GeoL Surv. ofCa, Summary Rep,, 1906, p
des Selkirk s'élèvent entre 3 000 et 3 200 mètres ; enfin les Rocheuses canadiennes, longues de 3 000 kilomètres, larges de 100 au moins et présentant à leur section sud-est, entre Colombie et Alberta, les seuls sommets de la province qui dépassent 4 000 mètres.
Vers le 55* parallèle s'arrêtent le plateau intérieur, les Indiens, les espérances de colonisation agricole. Plus au nord ce sont des déserts mal connus séparés par une ligne de partage médiane, les Monts Cassiar, tandis que Chaîne côtière et Rocheuses se poursuivent sur les deux bordures.
Climat et Flore s'expliquent par les influences combinées de l'Océan et du relief (chapitres vi et viii).
Avant la période actuelle des voies ferrées, les colons vinrent presque tous par mer; la mise en valeur s'opère toujours le long des côtes et en remontant les vallées.
Au milieu de cette nature forte et drue, quelque 25 000 Indiens et moins de 200000 blancs — 178657 habitants de toute couleur, soit moins d'un par 5 kilomètres carrés, au recensement de 1901) — sembleraient perdus sans l'extraordinaire activité économique américaine. On est surpris de voir ce qu'ils arrivent à tirer de la Colombie.
Pour chacune des années 1905 et 1906, la production de la Province s'évaluait, en chiflres ronds, à :
Pêches 37 millions de francs.
Bois 35 — —
Agriculture 32 — —
Mines 110 — —
Si l'on ajoute une trentaine de millions pour les industries diverses, le total est d'environ 245 millions pour 200 000 habitants à peu près.
L'importance relative des modes de production ne s'indique pas seulement par leur rang de valeur : il faut noter, en eflet, que, pour les poissons, les bois, les minerais et métaux, la Colombie exporte; que, pour les produits agricoles, au contraire, elle doit importer environ 15 millions de francs de viandes fraîches ou salées, 10 millions de laitages, beurre, œufs, volailles, 4 millions de fruits frais,
secs, préparés de diverses manières, 6 millions de produits divers, en tout 35 millions contre 32 fournis par la Province *.
Exploitation intense des richesses offertes par la nature, pêcheries, forêts, mines, adaptation du sol à la culture commençant seulement et donnant, avec d'heureuses promesses, des résultats encore insuffisants, tel est le raccourci de Téconomie colombienne, tel qu*il ressort des statistiques.
En dépit de leurs navires et de leurs voies ferrées, cependant qu*ils transforment en électricité la force de Teau, détruisent la forêt, épuisent le poisson, emploient à réduire les minerais les procédés de fusion et de concentration les plus perfectionnés, les capitalistes et les ouvriers de Colombie subissent Tinfluence des forces physiques plus directement, avec plus d'évidence que les citoyens des régions peuplées et adaptées à l'usage des hommes par le travail d'innombrables générations ; et ce spectacle d'un groupe humain doué d'une merveilleuse civilisation matérielle, mais subissant la fatalité géographique comme les populations des premiers temps historiques, est une des leçons les plus curieuses que nous donne l'étude des pays neufs en général et de la Colombie britannique en particulier.
1. An, Rep, Victoria Board of Trade, 1906, pp. 32-33 (discours du Ministre de TAgriculture). — La Gazette du Travail^ septembre 1906, p. 296. — Agriculture in B. C, 1907, p. 15.