An. Rep. Mines, B. C. for 1905, pp
Au nord du 52'' parallèle, la Chaîne côtière laisse filtrer des brises chinouques qui viennent en février, mars et parfois même en janvier fondre la neige et la glace sur le bord occidental du plateau K C'est surtout la coupure par où Bella Coola communique avec les lacs de la rivière Nechaco, affluent du Fraser moyen, qui semble leur livrer passage. A 835 mètres de haut, sous la latitude de Manchester, le lac Ootsabunkut ou Ootsa paraît geler rarement et la neige ne persiste jamais longtemps sur les hauts sommets qui Favoisinent. Depuis longtemps les Indiens connaissaient cette singularité et menaient leurs chevaux hiverner autour du lac Ootsa, où Therbe ne reste pas longtemps cachée sous la neige pas plus que Feau sous la glace*.
Peut-être est-ce à la même raison que Fort Fraser, à la latitude d'York, doit un hiver relativement doux, qui Tavait fait choisir par la Compagnie de la Baie de Hudson pour Thivernage des animaux de bât et de lait, tandis qu'à une cinquantaine de kilomètres au nord, Fort Saint-James subit un climat plus rigoureux que l'élévation en latitude ne suffit point à expliquer*.
Dans tous les cas, ces couloirs à zéphirs ne s'ouvrent que sur des zones fort restreintes. Au nord du 52* parallèle, les gelées envahissent de plus en plus les nuits d'été. Le 25 août 1875, G.-M. Dawson vit geler des pommes de terre par 52**, dans la vallée de la rivière Chilcotin, affluent du Fraser. En juillet 1905, les pommes de terre du gardien du télégraphe avaient éprouvé le même sort dans la vallée de l'affluent Blackwater, environ 150 kilomètres plus au nord *.
La neige y paraît de très bonne heure sur les côtes. Ainsi le 23 août 1905, elle arrive en rafale et chasse les prospecteurs essaimes entre 800 à i 600 mètres dans les montagnes qui bordent à l'ouest la Telkwa, affluent du fleuve Skeena; le 13 septembre suivant elle se met à tomber en abondance et sans arrêt. Sur l'autre rive, la chaîne Babine, d'égale altitude, se couvre de neige en septembre*^.
L'hiver se manifeste par le gel plus que par la neige. L'air en effet reste sec et quand on s'éloigne de la région visitée par quelques souffles de la côte, quand on passe sur la rive orientale du Fraser, on
1. Yearbook of B. C, 1903, p. 48. — Geol. Surv. ofCa, An. Rep., 189^, B, pi. 4.
2. Bureau of Prov. Infopm. The undeveloped Areas of,„ B. C, 1904, pp. 21, 22, 24. —An. Bep, Mines, B. C. for 1905, pp. 109-110.