C. P. B. Ànnotated Time Table, Eastbound Edition, p
Pour Tatteindre, en partant de Touest*, la voie franchit le fleuve Columbia par le pont de Revelstoke, puis s'engage dans les défilés de riUecillewaet, affluent de la Columbia, et remonte fidèlement le torrent auquel les boues glaciaires donnent une teinte « purée de pois », tantôt le long de canyons rocheux, tantôt à travers des élargissements où se pressent les sapins; de bout en bout, elle change treize fois de rive.
Sur les 35 premiers kilomètres, la voie s'élève en ligne droite de Revelstoke (458 m.) au canyon Albert (679 m.) ; en ce dernier point, elle domine de 91 mètres le fond d'un ravin où la largeur de l'Illecillewaet se réduit à 6 mètres. Dix kilomètres plus loin, la voie s'est élevée à 1 090 mètres dans une platière boisée qu'elle suit pendant 5 kilomètres jusqu'au Pic de Ross où apparaît un glacier ; elle se trouve là sur le fond humide d'un grand cirque de montagnes qui se dresse au-dessus des sapins. Vers le sud une dizaine de sommets dépassent 2 800 mètres (gravure, p. 54, pi. I). Le plus haut (3294 m.) a reçu le nom de mont Sir Donald en l'honneur de sir Donald Smith, l'un des promoteurs de la ligne, devenu, sous le titre de lord Strathcona, le premier pair canadien et le haut commissaire de la Puissance à Londres.
Au nord de la ligne, le massif de TErmite est dominé par le Pic Rogers (3 211 m.), le Pic Suisse (3 205 m.) et quatre autres de plus de 3 000 mètres.
A travers les créneaux apparaissent les glaciers dont les coulées blanches rayées de bleu et de vert descendent jusqu'aux sapins et se prolongent par des torrents en cascades, sources de l'Illecillewaet. La voie escalade le côté sud du cirque, passe en contrebas de glaciers et trouve enfin la passe au pied méridional d'une colossale pyramide qui doit à sa forme le nom de mont Chéops.
Le couloir où s'engage la voie s'incline vers l'est, mais très légèrement; sur 1 600 mètres de long, la diflérence de niveau n'est que de 13 mètres entre l'arrêt de Summit à l'entrée (1327 mètres), et celui de Rogers Pass à la sortie (1 314).
A l'est, le débouché s'ouvre tout à coup entre deux masses de rochers dépassant 3 000 mètres qui formaient une muraille compacte avant la commotion d'où naquit la fracture actuelle. On a donné à la montagne du sud le nom du premier ministre Macdonald fondateur du Dominion, auteur politique du Canadien Pacifique, à la montagne
1. Tqi>ographical Map of the Selkirk Range (Bibl. n<» XXVI), feuilles N.-W • et N.-E.
du nord le nom de Tupper qui lui succéda i la tête du parti conservateur fédéral.
A droite et à gauche, des parois nues tombent par un abrupt de 1 500 à 1 800 mètres et se rejoignent à angle vif dans le fond presque linéaire de la gorge par où va descendre la voie. On se trouve là dans un nouveau cirque bordé par huit sommets qui s'échelonnent en gradins jusqu'au revers oriental du géant Macdonald commandant les amphithéâtres de l'un et l'autre versant. Mais sur cette pente moins arrosée et plus brusque, la forêt se réduit à la partie humide des vallées ; sapins et cèdres sont plantés si bas que leurs pointes atteignent à peine le rail, et qu'à les voir du wagon on estime mal leur hauteur. Les roches nues dominent à plus de 1 000 mètres la ceinture des arbres, sans autres vêtements que les lichens et les coulées presque verticales des éboulements. En quelques points les tranches vertes des glaciers apparaissent, mais elles n'ont pas la même ampleur qu'à l'ouest.
