‹ La Colombie britannique;Chapitre 260 sur 298 · An. Bep. Mines, B. C. for i906^ p · texte numérisé non relu

An. Bep. Mines, B. C. for i906^ p

3. Nous avons de ce missionnaire Touvrage suivant : Le R. P. Morick, Au Pays de fOors Noir y chez les Sauvages de la Colombie hrilanniqaet récits d'un missionnaire, Paris, 1897, în-8*.

pi. V, 3), Qu'on se représente, à 6 ou 7 mètres au-dessus d'un torrent bouillonnant entre les parois qui le compriment, trois poteaux de télégraphe attachés bout à bout avec les fils abandonnés par la Compagnie américaine, des lattes comme garde-fous, le tout suspendu par d*autes fils i d'autres poteaux. Les chevaux sont dirigés un par un sur cette escarpolette où il faut les pousser de force; les cavaliers suivent i pied avec le moins de mouvements possibles. « Croirait-on, dit l'inspecteur des mines, qu'un blanc-bec du Washington a eu l'aplomb de passer avec quatre chevaux chargés, et le plus étonnant c'est qu'il vive encore pour raconter cet exploit! » Par ordre du gouvernement provincial, les passerelles indiennes vont être remplacées par de vrais ponts en bois.

A Moricetown commence la partie utilisable de la vallée Bulkley, large platière couverte de limons érodés en terrasses : le sentier quitte le cours marécageux de la rivière et passe au large parmi les terrains d'alluvions anciennes, longeant les petits lacs et coupant les criques. Le terrain et la présence d'eau permettent l'élevage; un ranch important qui appartient à la Compagnie de la Baie de Hudson comprend des abris, des étables, deux ou trois maisons pour les employés. Ne les utilisant plus, la Compagnie en a loué une partie à < un Français qui prétend tenir hdtel et chez qui les clients doivent apporter et cuire leur dîner et fournir leur literie ».

Un autre ranch se trouve sur une concession faite par le gouvernement aux entrepreneurs de transports qui approvisionnent une fois par an les stations du télégraphe. De ci, de là, 5 à 6 lots ont été loués par des éleveurs ou plutôt des gens mi-fermiers, mi-commerçants, qui prennent en pension les chevaux des prospecteurs moyennant 60 à 78 francs par tête pour la saison.

On commence à employer des moissonneuses pour récolter la provision de foin naturel nécessaire pendant l'hivernage. L'élevage laitier apparaît près des mines. On a essayé avec succès de faire venir des pommes de terre, des racines diverses, betteraves, carottes, navets, des choux et choux-fleurs, des pois, des haricots, des concombres, de la rhubarbe : les fraises et les groseilles mûrissent; le blé et les tomates n'ont point réussi *• Ces premières tentatives de colonisation se disséminent entre Moricetown et le confluent de la Telkwaoù commence la région minière.

En ce dernier point, un hôtel modeste de planches marque Tembranchement du sentier des mines qui monte vers les montagnes de

1. An. Hep. Mines, B. C. for 1905, pp. 130, 132 et 135, 166 (phot., dont Tune est rep. ici, p. 138). — Bar. of Prov. Inf, The Undeveloped Àreaa of.., B. C, p. 24.

Touest; à 800 mètres plus loin, sur une terrasse sèche, on a tracé le plan de la future ville d'AIdermere, mais oa n*y voyait en septembre 1905 que deux cabanes de troncs i la fois débits de boisson et magasins ^ .

Les mines demeurent encore à la période d'exploration : il est évident que Tespérance de la nouvelle voie ferrée Grand Trunk (p, 379) a jeté un nombre considérable de prospecteurs dans la région. A cause de la forêt, de la nature accidentée, des criques torrentielles, enfin des neiges, les recherches présentent de grandes difficultés.

Deux étages de gisements se superposent. Dans les vallées, on trouve, parmi des schistes et grès crétacés ou tertiaires, des lignites analogues à celles qui coupent le plateau en écharpe depuis le Fraser ^ Tout en haut, dans des cirques basaltiques nus et humides, i 1670 mètres, qui dépassent la limite des forêts, on découvre, sous les épanchements volcaniques, dans des schistes anciens, des filons de minerais complexes, cuivre, or, argent. Aucun sentier, on se dirige suivant des repères. Dès le milieu de septembre, la neige chasse les mineurs.

