‹ La Colombie britannique;Chapitre 93 sur 298 · BARCitorr, t. XXVII, pp · texte numérisé non relu

BARCitorr, t. XXVII, pp

4. À Voyage to the Pacific Océan... performed under the Direction of Captains Cook, CUrke and Gore.., 1 776-80, hondon, 1784, 3 v. in-4«. Trad. ftr., Troisième Voyage de Cook.., Paris 1785, 4 vols, io-8^ et on atlas in-i"*. — Carte reproduite dans Bargioft, t XXYII, p. 109.

dù rivage, à cause d'une brume persistante, et par conséquent ne peut rectifier les erreurs ni préciser les incertitudes de James Cook ^

L'expédition de Cook eut au bout de quelques années une conséquence économique dont son chef n'avait sans doute pas eu le pressentiment. Dans la relation qu'on en publia après la mort du capitaine et le retour des survivants, figurait une description de la loutre de mer, en anglais Sea Ottery portant une fourrure comparable à celle de la loutre ordinaire; le rédacteur du voyage indiquait que la loutre de mer était chassée et sa peau préparée par les Indiens de Nootka.

Or les fourrures se vendaient très bien à l'autre bord du Pacifique dans l'Empire chinois. La Compagnie anglaise des Indes, qui avait i cette époque le monopole du commerce avec la Chine, ne tarda pas i profiter de l'occasion signalée. En 1785, un de ses officiers, Hanna, partit de Canton avec la Sea Ottery mit le cap sur Nootka, suivant les indications du voyage de Cook, y parvint heureusement, traita avec le chef indien, fit le premier achat commercial des fourrures, puis ramena sa cargaison à Canton en 1786 et l'y vendit 1 03 000 francs *. Une seconde expédition de la Compagnie partit de Bombay pour Nootka en 1786 : elle fut suivie d'autres.

Dès 1787, des acheteurs, attirés par le bruit des premiers succès, commencèrent à venir directement à Nootka depuis l'Angleterre. Sans y tenir beaucoup, ces commerçants se trouvèrent amenés à continuer l'exploration parce que la carte de Cook était fort incomplète et aussi parce que chacun s'efforçait à découvrir de nouveaux villages indiens encore inconnus pour y conclure d'avantageux marchés. L'un d'eux, l'Anglais Dixon, donna le nom aux tles de la Reine Charlotte, découvrit l'étroite passe Skidegate qui les sépare, reconnut et baptisa plusieurs îles de la côte. Princesse Royale, Prince de Galles : entre Prince de Galles et l'île nord de l'archipel de la Reine Charlotte, le détroit ou Entrée de Dixon conserve le nom de ce capitaine (1787). La relation de son voyage fut publiée avec une carte eu 1789^ La même année, l'Anglais Meares accomplissait une croisière de fourrures dont il fit paraître la relation en 1790; il y joignit une carte plus complète que les précédentes : la côte occi-

1. Voyage de La Pérouse autour du monde, Paris, 1797, 4 vol. in-4* avec atlas in-f*; surtout t. II, chap. X. — Carte reprod. dans Bancroft, t. XXVII, p. 176.

2. Geol Surv. of Ca. An. Rep., 1878-79, B, p. 11. — Sur le commerce des peaux de loutres de mer, voir Bancroft, t. XXVII, ch. XI, pp. 343-377.

3. George Dixon, A Voyage round the World, but more pariicuiarly to the North West CoQSi of America performed in 1785, 1786, 1787 and 1788... London, 1789, iB-4*. Trad. franc., Un voyage autour du monde,.. P. 1789. 2 vol. in-8**. Carte reprod. dans Bancroft, t. XXVII, p. 180.

dentale de Vancouver y est dessinée avec plus de précision, l'entrée de Juan de Fuca est indiquée, mais comme un golfe non comme un détroit, car Meares, suivant la tradition de Cook, croit toujours que Vancouver tient au continent *.

Ces premiers navigateurs anglais signalaient les dangers à courir sur une côte rocheuse, découpée, semée d'écueils et trop souvent brumeuse, mais ils vantaient Tabri qu'ofifraient les fîords profonds i ceux qui en connaissaient l'entrée, les magnifiques sapins des forêts qui, dans ce temps de navires en bois, permettaient à un capitaine de faire toutes ses réparations et même de construire sur place. Meares lança à Nootkale premier bateau fait par des charpentiers anglais sur la côte du Pacifique occidental (1789). Il acheta au chef de la Baie, pour quelques couvertures et bouilloires de cuivre, une bande de terrain, embryon de la colonie actuelle.

On ne peut s'empêcher de rapprocher les impressions que donnaient i leurs explorateurs ces côtes découpées et boisées de celles que traduisent à la même époque ou un peu plus tard les récits relatifs à la découverte de la Nouvelle-Zélande, à l'autre bout du Pacifique : mêmes mouillages dans les rades ou sounds^ même abondance de c cèdres » pour les constructions maritimes, mêmes conflits avec les naturels, même affluence de gens de toute nation, en Nouvelle-Zélande pour la pêche à la baleine, à Nootka pour la chasse des loutres.

Concurrents des Anglais, les marchands de Boston envoyèrent des navires à Nootka dès 1789; Tannée suivante, un capitaine long-courier français, Etienne Marchand, qui avait constaté en Extrême-Orient le succès des pelleteries importées de Nootka, partit de Marseille sur le Solide pour se rendre au pays de la loutre marine '. Vancouver rapporte qu'en 1792 il croisa, dans ces parages, vingt et un navires marchands de tout pays qui venaient aux fourrures '.

Pourtant, depuis quelques années, ce trafic était réprimé comme contrebande par les Espagnols. Sur la nouvelle de la traite qui se développait dans les eaux d*un territoire revendiqué par leur roi, les Espagnols envoyèrent des navires de guerre qui saisirent tous les bateaux marchands qu'ils purent surprendre^. Au cours de leur

1. John Mbarbs, Voyages mode in ihe years 1788 and 1789 from China to ihe North West Coast of America,,, London, 1790, in-4'. Trad. fr., Voyage de la Chine, etc,„ P. 1795, 3 v. m'9* (Controverse entre Dixon et Meares accusé de mensonge, Bancroft, t. XXVU, pp. 192-2, note).

2. Etienne Marchand, Voyage autour du Monde pendant les années 1790, 1791, 1792, Paris, an VI, 3 vol. in-4 et Atlas. ~ Voir BAKCRorr, t. XXVII, p. 255, 61 cartes.

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