Recensement du Ca,, 1901, t II, pp. XLVi, XLViu
3. Agriculture in B. C, 1007, pp. 61-03. — La Gazette du Travail, nov. 1006, pp. 908-510 (sommaire des lois sar la coopération).
230 LÀ GOLOMBIB BRITANNIQUE
Nom et chose sont empruntés aux États-Unis ; déjà ils avaient cours en Manitoba et dans le Nord-Ouest canadien. Ces instituts ont pour objet de faire donner des conférences analogues i celles de nos professeurs d*agriculture, de réunir des congrès ou comices agricoles, d*instituer des concours d^animaux, de fruits, avec des prix, de s'associer pour acheter des animaux, des semences, des plants, de pratiquer la coopération pour les laiteries, l'exportation des fruits et la production agricole en général. Elles peuvent se fédérer. Le gouvernement provincial appointe un surintendant chargé de veiller à leur fonctionnement. Dès que 15 colons ont formé un Institutej où chacun verse au moins 2 fr. 50 par an, la Colombie leur accorde une subvention proportionelle au nombre de membres, à condition que le groupe envoie au surintendant un rapport chaque année ; le secrétaire trésorier de chaque Institut reçoit de la province 125 fr. par an« L'ensemble des rapports est imprimé aux frais du gouvernement (Bibliogr. n« 74). Au commencement de 1906, on comptait dans la Province 27 Far mers Institutes réunissant 2 183 membres *.
On verra plus loin ce qui a été fait au profit tout particulier de rélevage laitier et de l'horticulture.
Aujourd'hui les Farmers Exchanges, les Farmers Institutes et en général les sociétés coopératives, sont nés sur les deux rives du détroit de Géorgie et dans l'intérieur sud. Manipulation des produits, achats, ventes, s'opèrent par leur intermédiaire; mais elles ne présentent pas encore une importance égale à celle des entreprises capitalistes concurrentes, et ne paraissent point permettre de balancer leur influence. Manquant d'argent, elles demandent que la Province, de qui les banquiers prennent un intérêt moindre, mette son crédita leur disposition et leur consente des avances. En 1898, la Province leur a accordé un commencement de satisfaction en votant YAgricultural Societies Ad pour permettre aux sociétés d'agriculteurs d'emprunter au gouvernement, et de prêter ensuite à leurs membres; mais cet essai de crédit agricole mutuel reste sur le papier; quand les colons ont essayé de se faire avancer par l'État de l'argent pour le défrichement, ils n'ont rien obtenu '.
D'après ce qui précède, on ne sera point étonné d'apprendre qu'en dehors de la petite région relativement peuplée, les formes d'exploitation rurale les plus aisées et les moins complètes se pratiquent a peu près seules.
Sur la superGcie mise en valeur, à l'époque du dernier recense-
i. La Gazette du Traoaii, a\Til 1906» p. 1131. 2. Agriculture in B. C, 1004, p. 65.
ment, près de 1 /3 consistait en forêts, plus de 1 /3 en pâturages naturels
L*élevage a été la première industrie agricole de Colombie. Dès les premiers temps de la traite, chaque fort eut des chevaux pour les transports, quelques vaches et moutons pour la nourriture des employés : pendant la fièvre de Tor, le nombre des bêtes de somme et des animaux de lait et de boucherie s'accrut avec les besoins. On pratiquait alors, on pratique encore un élevage rudimentaire en vaine pâture appelé ranging. Pour cela, on choisit une région où croit le chiendent {bunch grass) comestible, car le gazon naturel n'est pas bon partout (p. 122). Les animaux sont lâchés sur les plateaux et les hauteurs {ranges) — le monte des vaqueras mexicains — où ils dierchent leur vie : pendant l'hiver on les ramène dans les vallées moins couvertes de neige, où l'on a eu la précaution de couper et de ramasser en meules le chiendent; parfois on y fait des abris rudimentaires. Bâties dans la vallée, la maison de bois de l'éleveur et ses dépendances s'appellent ranch, d'un nom espagnol venu de Californie et usité par les Anglo-Américains dans toutes les régions montagneuses de l'Ouest. Parfois on cultive autour du ranch un peu de fourrage artiSciel, de légumes et racines, des céréales même. A l'automne on bat le grain dehors et on laisse la paille sur l'aire pour que les animaux s'en fassent litière et s'en nourrissent au besoin pendant l'hiver. Le printemps venu, on brûle ce qui en reste.
Jusqu'au bord septentrional de la zone découverte, sur les affluents du haut Fraser, on rencontre le vacher â cheval {cow boy) qui a remplacé le trappeur et le traitant d'autrefois dans tout l'immense pays d'élevage que se partagent États-Unis et Canada. Son grand chapeau de feutre clair â ruban de cuir, sa chemise de laine et son foulard lui composent un uniforme à peu près invariable ; mais l'habitude de sortir avec des armes, du moins apparentes, n'est pas tolérée au Canada comme aux États-Unis.
Chaque année, quand veaux et poulains sont nés, les propriétaires voisins ou leurs gardiens se donnent rendez-vous, montent à cheval, se déploient en cercle immense autour de la région de parcours et, rétrécissant progressivement le cercle, rabattent pêle-mêle tous les animaux dans un creux : c'est ce que l'on appelle round up : alors les jeunes qui ont suivi leur mère sont saisis, marqués au fer du même signe qu'elle et lâchés jusqu'à l'année suivante. Chaque propriétaire possède sa marque {brand), déposée aux bureaux du