, ils savent maintenant faire pousser des pommes de terres, des navets, des betteraves.

La capitale de la Compagnie est Fort Saint-James, construit en 1806, à l'extrémité sud du lac Stuart, qui distribue aux autres les provisions, reçoit leurs fourrures et les dirige vers le sud. Plusieurs fois rebâti, il conserve la disposition classique (p. 139). Près de lui se trouve un village indien d'une cinquantaine de feux dont les habitants commencent â se construire des maisons de bois européennes. A un kilomètre et demi de là et toujours sur le lac, on rencontre le chef-lieu des missions catholiques du nord, avec église, presbytère, imprimerie, école, entouré d'une cinquantaine de maisons habitées par les Indiens convertis ^

Tel est le tableau que présentent avec plus ou moins d'ampleur les autres établissements de la Compagnie.

Fort Saint-James se trouve au point de croisement des pistes qui vont vers les deux voies d'accès, le Fraser au ^ud, et le Skeena au nord-est, et qui drainent vers celles-là les régions septentrionales. Avec le Fraser il communique soit par la rivière Stuart incomplètement navigable (p. 102), qui conflue au Fort George, le moins septentrional et le plus rapproché de la zone colonisée, soit par un

1. An, Rep. Mines, B, C. for i905, pp. 101, 105, 106-109 (dans le rapp. d'une exploration à travers le plateau septentrional).

37e LA COLOMBIE BRITANNIQUE

chemin muletier qui franchit à Taide d*un bac la rivière Nechaco près du Fort Fraser, voisin de deux villages indien»y dans un ancien fond lacustre fort propre à la colonisation. 5 à 600 Indiens athabaseains vivent autour des lacs Stuart et Fraser; ce sont les c Porteurs » des Canadiens français, les Carriârs des Anglais*. Avec Hazelton, tète de la navigation sur le Skeena, Fort Saint-James se relie par une longue série de navigation et de portages, 70 kilomètres en canot du sud au nord du lac Stuart, 16 kilomètres de sentier, 240 kilomètres de canot d*un bout à Tautre du grand lac Babine. Autour du vieux et du nouveau Fort Babine vivent 300 Indiens descendant de ceux que les coureurs franco-canadiens baptisèrent € Babines » i cause d'un ornement qui leur déformait la lèvre. Ce ne sont plus des Déné, mais des Skitigan apparentés aux Tsimshian de la côte *. A la pointe septentrionale du lac, un dernier sentier de % kilomètres joint Fort Babine à Hazelton.

Yers le nord vont d'autres voies par les rivières, les lacs et les portages ; la piste indienne du nord franc remontant le lac Stuart, la rivière Stuart, le lac Tacla et prenant le portage de la Cache des Beaux Jours (p. 45) pour déboucher au poste de Connelly ou du lac de rOurs sur le bord des déserts du Cassiar, n*est plus guère suivie et Ton a abandonné le poste Bulkley House au sud du portage.

Au contraire, on n*a point délaissé celles par où vinrent les premiers explorateurs et qui unissent les affluents du Fraser à ceux de la Paix. La Compagnie entretient toujours Fort Mac Leod sur la Rivière aux Panais {Parsnip River) source méridionale de la Paix : le dernier village indien permanent s*y rencontre et Ton commence à y voir des indigènes nomades sans résidence fixe ; ce sont des Siccanis de langue athabascaine.

Le fort le plus septentrional de l'intérieur est Crrahame, entre le 56* et le 57^ parallèles sur la Finlay, branche septentrionale de la Paix : là vivent les derniers Indiens qu'on rencontre en allant vers le nord; avec eux finissent les établissements, puisqu'on ne peut faire le commerce des fourrures sans les indigènes.

A Grahame, une bande de 91 Naanis vient faire la traite, une autre de 121 fréquente Connelly; on dit que 154 autres parcourent les régions situées plus au nord '. Ces Indiens de langue athabascaine sont des chasseurs nomades ou semi-nomades. Ils suivent le parcours de l'élan, le gros gibier du nord qui se montre à cette latitude, y

1. An. Rep. Mines, B. Cfor 1906, p. i05. — An. Rep. Indian Affaire, i9(HhS, II* Part., p. 74.

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