Sur le versant occidental des mêmes montagnes, les affluents du Zymoetz ou Rivière du Cuivre qui se jette dans le bas fleuve Skeena, entre Hazelton et TOcéan suivent des gorges où Ton observe les mêmes gisements. Ce sont des « propositions » qui attendent un sentier d'accès pour faire des envois à Tusine de fusion et devenir commerciales; on les desservira probablement en améliorant la piste indienne qui va du fiord de Kitimat au confluent Zymoetz et Skeena par le village indigène du lac de Lakelse : déjà on parle d*y poser un tronçon de voie ferrée. Aujourd'hui, on s*y achemine tant bien que mal par le bas Skeena et la Bulkley.

Sur l'autre rive de la Bulkley à l'ouest, les prospecteurs parcourent la chaîne boisée de Babine où ils rencontrent les mêmes obstacles.

Enfin, au nord de Hazelton, on cherche la houille et les minerais sur le plateau accidenté du Kispiox, où sont cantonnés quelques groupes d'Indiens ^ Si l'on ajoute que Hazelton est le point de départ de la piste qui mène aux placers de l'Omineca, dont je parlerai plus loin, l'on jugera qu'elle prend comme étape de prospecteurs une importance égale à celle qu'elle a depuis longtemps comme centre de traite.

A l'extrémité sud-est du sentier du Télégraphe, la vallée platière de la Nechaco, affluent du Fraser, unie, sans pierres, couverte de

1. An. Rep. Minet, B. a for i905, pp. 82-83, 103, 116 ;/or f 904, p. 103 ;for i905, pp. 29 et 10.

hautes herbes de pâture qui poussent sous des peupliers et autres arbres aquatiques fort clairsemés, offre un terrain de colonisation ; mais son voisinage n'a pas de mines bien qu*on ait signalé le lignite près du lac Fraser. Le gouvernement l'a fait cadastrer en 1893 puis explorer en 1905 par le même inspecteur que la Bulkley. Cette année-là, on y signale l'arrivée de quelques colons auxquels les Pères de la Mission servent d'interprètes pour les rapports avec les Indiens des deux villages. Fort Fraser et Stony Creek. Malgré ses avantages naturels, la Nechaco est trop éloignée pour attirer beaucoup de monde *.

Vers ces régions désirables, le gouvernement a cherché une voie d'accès plus directe, partant du Pacifique; ainsi, en 1903, il a fait reconnaître la piste indienne qui traverse la chaîne côtière en arrière de Bella Coola (p. 37). Quand on part du fîord, on trouve d'abord, dans la vallée marécageuse de la Bella Coola, 32 kilomètres de chemin charretier; plus bas viennent les sentiers par où l'on pénètre avec des chevaux de charge dans les montagnes et la forêt; il faut gravir deux seuils, passer cinq rivières, les chevaux à la nage, les marchandises sur des radeaux de fortune, à moins qu'on n'ait la chance de rencontrer des canotiers indiens; après 272 kilomètres d'épreuves qui exigent 10 à 17 jours, on arrive au lac Ootsa. Le sentier d'été, plus court, mais plus ardu et ouvert seulement du 10 juillet au 1" octobre, raccourcit la route de 100 kilomètres, mais on met parfois 20 jours à la suivre. Le prix du transport est de Ofr. 25 par 453 grammes *.

La région où aboutit la piste, celle des lacs Ootsa et des Français, paraît relativement plane et tempérée (p. 92). Malheureusement, l'accès en est presque impossible aux colons. Dans sa tournée de 1905, l'inspecteur des mines n'y a rencontré que deux poteaux de préempteurs à inscription détrempée par la pluie et une cabane de bois commencée, mais sans âme qui vive*.

Dans tout cet intérieur du lac Ootsa à la Nechaco, viennent, en éclaireurs, des aventureux sans famille. Un des fonctionnaires qui ont exploré ces régions exprime la crainte que les jeunes colons isolés y prennent des squaws indiennes et fassent souche de métis comme au temps des coureurs des bois*, nouveau trait de ressemblance avec la Colombie de jadis.

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