Game in B. C, 1906, p
3. G. -M., Dawson, dans Proc, and Tr. B. Soc. of Ca., 1890 ^ lect. IV, pp. 51-52.
côté, la forêt de conifères géants, de Tautre, les bouquets de pins clairsemés et de grands espaces découverts. Dans Tintérieur comme sur la côte, les zones de végétation font suite à celles des États-Unis, mais le relief accidenté de la Colombie introduit plus de variété.
Aux États-Unis, la nappe de terrains éruptifs modernes qui forme le plateau de la Golumbia est une grande steppe sans arbres ; mais immédiatement avant la frontière canadienne, vers le 48"" parallèle, les terrains se plissent entre la Chaîne côtière et les montagnes intérieures; alors les pins reparaissent sur les pentes; la zone sans arbres se réduit à une bande qui remonte la vallée de TOkanagan dans la partie centrale du plateau et vient mourir en Colombie britannique '. Dans cette province, le plateau intérieur se montre rarement nu, sauf au voisinage des camps miniers, où les colons ont coupé les bois pour les transformer en poteaux ou en combustible.
L'arbre caractéristique du plateau sec, soit aux États-Unis, soit en Colombie, est le pin jaune {Pinus ponderosa), arbre à gros fût, avec une écorce résineuse jaune rouge, une lai^e frondaison étalée qui le distingue des sapins en pyramide qu'on trouve sur la côte et dans les montagnes ' : ses fruits sont de longs cônes que les Indiens ramassent pour en manger les graines. Les pins jaunes poussent souvent écartés l'un de l'autre; leurs aiguilles laissent passer le soleil; ils n'ont pas de sous-bois ; l'aridité du sol, la chaleur de l'air, désagrément habituel aux futaies de pins, sont plus sensibles ici que partout ailleurs.
En Washington, le Pinus ponderosa fournit 75 p. 100 des arbres à la forêt éparse qui s'égrène sur le versant intérieur de la chaîne des Cascades '. En Colombie, il semble rester l'arbre le plus répandu, sur le plateau méridional jusque vers 51^30 de latitude, une centaine de kilomètres au nord de la ligne Canadienne Pacifique *, dans les vallées sud des Selkirk et dans celle du haut Kootenay jusque vers 50^51. Par ordre d'importance viennent ensuite, le sapin de Douglas, le seul des grands conifères côtiers qui s'acclimate dans la zone sèche, où il se présente en bouquets parmi les arbres régionaux, et le pin noir {Pinus Murrayana)^ inconnu sur la côte,
1. Sarobnt, Forai Trees of N, A., p. 572, carte des forôts de Tldaho, pp. 574-5 et carte des forète du Washington. — U. S, Geol, Survey. Prof. Papers, n* 4, H. Gannbt, The Forests of Oregon, i90i; n« 5, id,y The Foresls of Washington, i90i\ n* 6, Plummer, Foresi conditions in the Cascade Range (cartes hors texte de ces divers fascicules).
2. Macoun, I, pp. 460, 463, 466. — Qeol. Surv, of Ca. An, Rep., 189U, B, pp. 429-432.
3. U. S, Geol, Surv. ProfPapers,, n* 6, Plummer, carte et pi. HI, p. 12.
4. Qeol, Sun). ofCa, An, Bep., 1879-80, B. Carte h. t. (G.-M. Dawsow). — Macoun, I, p. 466.
arbre caractéristique de toute la région intérieure (p. 424); tous trois, rares sur la steppe» habitent surtout les pentes des crêtes. Après eux prennent rang le pin ronce {Pinus contorta)^ petit, gauche et noueux, les peupliers qui bordent les cours d'eau {Populus iremuloîdes et trichocarpa)^ enfin le Juniperns occidentalisa cèdre sur la côte (p. 117), mais ici maigre genévrier qui môle sa brousse à celle des pins ronces sur les monticules de graviers glaciaires.
La flore des plateaux secs se prolonge sur toute retendue des nappes basaltiques recouvertes d*argile à blocaux jusqu'au nord du bassin du Fraser. Voici comment on peut décrire ses divers aspects.
