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du versant de la Paix au grand coude du Fraser puis, de là, par la passe de Bella-Coola (p. 383), au fond du Canal de Burke, fîord de la côte pacifique (22 juin 1793). A cette époque Vancouver croisait encore dans les eaux de ces régions. Puis Mackenzie retourna par terre sur le versant oriental des Rocheuses*. En récompense de ces voyages qui ouvraient un champ nouveau au commerce britannique, le roi l'anoblit.
Mackenzie voyageait pour établir des forts ou centres de traite. Sur ses traces la Compagnie Nord-Ouest envoya d'autres employés qui achevèrent son œuvre en jalonnant par une série d'établissements la piste qu'il avait suivie. Une seconde ligne de forts fut créée sur une voie indienne plus septentrionale qui, du même point de départ, la vallée de la Paix, gagnait le Pacifique par le fleuve Skeena. Ainsi s'élevèrent les forts Mac Leod sur la rivière aux Panais [Parsnip River)^ affluent de la Paix, Geoi^e sur le fleuve Fraser (1805-1807), plus tard, sur la côte, le premier fort Simpson au delà de la route Paix-Skeena (1831), le fort Mac Laughlin dans l'île des Bella-Bella au débouché de la route de Mackenzie (1833) '.
On construisait ces établissements sur les voies indiennes, cours d'eau, portages entre rivières, pistes, généralement près d'un village indien. Un fort comprenait des logements et des magasins en bois, isolés pour diminuer les ravages en cas d'incendie, le tout entouré d'une palissade. Des pêcheries à la mode indienne, des c caches » ou séchoirs à saumons étaient établis auprès des forts voisins de lacs ou de rivières. Des chevaux, quelques moutons étaient mis au vert dans le voisinage du fort pendant l'été, recueillis dans des étables pendant l'hiver ou, pour ce qui concerne les chevaux, envoyés à l'hivernage dans les forts du climat le moins rude et le moins montagneux.
Suivant les usages des compagnies à fourrures, les chefs de poste ou de mission étaient presque tous des Écossais dont les noms restent à la plupart des forts et aux rivières et lacs qu'ils ont reconnus, les premiers parmi les blancs : rivière Finlay, lac Mac Leod, fleuve Fraser, rivière Stuart; par exception le lac et la rivière Quesnel gardent le nom d'un Franco-Canadien subordonné à l'employé écos-
1. Sir Alexander Macriizib, Voyage on ihe River Si-Lawrence and through the Continent of North America to the Frozen and Pacific Océans..., London, 1801, in-4**, trad. franc. Voyage de Mackenzie dans l'intérieur de l'Amérique septentrionale..., Paris, 1802, 3 vol. in-8«.
2. Bancroft, t. XXVU, pp. 623, 625, 683 (carte), xxi. — Geol. Surv. of Ca. An. Rep., 1886, E, p. 8. — An. Rep. Mines, B. C, 1905, p. 90. — J. WwsoR, ouv. cit. p. 133, traite à peine ce sujet, t. VIU, chap. i.
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sais Fraser. En 1806, Simon Fraser baptisa Fintérieur New Caledonia ou Nouvelle-Ecosse *.
Les € voyageurs », ou c trappeurs », ou t coureurs des bois » que les facteurs écossais envoyaient traiter avec les Indiens et qui, dès Mackenzie servirent d*éclaireurs ou de guides aux explorateurs, étaient des métis, en majorité franco-canadiens, parlant le français et le c sauvage ». Us allaient de villages indigènes en villages indigènes en utilisant les cours d'eau, en se dirigeant sur les points de repère que leur indiquaient les naturels. Dans leur zone de parcours, ils donnèrent des noms à tous les accidents qui leur servaient. Tantôt ils ont conservé les termes indiens, rivière Nechaco, rivière Ghilcotin; tantôt ils distribuent des noms français. Cache des Beauxjours, Cache de la Tête Jaune, lac des Français, lac Babine, Portages divers, appellations qu'on traduit maintenant tant bien que mal en anglais. Tête Jaune Cache ne peut faire oublier la langue pittoresque des voyageurs mais beaucoup d'autres noms ne laissent guère soupçonner qu'ils sont une traduction du franco-canadien. Dans les déserts septentrionaux eux-mêmes, le Liard River est la rivière aux Liards ou peupliers des canadiens français.
Dans le sud enfin, la Compagnie de la Baie de Hudson, qui succéda en 1821 à la compagnie du Nord-Ouest et qui eut jusqu'en 1846 sa capitale à l'embouchure du fleuve Columbia, sur le territoire actuel de l'état de Washington, employa la même organisation de facteurs écossais et de trappeurs franco-canadiens et métis : ses voyageurs parcouraient tout le bassin de la Columbia et les montagnes jusqu'à la Prairie, où ils rencontraient leurs confrères partis des forts bâtis sur la rivière Rouge dans la région où s'élève aujourd'hui Winnipeg, jusqu'aux territoires actuels du Wyoming et de l'Oregon, où ils apercevaient les chevaux et les feux des vaqueros et des prospecteurs mexicains. Aussi, dans toute cette région, les noms français touchent-ils aux noms espagnols.
En Colombie britannique presque tous sont travestis en anglais, mais les gens des États-Unis nord-ouest, d'origine plus diverse, d'imagination plus pittoresque et qui n'avaient point une tradition nationale en conflit avec le parler traditionnel, ont conservé les noms français de l'intérieur comme les noms espagnols de la côte et des îles. Des hauteurs s'appellent encore Butte ou Téton, des ravins Coulées, des rapides Dalles : Nez-Percés, Pend-d'Oreilles, sont comme Babine au nord, des sobriquets donnés aux Indiens par les coureurs