‹ La Colombie britannique;Chapitre 8 sur 298 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Bien qu'elles soient séparées par une étendue de mer mesurant 200 kilomètres, les îles de Vancouver et de la Reine- Charlotte doivent être considérées comme les parties d*un même massif appelé la Chaîne maritime ou la Chaîne des îles. Ces terres s'apparentent Tune à l'autre et se distinguent de Tarête qui longe la côte pacifique des États-Unis par leur subdivision en îles, par la direction générale de leurs plis qui s'inclinent vers le nord-ouest à partir de la grande charnière marquée par les détroits de Fuca et de Haro, enfin par la nature de leurs roches où semblent manquer les coulées éruptives modernes qui, dans la chaîne littorale des États- Unis, recouvrent les dépôts primaires et crétacés.

Un autre caractère distinctif et commun est fourni par l'étude des profondeurs marines*. En effet l'île Vancouver et l'archipel de la Reine-Charlotte apparaissent comme les reliefs émergés d'un plateau sous-marin qui prolonge le continent canadien et qui en suit à peu près le contour. Ce socle manque brusquement au large des îles, où commencent les profondeurs océaniques; au contraire la sonde, entre les îles et la côte ferme, trouve généralement le fond à moins

1. Dans tout le chapitre I*' les profondeurs et les détails sur la forme des côtes sont empruntés aux cartes marines indiquées dans les n"^ I à IX de la Bibliographie, ainsi qu'au B. C. Pilot 1903 (Bibliogr. n" U). — Voir ici le carton Relief de la carte h. texte.

de 200 mètres, bien qu'un golfe sous-marin pénètre par un goulet entre les deux groupes insulaires.

Dans le détroit de l'Hécate, qui sépare l'archipel de la Reine-Charlotte de la Colombie propre et qui mesure au moins 50 kilomètres de large, il suffirait que le niveau de la mer baissât de 60 mètres pour que Graham rejoignît le continent.

En sa partie centrale, l'île Vancouver s'approche à 5 kilomètres du continent; elle est toute voisine du dernier anneau présenté par une chaîne d'îlots tendue entre Tîle et la grande terre et si serrée qu'avant le capitaine Vancouver tous les navigateurs se crurent devant un isthme et rebroussèrent chemin.

Que les îles aient fait partie du continent au commencement de l'époque actuelle, l'étude de la flore et de la faune permet de l'affirmer sans témérité. Si, en effet, Vancouver possède quelques arbres propres comme le chêne de Garry, Tépaisse forêt de la côte colombienne se retrouve dans les îles à peu près exactement telle qu'elle apparaît sous les latitudes correspondantes des rivages continentaux, et il en va de même pour certains animaux de l'intérieur qui n'habitent point la côte ferme et dont la présence dans les îles ne s'expliquerait pas sans Thypothèse d'une séparation postérieure à l'âge quaternaire (p. 120).

Ainsi l'histoire de la Chaîne maritime apparaît comme un chapitre de Torographie colombienne.

Ij'Ue Vancouver.

L'île Vancouver mesure dans sa plus grande longueur, du sud-est au nord-ouest, 457 kilomètres, dans sa plus grande largeur, d'est en ouest, 128 kilomètres. Sa superficie, si on ne compte pas les nombreuses îles qui en dépendent, est d'environ 32000 kilomètres carrés *.

On n'a pas encore de cartes exactes de l'île dont Tintérieur n'est pas complètement exploré et dont un tiers au moins de la superficie reste mal connu. Néanmoins les recherches minières et les explorations donnent une idée de sa constitution *.

i. Chiffre du recensement. Les derniers documents provinciaux donnent, en comptant toutes les dépendances, le chiffre rond de 40 000 kq., qui parait un peu fort.

2. Geol. Suru. of Ca, An, Rep., 1886, avec carte hors texte du nord de l'Ile Vancouver. Ce rapport de G. M. Dawson est analysé avec netteté et complété dans An. Rep. Mines, B. C. for 189U (résumé par Alexander Bboo, Noies on Vancouver Island dans The Scottish Geog. Magaz.y 1895) et aussi dans An. Rep. Mines, B. C. for 1899, pp. 777-808, avec Sketch Map showing the Southern End of V. I. (environ i : 750000), la plus complète publiée jusqu'ici; id. for 1902, pp. 204-205, complété dans GeoL Surv. of Ca. An. Rep., 1902-1903, A,

Nous savons que les formations antérieures à Tépoque crétacée occupent au moins les 9/10 de la superficie totale. Dawson les a appelées étage de Vancouver {Vancouver Séries) \ D'après lui, leur épaisseur atteindrait au moins 750 mètres dans le nord-ouest de Ttle. Ce sont les habituels sédiments métamorphisés parmi lesquels dominent les schistes sombres, tandis que des bancs de calcaires cristallins de toutes couleurs se présentent par endroits et sont, au bord de la mer, exploités comme marbre et comme pierre à chaux.

Diverses séries de roches éruptives, granit gris en bosses arrondies, « roches vertes » en dykes, coulées trappéennes avec un faux air de falaises basaltiques se rencontrent en pointements ou taches à travers tous ces terrains.

Sur les deux rivages de Tîle, c'est-à-dire dans les régions les mieux connues, ont été relevées deux zones minérales {Minerai Belts).

A l'ouest, une série de magnétite ou fer oxydulé semble courir le long de la côte entre 15 et 25 kilomètres de la mer, au contact du calcaire cristallin et des < roches vertes » éruptives. Décelés ordinairement par un « chapeau de fer » saillant, des gisements ont été repérés en plus de dix endroits, échelonnés de la baie de Sooke au sud à la rade de Nootka et peut-être jusqu'au fîord de Quatsino près de la pointe nord-ouest*. Encore ne les connaît-on pas tous : au bord de la Crique magnétique, affluent du lac Maggie, côte nord de la rade de Barclay, l'aiguille de la boussole subit une déviation marquée qui paraît indiquer la présence d'une masse de fer oxydulé recouverte par d'autres roches '. Toujours dans cette zone minérale, les mêmes gisements ou du moins des gisements au contact des mêmes roches donnent des pyrites de fer et divers minerais de cuivre, surtout des sulfures. Depuis plus de douze ans, des filons complexes ont attiré l'attention des chercheurs dans cette région, surtout au fond de la rade de Barclay, sur les bords du Canal d'Alberni.

Longeant la côte orientale de l'île Vancouver, apparaît une autre zone minérale, moins régulière pourtant ou peut-être simplement moins connue. Au contact des mêmes roches qu'à la côte ouest, on

pp. 54-76 (Webstbb), pp. 76-92 (Haycock). — Geol. San), of Ca. Geological Map of the D, of Ca, Western SheeL Édition de 1901, avec notes marginales de G. M. Dawson. — B. C. Crown Lands Surveys, 1901, p. 21.

1. Geol. Sun), ofCa. An. Rep,, 1886, B, p. 37. — An, Rep. Mines, B, C.for 1902, pp. 226-235.

2. An. Bep. Mines, B. C. for 1902, pp. 207-220 (étude détaillée des gisements de fer de rUe Vancouver).

Page 1