Dans les platières, fonds d'anciens lacs, et dans les vallées de limon ouvertes entre deux murailles volcaniques, des galeries de peupliers, de bouleaux, de saules, de bois blancs et de buissons de rosacées à feuilles caduques suivent les lignes d'eau; entre ces arbres croissent des gazons, brome, pbléole et de hautes plantes herbacées qui s'élèvent parfois à la hauteur d'un cavalier comme une belle onagrariée aux fleurs de feu, parente de la fuschsia, le Pire weed {Epilobium angustifolium) et plusieurs légumineuses, par exemple le pois-vigne (Lathyrus venosus)^ des gesses et des vesces* (grav. p. 130, pi. IV, 2). A la belle saison, les plantes à fleurs, légumineuses, gentianes, composées, géraniums, couvrent les prairies de gaies couleurs qui brillent à travers l'argent des houppes panachant Jes graminées et du coton qui enveloppe les fruits des peupliers et bois blancs. Macoun compare la flore de la vallée de la rivière Nechaco vers Je 54« parallèle à celle de Belleville sur le lac Ontario, dix degrés plus au sud *.
Sur les plateaux qui régnent entre les vallées, la vue s'étend au loin sans autre obstacle que des ondulations ; pas d'arbres ou seulement quelques arbres isolés (gravure p. 238, pi. X, 1). Le sol verdoie après la fonte des neiges, mais il s'en faut que tout soit herbe à pâturages. Dans les meilleures parties poussent en bouquets des graminées qu'on rencontre aussi dans les vallées, mais qui sur le plateau ne sont plus dominées par des plantes plus fortes et prennent la première place, jusque vers 900 mètres, où elles disparaissent. C'est le bunch grass ou gazon à touffes, des Anglo-Américains, t le chiendent » des Franco-Canadiens. Communs à la Prairie sèche et aux plateaux, les bunch grasses appartiennent à plusieurs variétés
i. B, C, Crown Lands Surveys, p. 79.— Bureau of Prov, Inf,^ The undeueU^>€d Areas of,„ B. C, 190U, pp. 31, 61. — GeoL Surv. of Ca. An, Rep., 1877-78^ B, p. 48. 2. Crown Lands Surveys, p. 92. — An. Rep, Minet, B. C. for 1905, P* ^8.
de YAgropyrum (tenerttm par exemple) * et de la Poa. Ces herbes atteignent parfois cinquante centimètres de haut : elles peuvent alimenter les chevaux et les boeufs, même après qu^elles ont séché sur pied. Mais elles ne forment point un tapis continu et, sur de longs parcours, le voyageur ou le prospecteur ne trouve pas de quoi nourrir sa monture.
De temps à autre une grande tache verdoyante donne de fausses espérances; on s*approche et on trouve des roseaux coupants, des joncs durs, des renonculacées et d*autres plantes aquatiques couvrant un marais ou une fondrière dont il faut faire le tour^.
Dans la partie la plus sèche, les bosses des moraines dessinent des monticules graveleux sans végétation; on fond des creux brillent les efflorescences alcalines (p. 43). Accompagnant jusqu* au bout la zone des hauts déserts, une épine de la famille des rosacées, la Purshia tridentata^ qui forme le fourré ou chaparral du Mexique nord et du Texas, persiste en Colombie dans la région la plus sèche de Tintérieur jusque vers Soda Creek, où s'évanouissent les dépôts alcalins*. Il en est de même pour des variétés à'Astery de Gilia^ d'Erigonum qui, ne dépassent la frontière nulle part ailleurs au Canada ; avec ces plantes de déserts, une Opuntia^ variété de cactus, petite, dégénérée mais proche parente de celle du sud, va jusqu'à la même latitude et se rencontre encore au confluent de la rivière Chilcotin avec le Fraser*, par 52 degrés de latitude nord, alors que dans la région sèche de la Prairie, elle s'élève jusqu'à 56^ 12' en la vallée de la Peace River. La brousse des Artemisiaj composées à odeur pénétrante, parentes de l'absinthe, que les voyageurs canadiens français ont appelé sauges et qui ont valu le nom de plaine des sauges aux espaces les plus arides des plateau du Washington persistent sur ceux de Colombie et paraissent aller jusque tout près du fleuve Stikine ^ Comme les chiendents, toute cette originale végétation s'étend à la fois sur les vallées et les premiers étages des plateaux.
Avec la nature inanimée et les plantes, la présence de plusieurs animaux du sud contribue à prolonger dans la partie la plus méridionale et la plus sèche du plateau colombien l'aspect des hautes terres de l'Ouest américain : c'est ainsi qu'on y rencontre le serpent à sonnettes, certains lézards, le scorpion, le crapaud à cornes, le