Loin d'aller tout droit, comme dans les défilés de l'IUecillewaet, la voie se fait sinueuse pour longer en corniche et sous galerie la muraille du mont Tupper, au flanc nord du cirque. Toujours accrochée entre la crête et l'abîme, elle dévale à 6 kilomètres et demi de Rogers Pass, sur la pente gauche du haut ravin de la crique Beaver, affluent de la Columbia, et dès lors suit ce cours d'eau jusqu'au fleuve, ce qui la fait dévier vers le nord.
Onze kilomètres après la passe, l'arrêt de Bear Creek se trouve à 1 067 mètres et domine de 300 le fond des gorges. A partir d'ici, la difficulté fut de franchir les ravins en V qui entaillent le talus principal entraînant vers le lit de la Beaver les eaux de la pente à laquelle est suspendue la voie. Il a fallu jeter sur eux d'audacieuses passerelles dont la plus hardie, sur la Crique pierreuse {Stony Creek), domine de 91 mètres le lit du torrent*.
Au bas de la descente, la crique Beaver s'échappe par un canyon si étroit qu'un arbre abattu peut servir de pont à un sentier pour traverser la rivière.
Très court, ce dernier défilé débouche bientôt sur la vallée alluviale de la haute Columbia, plate, large, que les Selkirk continuent de border au nord comme au sud du Canadien Pacifique. Leur prolongement septentrional s'inscrit dans le grand coude du fleuve Columbia. Mêmes schistes, mêmes formes, mêmes forêts jusqu'à 1 800 ou 2000 mètres, mêmes sierras dénudées et neigeuses que dans
1. C. p. A. AnnotaUd Time Table, Eastbound Edition^ pp. 20-24, Westbound Edition^ pp. 5M7. — GraTure do la p. 384, pi. XVI, 3.
le reste des massifs. Les points culminants ne semblent pas dépasser 3800 à 2900 mètres, mais la hauteur moyenne s'abaisse à peine'.
Par delà le coude de la Columbia, le soulèvement se réduit à un seul dos de terrain qui prolonge Taxe des Selkirk, mais se compose presque entièrement de gneiss et terrains archéens. Il court en face des Rocheuses. Sur le versant opposé, celui du plateau intérieur, il pousse vers le nord-ouest un contrefort avec sommets de 2 000 à 2300 mètres qui borde au nord le lac Quesnel, Tun des nombreux réservoirs alignés à la limite des terrains archéens.
Enfin Ja pointe nord de Taxe principal se termine dans le coude du Fraser où la recouvrent les formations primaires retroussées et surélevées qui constituent la chaîne du Caribou. Ce dernier massif comprend des schistes ardoisiers précambriens d'une nature particulière, que les géologues nomment étage du Caribou, puis d'autres schistes, des quartzites, des calcaires qui paraissent aller jusqu'au dévonien et qui rappellent les terrains qu'on observe dans les parties des Rocheuses situées sous la même latitude^.
Vue du plateau intérieur, la chaîne du Caribou dessine sur le ciel clair de la région aride des cimes chauves de 2 000 à 2 500 mètres qui gardent longtemps la neige; elle domine de hauts plateaux ravinés, herbeux, et ses pentes ont une ceinture de maigres conifères'.
Depuis l'État de Montana jusqu'au coude supérieur du Fraser, les monts Selkirk et Caribou à l'ouest, les Rocheuses à l'est, se trouvent séparés par une grande dépression longitudinale qui se prolonge sur 1 100 kilomètres du sud-est au nord-ouest, à une altitude qui varie de 700 à 1 000 mètres.
Les deux chaînes lui tournent leurs versants les plus rapides, pentes schisteuses et boisées des Selkirk avec traînées d'avalanches qui raient de clair le vert sombre des forêts, gradins nus des Rocheuses, aux escarpements de dolomies et calcaires roux et dorés, sectionnés par les canyons, séparés par une zone forestière des pics aigus qui surmontent la chaîne*.
Dans la section la moins ignorée, celle du sud où coulent en sens inverse la Columbia et le Kootenay, la « Grande Vallée » paraît avoir