‹ La Colombie britannique;Chapitre 36 sur 298 · An, Rep, Mines B. C. for 1903, pp · texte numérisé non relu

An, Rep, Mines B. C. for 1903, pp

cades. Tout le fond se couvre de forêts; les sapins et les cèdres escaladent les pentes jusqu'à 2 100 mètres.

Au delà du lac de la Truite cessent les dépressions qui séparent les massifs, voies naturelles qui livrèrent passage aux prospecteurs. Le long et profond fossé du lac Kootenay se poursuit quelque temps au nord par les ravins boisés des affluents septentrionaux des lacs ; mais ces gorges s'arrêtent au fond de cirques couronnés de neiges et glaciers, sur la partie la plus élevée des Selkirk : en ce nœud central, tous les massifs secondaires s'attachent à la haute muraille qui, sous le nom de Purcell Range, formait jusqu'à ce point la chaîne orientale et qui va désormais rester seule.

Cette arête principale a commencé, au sud, sur la frontière du Montana et de la Colombie, par les massifs autour desquels la rivière Kootenay se coude avant de rentrer au Canada. Elle se compose de roches moins variées que les montagnes à l'ouest du lac Kootenay; on y relève surtout des formations paléozoïques où dominent l'aspect schisteux, les teintes sombres, dans les parties que la forêt ne cache point. On y trouve la dernière zone de minerais complexes à l'est, celle du Kootenay oriental où domine le plomb argentifère.

Au voisinage immédiat de la frontière, ce sont moins des montagnes que des plateaux ondulés, hauts de mille mètres environ avec des arbres clairsemés, sans sous-bois, en un mot l'aspect de parc. Par les dépressions qui rayonnent autour des centres élevés coulent en sens opposé des rivières qui vont se jeter en des points divers de la boucle, ouvrant de toutes parts des voies d'accès. Une vallée longitudinale, celle de la rivière Mouillée (Mooyee River), qui conflue au sud avec le Kootenay, sépare en deux la première partie des Selkirk; après les Indiens, les prospecteurs l'ont suivie; à la piste des années 60, succède la voie ferrée contemporaine.

Dans cette région, la ligne du Crows Nest traverse les Selkirk sur une longueur d'environ ^90 kilomètres à vol d'oiseau, mais avec un tracé sinueux qui mesure plus du double. Partant de Kootenay-quai à la pointe sud du lac Kootenay (528 m.), la voie monte par l'étroite gorge de la rivière de la Chèvre, taillée dans une nappe granitique, ensuite par celle d'un affluent, au premier échelon des Selkirk qu'elle franchit à 886 mètres; puis elle descend de quelques mètres seulement et fait un coude brusque au nord pour remonter la vallée longitudinale de la haute Moyee remplie de forêts magnifiques; elle longe sur une corniche et en traversant un tunnel le lac Mooyee, expansion de la rivière, qui remplit la vallée; puis elle quitte la Mooyee, passe à près de 920 mètres entre les bosses granitiques qui

marquent le sommet du secend échelon et descend par une courbe qui atténue les rampes à 724 mètres dans la vallée large de la rivière Kootenay.

Entre la ligne du Crows Nest et le transcontinental Canadien Pacifique, sur 250 kilomètres du sud au nord, la chaîne principale des Selkirk forme une sierra continue et cette barrière se prolonge au nord de la voie. Dans toute la Colombie, aucun obstacle naturel ne garda aussi longtemps la réputation d'être infranchissable.

En 1858, la mission anglaise Palliser, envoyée de Test pour chercher un passage, reconnut plusieurs cols des Rocheuses, les traversa, mais dut s'arrêter devant les Selkirk. Aujourd'hui, après après 40 années de prospection minière, on n'a point encore établi de voie frayée transversale entre les deux lignes ferrées.

Une piste quitte Pilot Bay sur le lac Kootenay et cherche à rejoindre le petit lac Sainte-Marie sur un affluent du haut Kootenay dont la vallée, par exception, pénètre assez largement jusqu'au pied de la muraille orientale. Une autre quitte le lac Duncan sur un affluent septentrional du lac Kootenay, remonte, au milieu des forêts, les gorges de l'impétueuse crique Hamill nourrie par des glaciers, coupe la crête à la passe de Wells et dévale par la crique Toba ou Toby sur le lac Windermere, expansion de la haute Columbia (grav., p. 340, pi. XV, 1). Ces sentiers sont suivis de temps à autre par des prospecteurs ou par des conducteurs de bestiaux qui tentent de ravitailler les camps miniers. La piste de la passe de Wells a 130 kilomètres de long; on met deux jours et demi pour la parcourir à cheval; le 1" juillet 1904, un cavalier qui la suivait y trouva tant de neige qu'il dut ramener son cheval au point de départ et passer à pied*.

La région la plus élevée, mais aussi la moins large, a été choisie pour faire passer la ligne Canadienne Pacifique. Pendant près de douze années, les missions envoyées de l'est par la Compagnie Canadienne Pacifique et par le gouvernement fédéral cherchèrent où faire passer le Transcontinental. A la station de Moberly, sur le versant oriental, on montre encore la première maison du pays, une cabane de bois où l'ingénieur Moberly passa l'hiver de 1871-1872*. On venait alors de décider la construction de la ligne. Ce fut deux années seulement avant son achèvement, en 1883, que le major Rogers découvrit une fissure à 1 310 mètres de haut entre des rochers hauts de plus de 3 000. Il fallut faire monter le rail jusqu'à la passe Rogers.

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